Bonjour à toutes et à tous, Tel-avivre a le plaisir de vous annoncer que nous publierons désormais une nouvelle rubrique qui, j’en suis sûr, vous passionnera. Chaque jour sur Tel-avivre.com, vous retrouverez  Street-Connec-Sion, une rubrique qui vous emmènera à travers les rues de la ville pour vivre et revivre l’histoire de la première ville hébraïque des temps modernes.

Photo de Miriam Alster / Flash 90

 

Tel-Aviv est née en 1909 donc bien avant la création de l’Etat d’Israël en 1948. Ainsi Tel-Aviv témoigne du  retour des juifs vers Eretz Israël qui a débuté à la fin du dix-neuvième siècle avec les premières Alyiot. Chaque rue de Tel-Aviv fait vibrer l’histoire du sionisme. Chaque rue est un personnage qui a compté pour la création de l’Etat d’Israël. Ils sont des centaines à avoir oeuvré pour que nous puissions aujourd’hui et après 2000 ans vivre simplement chez nous, Hertlzl, Weisman, Dizengoff, Ben Yehouda, Sokolov…

Pour ne rien rater de l’actualité en Israël et recevoir nos articles au quotidien, cliquez ici

Qui étaient ces hommes, à quoi ressemblaient ces rues et que sont elles devenues ?

De la « petite » histoire de cette ville à la grande histoire d’Israël, Tel-Avivre revisitera  les boulevards, les avenues, les rues et les quartiers de la ville et vous découvrirez ceux qui ont donné leur nom à ces lieux que vous aimez tant fréquenter ou que vous allez bientôt visiter.

H.P. Benhamou – Street Connec Sion – tel-avivre.com

Bâtie sur les dunes, exclusivement par des mains de pionniers juifs, Tel-Aviv prend un rapide essor, grâce au dynamisme de ses constructeurs et parmi eux, tout spécialement Meir Dizengoff.

La rubrique démarre donc avec la rue Dizengoff qui est sans doute la rue la plus connue de Tel Aviv.

Rue principale du centre de la ville, elle désigne quasiment à elle seule ce qu’on appelle Lev Haïr, le cœur de la ville. Pour certains, Dizengoff, c’est tout simplement le cœur d’Israël.

Du coin de la rue Ibn Gabirol, à l’intérieur des terres, jusqu’à la zone portuaire de Tel Aviv, la rue Dizengoff incarne l’histoire de la ville et de son développement.

Elle est aujourd’hui célèbre pour son grand centre commercial, mais aussi pour sa place centrale, le Kikar Dizengoff, ou encore pour ses cafés, en particulier près du port, et enfin pour ses magasins de vêtements de marque, notamment ceux qui vendent des robes de mariées réputées dans tout le pays.

A son apogée, dans les années 70, la rue Dizengoff était décrite comme les Champs Elysées de Tel Aviv. Mais surtout, elle incarnait un art de vivre : jeune, branché, festif, toujours vivant, devenu avec le temps la carte de visite de la ville toute entière. C’est l’époque du film Dizengoff 99, un film culte israélien qui raconte les histoires délurées d’une bande de copains et copines d’une vingtaine d’années, célibataires, aguicheurs, culottés, le mode de vie de la rue et bientôt de la ville.

Dizengoff prend une telle importance dans l’imaginaire des Tel aviviens que se crée un mot en argot hébreu, un verbe plus exactement – Lehizdengef –, formé sur la racine de Dizengoff et qui signifie littéralement se promener dans Dizengoff et plus largement, vivre à la sauce Dizengoff.

En outre, la rue Dizengoff s’inscrit dans l’histoire de la ville par son nom, celui de Méïr Dizengoff, qui fut le premier maire de Tel Aviv, de 1921 à 1925 et de 1928 à sa mort en 1936. Né le 25 février 1861 à Akimovici en Bessarabie, il fut l’un des pionniers du mouvement des « Amants de Sion », fondé en Russie en 1881 par Léon Pinsker, et premier mouvement collectif populaire et d’envergure à mettre en œuvre l’idée du « retour vers Sion ». Installé dans le pays en 1892, Méïr Dizengoff créa la première usine d’Israël, spécialisée dans la fabrication de verre, à Tantoura, avec le soutien du baron de Rothschild. Il fut aussi l’un des fondateurs du quartier « Ahouzat-Baït », la société qui devint plus tard Tel Aviv.

Méïr Dizengoff fut surtout le chef de l’urbanisme de Tel Aviv de 1911 à 1922, avant de devenir le premier maire de ce qui fut alors reconnu comme une ville. Impliqué dans le développement de la ville blanche, il encouragea son expansion rapide et mit l’accent sur le divertissement. Si les guides touristiques décrivent d’abord Tel Aviv comme la ville où l’on s’amuse, c’est grâce à Méïr Dizengoff. En 1936, lors de la grande révolte arabe, lorsque les arabes fermèrent le port de Jaffa aux Juifs, Dizengoff posa la première pierre et le premier pilier du port de Tel Aviv, aujourd’hui lui aussi lieu de divertissement.

Et déjà, en 1930, après la mort de sa femme, il fit don de sa maison à la ville, pour en faire un musée. Entièrement rénovée elle devint le Tel Aviv Museum of Art en 1932.

C’est alors l’époque de l’immigration allemande et du Bauhaus, thème architectural qui caractérise Tel Aviv et dont le centre se trouve aujourd’hui au 99 rue Dizengoff, comme le nom du film. Dans les années 30, la rue se développe et voit se construire en son centre, une place publique, le kikar Dizengoff, qui porte non pas le nom de Méïr Dizengoff, mais en fait celui de sa femme, Zina Dizengoff. La place est surnommée à l’époque « l’étoile de Tel Aviv » en raison de sa forme, au croisement de six rues qui s’y rejoignent. Depuis ses débuts, elle constitue une place centrale de divertissement et de rencontres.
Mais c’est en 1978, sous le mandat de Shlomo Lahat que le Kikar prit son allure surélevée. Les piétons devaient depuis monter pour accéder à la place tandis que les voitures passent en dessous. Malgré les protestations des résidents, la ville justifia ce changement par la nécessité de résoudre les problèmes de circulation.  Mais surtout, c’est en 1986 que fut enfin achevée la fontaine Dizengoff, érigée au milieu de la place et qui symbolise si bien la rue toute entière. Une première fontaine avait pris place en 1983 (sa construction avait débuté dès 1972 mais fut retardée) avant d’être remplacée par l’œuvre d’art de Yaacov Agam, une fontaine désormais historique. Pour son créateur elle incarne l’art juif, un art en mouvement, cinétique, qui ne reste jamais immobile. Elle décrit d’autant plus cette idée depuis sa rénovation de 2012.

La mairie peut en être fière, aujourd’hui les passants s’arrêtent pour admirer la fontaine Dizengoff, car elle fait jaillir de grands jets d’eau comme dans un spectacle et chaque heure, se met à s’agiter au rythme d’une musique classique.

Apres de nombreuses polémiques sur sa rénovation,  parking ou espace vert. La mairie a tranch2 en faveur d’un espace vert. Les immeubles Bahaus qui entourent la places ont été rénovés et ont retrouvés leur splendeur d’antan. La place, désormais au niveau de la rue, avec sa fontaine trônant toujours en son centre et entourée de verdure sera bientôt achevée.

Dizingoff reste la rue commerçante de reference à Tel Aviv, entre son fameux centre commerciale, ses boutiques de modes qui accueillent, notamment autour de la fontaine,  de nouveaux createurs en vogue comme le  marque Brenda, ses bars, ses hôtels boutiques… Bref, Dizingoff est toujours un incontournable de Tel Aviv

 

Misha Uzan – Street-Connec-Sion – tel-avivre.com

Print Friendly, PDF & Email