Le ministre de l’Education, Naftali Bennett, chef du parti Bait Hayehoudi (ndlr la Maison juive) et la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, numéro deux du parti, ont annoncé samedi soir lors d’une conférence de presse qu’ils le quittaient pour fonder un nouveau parti: Hayamin Ha’hadash (ndlr La nouvelle droite). La nouvelle a ébranlé la droite israélienne. Quelles sont les motivations de ce départ et pourquoi la création d’un nouveau parti?…

Photo by Yossi Zeliger/Flash90

Estimant l’influence du parti Bait Hayehoudi en baisse auprès du gouvernement Netanyahou, les deux ex-leaders, l’un sioniste religieux (Bennett) et l’autre sioniste « laïque » (Shaked), souhaitent ainsi redonner du poids à l’idéologie de droite qu’ils considèrent étouffée par le premier ministre. Pour Naftali Bennett, la population sioniste religieuse et le parti qui la représente actuellement est totalement acquise à Netanyahou qui la malmène au gré de ses envies et selon ses intérêts politiques du moment. Exemple: « S’il y avait eu un grand parti de droite sans compromissions en 2005, le tragique désengagement du Goush Katif (Bande de Gaza) n’aurait pas eu lieu. Par le passé, nous pouvions aussi empêcher des choses telles que la libération de terroristes ou la création d’un État palestinien  » a expliqué Naftali Bennett. Pour sa part Ayelet Shaked a précisé “qu’il n’était pas bon que la droite soit prisonnier d’un seul homme ».

Les deux ministres ont précisé que leur décision avait été prise après concertation avec le Rav Haim Druckman, chef de la Yeshiva  Or Etzion  ainsi qu’avec le Rav Eliezer Melamed. Le nouveau parti sera donc  dirigé à la fois par Ayelet Shaked, une femme non-religieuse et Naftali Bennett un homme sioniste-religieux. Peu après la declaration des deux ministres, la députée Shouli Moualem-Refaeli de Bayit Hayehoudi a annoncé qu’elle rejoignait la nouvelle formation. Les cinq députés restants du parti Bayit Hayehoudi à la Knesset, très affectés par ce bouleversement, se sont rendus dans la nuit de samedi à dimanche au domicile du Rav Haïm Druckman pour une réunion d’urgence. Le Rav Druckman a publié une déclaration vidéo à l’issue de l’entretien au cours de laquelle il a exhorté les électeurs à soutenir « la seule et unique » liste sioniste religieuse : «J’appelle le public religieux national à soutenir la seule et unique liste sioniste religieuse. La liste des sionistes religieux est vitale pour l’État d’Israël et il est essentiel que celui-ci ait une représentation très significative à la Knesset »  a-t-il expliqué.

Ce matin, trois candidats s’étaient déjà déclarés en lice pour reprendre la direction du parti Bayit Hayehoudi. Il s’agit  de Elie Ben-Dahan (vice-ministre de la Défense ) ainsi que du député Motti Yoguev et aussi de l’économiste Erez Tzadok.

Il est donc clair que Naftali Bennett et Ayelet Shaked, en créant ce nouveau parti Hayamin Ha’hadash, cherchent à récupérer les électeurs les plus à droite du Likoud, ceux qui ne sont pas toujours d’accord avec Netanyahou. En outre, la nouvelle droite envisage de rejoindre les forces de sa vieille faction de la « Maison juive » après les élections afin de renforcer le bloc d’extrême droite à la Knesset. Selon un rapport publié dimanche par le radiodiffuseur public Kan, les deux partis se présenteront séparément au scrutin du 9 avril  mais s’uniront ensuite comme un seul bloc pour les pourparlers de coalition avec le vainqueur attendu de la course, Netanyahou et son parti du Likoud.

Le premier ministre qui craint que des divisions croissantes au sein de la droite ne laissent certains partis à la porte de la prochaine Knesset, vient d’annoncer qu’il essaierait d’abaisser le seuil électoral. Cela pour faire également le jeu de Bennett car si sa manœuvre politique échoue, il pourrait se voir tout simplement exclu du parlement. En effet si Bait Hayehoudi qui a 8 sièges actuellement ne fait que se diviser en deux sur deux partis différents, Bennett risque de ne pas obtenir les 3,25% de seuil minimal nécessaire pour être représenté à la Knesset.

A la creation de l’Etat, le seuil minimum pour entrer à la Knesset était de 1%. Avant les élections de 1992,  la Knesset avait relevé le seuil électoral minimal à 1,5%. Puis le seuil a été relevé progressivement à 2% en 2003 puis à 3,25% avant les élections de 2015 afin de réduire le nombre de petites factions à la Knesset qui déstabilisent la coalition.

Tel-Avivre-

 

 

 

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3 COMMENTS

  1. Il est vrai que HaBait hayehudi est peu représenté à la Knesset, et c’est dommage car le travail de A Shaked est excellent mais peu considéré par le Likoud, en fin de parcours; le sud d’Israël a été mal défendu et a beaucoup perdu en tourisme: ce n’est pas juste
    Il faudrait renforcer plus la droite, mais surtout virer les députés arabes qui n’ont vraiment rien à y faire qu’à taper sur la direction du pays

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