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L’Arcom doit se prononcer sur CNews après l’étude de QuotaClimat

QuotaClimat et la Fondation Jean-Jaurès demandent une mise en demeure de CNews après une étude sur juillet 2025, que la chaîne conteste. L’Arcom doit décider de la suite.

Maya Sebag Par Maya Sebag
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L’Arcom doit se prononcer sur CNews après l’étude de QuotaClimat
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QuotaClimat et la Fondation Jean-Jaurès demandent à l’Arcom de mettre CNews en demeure, estimant que la chaîne traite l’environnement sans respecter le pluralisme ni l’honnêteté de l’information. Leur requête s’appuie sur une étude publiée le lundi 5 octobre 2026. CNews la conteste aussitôt. Il revient désormais au régulateur de l’audiovisuel de décider de la suite.

En bref

  • Leur requête s’appuie sur une étude publiée le lundi 5 octobre 2026.
  • Sur CNews, les journalistes ou chroniqueurs de la chaîne sont à l’origine de 67 % des cas repérés, et non les invités.
  • Célie Caraty, chargée de plaidoyer France chez QuotaClimat, espère que ce constat servira de « signal d’alerte » à quelques mois de la présidentielle.

Ce que l’étude a mesuré

Intitulé « Invisibiliser, polariser, désinformer », le travail est signé de Célie Caraty, Jean Sauvignon et Théodore Tallent. Il compare les quatre chaînes d’information continue : CNews, LCI, BFMTV et franceinfo. Pour l’année 2025, il s’intéresse à la place du sujet à l’antenne. Pour juillet 2025, il examine le contenu des séquences, sur un corpus que La Dépêche chiffre à 75 heures. D’autres médias, dont Sciences et Avenir, parlent de près de 70 heures, sans que les sources expliquent cette différence.

Les deux organisations présentent leur méthode comme inédite, car elle applique la mesure du pluralisme à une thématique précise plutôt qu’au seul temps de parole des responsables politiques.

Les chiffres de la comparaison

Rapportée à l’ensemble de l’antenne en 2025, la part de l’environnement s’élève à 2 % sur CNews, 2,8 % sur LCI, 4 % sur BFMTV et 4,9 % sur franceinfo. Selon La Dépêche, elle arrive dernière onze mois sur douze. Les cas de mésinformation, eux, ne concernent que juillet 2025 : les deux périodes ne doivent donc pas être lues ensemble.

Chaîne Part du temps d’antenne, 2025 Cas de mésinformation par heure, juillet 2025
CNews 2 % 3,4
LCI 2,8 % 0,8
BFMTV 4 % 0,1
franceinfo 4,9 % 0,3

Le mois étudié compte 98 cas de mésinformation climatique sur les quatre chaînes, dont 63 sur CNews, soit 64 % du total. Sur CNews, les journalistes ou chroniqueurs de la chaîne sont à l’origine de 67 % des cas repérés, et non les invités. Par ailleurs, 69 % des séquences que CNews consacre à l’environnement abordent une question prêtant à controverse, soit environ deux fois plus que sur LCI et franceinfo.

Loi Duplomb : un seul son de cloche relevé

La loi Duplomb, destinée à desserrer les règles sur certains insecticides, sert d’exemple. Durant le mois analysé, nulle voix n’a critiqué le texte sur CNews, alors que les trois autres chaînes ont diffusé des positions favorables, opposées et nuancées. Sur ce texte, les auteurs ont analysé 17 séquences sur CNews, contre 33 sur BFMTV : l’échantillon reste donc restreint, à garder en tête pour interpréter ce constat.

Théodore Tallent, qui codirige à la Fondation Jean-Jaurès l’Observatoire de l’urgence écologique et sociale, estime que CNews affaiblit tout à la fois la discussion démocratique et la possibilité d’agir ensemble.

La réponse de CNews

Dans un communiqué, la chaîne juge l’étude « fondée sur un périmètre limité et des choix méthodologiques discutables ». Elle soutient que garantir le pluralisme ne revient pas à partager mécaniquement le temps d’antenne ou les prises de parole, et affirme que l’environnement tient une grande place dans ses programmes. Elle met en avant son émission « À l’écoute de la planète », démarrée en janvier 2026, alors que l’étude porte sur juillet 2025 : l’émission n’entre donc pas dans la période mesurée.

Ce que peut décider l’Arcom

La demande s’appuie sur une décision du Conseil d’État du 13 février 2024, rendue à la requête de Reporters sans frontières : le pluralisme doit être jugé à l’échelle de tous les programmes. L’Arcom en a détaillé les critères en juillet 2024 : des sujets variés, des intervenants divers et des points de vue multiples.

  • En 2024, CNews a été la première chaîne d’information sanctionnée par l’Arcom pour des propos non contredits sur l’absence d’influence humaine sur le réchauffement, avec 20 000 euros d’amende, après un signalement de QuotaClimat.
  • En juin 2026, saisie par Reporters sans frontières, l’Arcom a demandé à la chaîne de mieux respecter la diversité des opinions sur la sécurité, l’Ukraine, l’immigration et l’islam.

Une mise en demeure somme un diffuseur de se conformer à ses obligations. L’Arcom reste libre de donner ou non suite à la demande. Célie Caraty, chargée de plaidoyer France chez QuotaClimat, espère que ce constat servira de « signal d’alerte » à quelques mois de la présidentielle.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Asterzenback. Licence : CC0.

Maya Sebag

La ville, les usages, les idées

Maya Sebag

Maya Sebag a enseigné la physique-chimie dans des lycées de Haïfa puis de Tel Aviv pendant quinze ans. Pour Tel-Avivre, elle écrit sur les sciences, la tech et la mobilité en Israël : recherche, jeunes entreprises, transports urbains. Elle indique d'où vient un chiffre et à quelle date il a été publié. Elle joue du oud dans un petit groupe amateur.