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Nouvelle étude choc : ces gisements de lithium en France et en Europe pourraient tout bouleverser dans la course aux ressources stratégiques

Sarah Benhamou Par Sarah Benhamou
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Nouvelle étude choc : ces gisements de lithium en France et en Europe pourraient tout bouleverser dans la course aux ressources stratégiques
Illustration de l'exploitation potentielle des gisements de lithium en Europe. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • L’Europe dépend à 100 % des importations de lithium raffiné, principalement de Chine, menaçant sa souveraineté industrielle.
  • Une étude révèle des gisements significatifs en Espagne, Portugal, Allemagne, France, Finlande et Serbie, mais l’exploitation fait face à des obstacles réglementaires et sociaux.
  • L’extraction géothermique du lithium est une piste innovante, mais les volumes restent insuffisants pour réduire la dépendance.
  • Renforcer les capacités d’extraction européennes, réduire la consommation de lithium et structurer des accords commerciaux stables sont essentiels pour l’avenir.

Le lithium, un élément indispensable pour les batteries des véhicules électriques, est devenu un enjeu stratégique majeur pour l’Europe. Alors que l’Union européenne vise à abandonner le moteur thermique d’ici 2035, la dépendance à l’égard des importations de lithium, principalement de Chine, soulève des préoccupations quant à la souveraineté industrielle et à la viabilité de la filière automobile. À ce jour, 100 % du lithium raffiné utilisé dans les batteries européennes est importé. Cette situation met en lumière l’urgence d’explorer et d’exploiter le potentiel inexploité du sous-sol européen.

Cartographie d’un potentiel encore inexploité

Une étude récente publiée dans Cell Reports Sustainability par André Månberger et Qifan Xia met en lumière les gisements de lithium potentiellement exploitables en Europe. Cette cartographie révèle des ressources significatives en Espagne, au Portugal, en Allemagne, en France, en Finlande et en Serbie. Les projections indiquent que l’Europe pourrait produire jusqu’à 325 000 tonnes de carbonate de lithium équivalent (LCE) par an d’ici 2030, ce qui couvrirait plus de la moitié des besoins projetés.

Cependant, l’exploitation de ces ressources est entravée par divers obstacles réglementaires, environnementaux et sociaux. Les oppositions citoyennes, les risques de pollution et les conflits d’usages du sol freinent la mise en production. Aucun site industriel européen d’envergure n’est actuellement opérationnel pour produire du lithium destiné aux batteries, sauf pour l’industrie de la céramique au Portugal. Pour surmonter ces défis, une approche équilibrée entre exploitation minière et acceptabilité sociale est essentielle.

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L’extraction géothermique : une piste complémentaire, mais limitée

En Allemagne, des initiatives innovantes explorent l’extraction du lithium à partir des eaux géothermales. Cette méthode, qui consiste à filtrer le lithium présent dans les eaux chaudes utilisées pour le chauffage urbain, offre une alternative plus discrète et moins impactante sur le paysage. Toutefois, les volumes mobilisables par cette technologie restent modestes par rapport aux besoins croissants du secteur automobile.

Pour réduire la dépendance, l’ouverture de mines conventionnelles est inévitable. Cela nécessite des décisions politiques courageuses, assorties de garanties environnementales et d’une stratégie industrielle à long terme. Cette approche doit être soutenue par un engagement clair envers le développement durable et l’innovation technologique.

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Une compétition mondiale sans marge de manœuvre

Le marché mondial du lithium est marqué par des arbitrages permanents et des dépendances croisées. Selon l’étude de Månberger et Xia, si l’Europe augmente fortement ses importations, elle entre en conflit d’intérêt direct avec d’autres puissances économiques comme les États-Unis et la Chine. Dans un scénario où l’UE importerait 700 kt LCE en 2030, les États-Unis et la Chine verraient leurs volumes actuels drastiquement réduits.

Ces tensions illustrent l’importance de stratégies nationales coordonnées et la nécessité d’une répartition équitable des ressources. La compétition féroce pour les ressources limitées de lithium exige une coopération internationale et une planification stratégique. Sans cela, la transition énergétique mondiale pourrait être compromise.

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Trois axes d’action pour ne pas perdre la main

Pour renforcer sa position, l’Europe doit actionner plusieurs leviers. Premièrement, développer les capacités d’extraction et de transformation en Europe en hiérarchisant les projets selon leur impact écologique, économique et social. Deuxièmement, réduire la consommation de lithium par batterie en adaptant les usages et en recherchant des chimies alternatives. Troisièmement, structurer des accords commerciaux stables avec les producteurs primaires tout en tenant compte de la concurrence stratégique.

La diversification des approvisionnements reste cruciale. Cependant, elle doit s’accompagner d’une gestion sobre de la demande et d’une amélioration continue de l’efficacité des matériaux. Le succès réside dans une approche coordonnée et durable qui intègre les dimensions sociales, économiques et environnementales.

Alors que l’Europe s’efforce de sécuriser son approvisionnement en lithium, la transition vers une économie verte dépendra de choix stratégiques et d’innovations technologiques. Comment l’UE peut-elle équilibrer ses ambitions industrielles avec ses engagements environnementaux pour garantir un avenir durable ?

Sarah Benhamou

La ville, les usages, les idées

Sarah Benhamou

Sarah Benhamou a grandi à Marseille et s'est installée à Tel Aviv il y a vingt ans, après des études de géographie. Elle suit pour Tel-Avivre l'actualité, l'environnement et la vie pratique en Israël, avec un œil sur ce qui concerne les francophones. Elle compare souvent la situation israélienne avec celle de la France. Elle roule à vélo le long du front de mer tôt le matin.