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Le copilote de Flydubai visait le terminal de Ben-Gourion

Selon le procureur général émirati, l’Omanais de 29 ans s’inspirait du 11-Septembre et dit avoir agi seul, une version que l’enquête cherche à vérifier.

Sarah Benhamou Par Sarah Benhamou
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Le copilote de Flydubai visait le terminal de Ben-Gourion
Deux pilotes dans un cockpit ; le copilote de Flydubai visait le terminal de Ben-Gourion.

Le copilote du vol Flydubai dérouté le 30 septembre préparait une attaque suicide contre l’aéroport Ben-Gourion de Tel Aviv, a déclaré le 9 octobre le procureur général des Émirats arabes unis, Hamad Saif Al Shamsi.

En bref

  • Dans son communiqué, le magistrat décrit un plan précis.
  • Le procureur insiste sur ce point :
  • Le pilote a résumé son geste en une phrase : « J’essayais de sauver ma vie, mais je savais que je ne pouvais pas laisser toutes ces personnes mourir ».

Le terminal passagers comme cible, selon le parquet émirati

Dans son communiqué, le magistrat décrit un plan précis. Le copilote, un ressortissant omanais âgé de 29 ans, aurait voulu s’emparer de l’appareil pour le diriger vers l’aéroport où le vol devait justement se poser. Selon le procureur, l’homme avait entamé la mise en oeuvre d’un « projet terroriste prémédité » : prendre le contrôle de l’appareil pour s’en servir dans une attaque suicide visant le terminal passagers de l’aéroport Ben-Gourion, près de Tel Aviv, avec pour objectif de faire un maximum de victimes.

Le parquet ajoute que le suspect a pris pour modèle les attentats du 11 septembre 2001. Interrogé, il soutient n’avoir eu aucun complice. Le procureur ne tient pas cette déclaration pour acquise : les investigations continuent pour la vérifier, et le ministère public examine l’éventuelle implication d’autres personnes ou l’existence d’autres liens. De nouvelles conclusions doivent être rendues publiques plus tard, sans date annoncée. franceinfo rapporte que cette précision figure dans le même communiqué du magistrat.

De l’Australie au cockpit de Flydubai

Le procureur retrace un parcours étalé sur près de dix ans, durant lequel aucune alerte ne se serait déclenchée.

  1. Étudiant en Australie, le futur copilote commence, selon le parquet, à adhérer à l’idéologie takfirie, terme qui désigne généralement les jihadistes, en lisant des textes extrémistes et en consultant en ligne des contenus faisant l’apologie d’organisations terroristes et d’attaques suicides.
  2. Il travaille pour plusieurs compagnies aériennes, dans différents pays.
  3. Il est recruté par Flydubai.
  4. Il effectue deux vols vers Tel Aviv pour se familiariser, d’après le procureur, avec le plan de vol et l’aéroport.

À son embauche, il disposait d’une licence de pilote, avait fourni un certificat de bonne conduite et s’était soumis aux contrôles exigés. Le procureur insiste sur ce point :

« Aucune de ces procédures n’a révélé d’indices laissant supposer ses opinions extrémistes »

Hamad Saif Al Shamsi, procureur général des Émirats arabes unis

Des médias internationaux, qui l’ont identifié sous le nom de Hammam Hammami, ont pourtant affirmé qu’il avait été interdit de vol à Oman en raison de ses opinions. Cette information n’a pas été confirmée officiellement.

Une hache dans le cockpit du vol FZ1073

Le 30 septembre, le vol FZ1073 relie Dubaï à Tel Aviv avec à son bord une majorité de passagers israéliens. D’après les enquêteurs émiratis, le copilote s’empare de la hache de secours rangée dans le poste de pilotage, frappe le commandant de bord, l’Indien Smit Machchhar, puis cherche à prendre les commandes.

Blessé, le pilote parvient à déverrouiller la porte du cockpit. « Je subissais encore des coups, mais j’ai simplement ouvert la porte et tout le monde est entré », a-t-il raconté depuis son lit d’hôpital. Un second pilote, présent dans l’appareil pour assurer le vol retour, intervient alors avec un membre du personnel de cabine et plusieurs passagers. Ensemble, ils neutralisent l’agresseur, puis l’équipage du vol retour reprend la main et pose l’avion sans encombre à Tabuk, en Arabie saoudite, a détaillé le procureur.

Comme l’a relayé La Voix du Nord, des passagers israéliens ont témoigné après l’atterrissage avoir forcé l’entrée du cockpit alors que l’appareil venait de perdre brutalement quelque 17 000 pieds, soit plus de 5 000 mètres.

En Israël, la sécurité des compagnies étrangères à l’examen

Avant même les conclusions du parquet émirati, Benjamin Netanyahu avait estimé que l’assaillant avait « sans doute » échappé aux règles qui interdisent aux ressortissants de pays ne reconnaissant pas Israël de piloter des vols vers le pays. Le Premier ministre a ordonné un examen approfondi de la sécurité de l’aviation civile étrangère desservant Israël.

Il a aussi salué Smit Machchhar comme un héros et l’a invité en Israël comme hôte d’honneur. Le pilote a résumé son geste en une phrase : « J’essayais de sauver ma vie, mais je savais que je ne pouvais pas laisser toutes ces personnes mourir ».

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Amar Preciado. Licence Pexels.

Sarah Benhamou

La ville, les usages, les idées

Sarah Benhamou

Sarah Benhamou a grandi à Marseille et s'est installée à Tel Aviv il y a vingt ans, après des études de géographie. Elle suit pour Tel-Avivre l'actualité, l'environnement et la vie pratique en Israël, avec un œil sur ce qui concerne les francophones. Elle compare souvent la situation israélienne avec celle de la France. Elle roule à vélo le long du front de mer tôt le matin.