Après le 7 octobre, les opposants à Netanyahou se retrouvent face à un dilemme
Réalisé par Noam Pinchas et tourné sur plus de trois ans, ce film suit une dizaine de figures du mouvement et explore le dilemme entre sécurité et liberté.
En bref
- Le documentaire inédit de Noam Pinchas a été programmé sur Arte le mardi 20 octobre 2026 à 21 h 00.
- Il suit une dizaine de figures de la contestation israélienne, des manifestants aux organisateurs.
- Il couvre la mobilisation de 2023 contre la réforme judiciaire, puis les divisions nées après le 7 octobre 2023.
Peut-on défendre son pays en guerre tout en combattant le pouvoir qui le dirige ? Cette question traverse « Israël : comment sauver la démocratie », documentaire inédit de Noam Pinchas, programmé par Arte le mardi 20 octobre 2026 à 21 h 00, selon coulisses-tv.fr. Il ne s’agit donc pas d’un ouvrage, mais d’un film télévisé.
Le tournage a duré plus de trois ans. Le réalisateur partage le quotidien d’une dizaine de visages de la protestation en Israël, qu’il s’agisse de simples citoyens venus battre le pavé ou de ceux qui pilotent le mouvement. Leurs espoirs, leurs doutes et leurs divergences dessinent l’image d’une démocratie sous tension, et le film questionne la façon dont la situation d’urgence déplace la limite entre sécurité et liberté.
Selon Télérama, le film plonge au centre de la mobilisation qui a résisté, dès 2023, à l’affaiblissement de la démocratie, depuis l’enthousiasme initial jusqu’aux contradictions qui ont suivi le 7 Octobre. Noam Pinchas fait parler les porte-parole du mouvement et, grâce à des images d’archives télévisées, fait revivre l’effervescence d’un élan inédit.
2023, la rue contre la réforme de la justice
Dès le début de 2023, une large partie de la société civile israélienne descend dans la rue pour s’opposer au projet de réforme de la justice que défend le gouvernement de Benyamin Nétanyahou. D’après Télérama, cette coalition est dominée par la droite nationaliste et par les formations religieuses d’extrême droite, et ce projet pousse des milliers de manifestants à défiler.
Le magazine précise que le mouvement, porté par des citoyens venus de tous les milieux, voit dans cette réforme une atteinte au premier contrepoids de la démocratie. Les manifestants se demandent dès lors quel avenir attend la démocratie israélienne. Toujours selon Télérama, la première partie du film propose un rapprochement avec d’autres démocraties considérées comme fragilisées, de la Pologne aux États-Unis.
- La société civile se mobilise contre la réforme judiciaire du gouvernement.
- L’attaque du Hamas met un coup d’arrêt à la contestation.
- Une partie du mouvement reprend la rue, tandis que d’autres dénoncent un affaiblissement des institutions.
Le 7 octobre, un mouvement tiraillé
Le 7 octobre 2023, l’attaque du Hamas stoppe net la dynamique. Les opposants au pouvoir se voient écartelés entre leur contestation du gouvernement et l’injonction de protéger le pays contre les dangers venus de l’extérieur. Le film s’arrête sur ce dilemme, que Télérama classe parmi les « contradictions douloureuses » de l’après-7 Octobre.
Les camps se divisent ensuite :
- une partie des contestataires relancent le mouvement afin d’exiger des élections ainsi que la libération des otages ;
- les autres reprochent au gouvernement de se servir de la situation d’urgence pour fragiliser les institutions de la démocratie.
C’est dans cet écart que se joue la question posée par le titre : comment défendre les contre-pouvoirs quand le pays est en guerre ? Le documentaire la confie à ses personnages plutôt qu’à un commentaire extérieur, en laissant coexister leurs désaccords sur trois années de tournage.
Photo : Gülşah Aydoğan / Pexels
