La lutte contre les PFAS et les résidus de pesticides dans l’eau ne se résume pas à traiter une pollution une fois qu’elle est détectée. Elle pose aussi une question de prévention, de suivi des rejets et de financement de la décontamination. En France, une nouvelle redevance visant certains rejets industriels de PFAS doit entrer en vigueur le 1er septembre 2026. Son principe est clair : faire contribuer les rejets concernés au financement de la dépollution de l’eau.
En bref
- Une redevance de 100 euros pour 100 grammes de PFAS rejetés dans l’eau doit s’appliquer à partir du 1er septembre 2026.
- Son assiette correspond à la masse de PFAS contenue dans l’eau rejetée durant une année civile.
- Le décret retient 28 substances PFAS, dont l’acide trifluoroacétique, ou TFA.
- Les filtres à charbon actif peuvent réduire certains PFAS et résidus de pesticides, avec une efficacité liée à la technologie et à l’entretien.
Cette évolution ne permet pas, à elle seule, de chiffrer le coût global de la décontamination ni de déterminer son éventuelle incidence sur la facture des particuliers. Elle place toutefois les rejets à la source au cœur du dispositif. Dans l’actualité environnementale, cette approche rappelle qu’une réponse durable dépend autant de la réduction des polluants que des solutions mobilisées après leur présence dans les réseaux et les milieux aquatiques.
Une redevance fondée sur la masse de PFAS rejetée
Selon le décret rapporté par Le Figaro, le tarif fixé est de 100 euros pour 100 grammes de PFAS rejetés dans l’eau. La mesure doit s’appliquer à compter du 1er septembre 2026 et les sommes collectées ont vocation à financer la dépollution de l’eau.
L’assiette de cette redevance ne repose pas sur une estimation générale de l’activité d’un site. Elle correspond à la masse de substances per et polyfluoroalkylées contenues dans l’eau rejetée par le redevable pendant une année civile. Ce point est déterminant : le mécanisme rattache la contribution à des rejets mesurés, ce qui fait de la surveillance un élément concret du dispositif.

Le décret s’appuie sur une liste de 28 substances PFAS, parmi lesquelles figure l’acide trifluoroacétique, plus souvent désigné par son sigle TFA. Les PFAS forment une vaste famille de substances, mais la redevance ne porte donc pas indistinctement sur l’ensemble de ses composés. Le périmètre retenu est celui fixé par le texte réglementaire.
La logique poursuivie est celle d’un financement lié à la pollution rejetée. Elle ne permet pas d’affirmer que la prévention réduira mécaniquement les dépenses futures de décontamination, faute de données sur les montants en jeu et sur les effets à long terme de la mesure. Elle établit néanmoins un signal financier associé à la présence de substances ciblées dans l’eau rejetée.
La prévention ne se limite pas au traitement domestique
La qualité de l’eau potable suscite aussi des interrogations chez les particuliers, notamment face aux résidus de pesticides et aux PFAS. Des solutions de filtration existent, mais elles ne constituent pas une réponse uniforme à tous les polluants. Les filtres à charbon actif peuvent réduire certains PFAS et certains résidus de pesticides présents dans l’eau du robinet, comme l’explique cette présentation des dispositifs de filtration domestique.
Carafes, filtres placés sur un robinet, fontaines filtrantes ou équipements installés à l’arrivée d’eau reposent sur des technologies différentes. Leur efficacité dépend notamment de la technologie retenue et de l’entretien du filtre. Un équipement n’est donc pas interchangeable avec un autre simplement parce qu’il est présenté comme un système de filtration.

Le charbon actif peut adsorber certains contaminants, mais tous les systèmes ne ciblent pas les mêmes substances. Certains composés persistants peuvent ne pas être retenus de manière identique selon les modèles. Les informations disponibles ne permettent pas de conclure à une élimination totale des PFAS ou des pesticides, ni de comparer les performances précises de chaque technologie.
Réduire les rejets, surveiller et traiter : des niveaux d’action complémentaires
La filtration à domicile intervient au point d’usage, tandis que la redevance sur les rejets industriels agit en amont, à l’échelle des émissions dans l’eau. Ces deux dimensions ne répondent pas au même besoin. La première concerne un usage local de l’eau potable. La seconde organise une contribution destinée à financer la dépollution de l’eau à partir de substances rejetées.
Cette distinction invite à éviter deux raccourcis. Un filtre domestique ne peut pas être présenté comme une réponse générale à la pollution de l’eau, car sa capacité dépend du matériel et de son entretien. À l’inverse, une redevance ne suffit pas à décrire à elle seule l’ensemble des moyens de prévention, de contrôle et de traitement nécessaires.
Le sujet renvoie ainsi à une chaîne de responsabilités : mesurer les substances concernées, limiter leur rejet lorsque cela est possible, suivre les dispositifs prévus et traiter les pollutions qui doivent l’être. La redevance prévue en septembre 2026 apporte un outil de financement ciblé. Pour le public comme pour les acteurs de l’eau, l’enjeu reste de distinguer les promesses générales des solutions dont le champ d’action est réellement documenté.
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