Il y a deux semaines, Brian Krzanich, président d’Intel utilise toute la trésorerie de sa société, le quart de son chiffre d’affaires annuel, pour acheter comptant Mobileye. Montant de l’achat : 15,3 Md$. C’est la transaction de tous les superlatifs, de toutes les statistiques extraordinaires…

0000intelMobileye a été créée en 1999 par Amnon Shashua et Zvi Aviram. Installée à Jérusalem, cette société est spécialisée dans la vision artificielle, les capteurs et logiciels pour développer des systèmes d’aide à la conduite des voitures, Advance Driving Assist System (ADAS). Avec 600 personnes, elle compte des spécialistes israéliens en algorithmes, très certainement les meilleurs d’Israël, voire au Monde.

Un des grands succès de Mobileye est son accord avec BMW, et 40 voitures seront testées en 2017. Plus d’une vingtaine de constructeurs automobiles ont été séduits par les logiciels de Mobileye. Un considérable marché estimé à 70 Md$ en 2030. Le chiffre d’affaires de plus de 350 M$ en 2016 a progressé de 50 % en un an, et s’est accompagné d’une marge opérationnelle de 34 %. Introduite en Bourse en juillet 2014, Intel accepte de surpayer de près de 30 % pour acquérir Mobileye. Peu après l’annonce, la Bourse salue l’accord avec un cours en hausse du même pourcentage. Une création de valeur de 15,3 Md$ en 18 ans.

Tout a été dit, écrit sur les raisons d’Intel. Après s’être développée avec la puce électronique des micro-ordinateurs, raté le virage du téléphone mobile, Intel est à la recherche d’une nouvelle relance en essayant de se transformer en une entreprise de données, a data company.

Alors que l’accord Waze/Google exclut toute délocalisation des équipes, la transaction Intel/Mobileye prévoit plus que le maintien à Jérusalem des personnels de Mobileye. La division automobile du groupe de Santa Clara devrait rejoindre Israël et les 10 000 personnes qu’Intel a déjà depuis 1970. 3 000 créations d’emplois sont attendues dans les années à venir.

Que représente cette transaction pour Israël ?

Après le rachat de Waze par Google pour 1,1 Md$, ce deal conforte l’image d’Israël comme la « nation start up ».  Avec ses 100 sociétés cotées au NASDAQ américain, Israël est le 3ème pays après les Etats-Unis et la Chine. Mais, Israël est le premier pays par le nombre de start up. Cela devrait conduire à un intérêt renouvelé des grandes multinationales pour les jeunes pousses israéliennes, et à l’annonce de nouveaux achats de pépinières israéliennes.

De nombreux indicateurs attestent du poids de la recherche et développement en Israël : Les recherches israéliennes sont significatives dans plusieurs domaines : agriculture, électronique, génétique, informatique, médecine, optique, ou physique. Au cours des 15 dernières années, le prix Nobel a été décerné à 4 israéliens. Israël est au premier rang tant par les publications scientifiques ou brevets par habitant. Depuis quelques années, Israël consacre près de 5 % de son PIB à la recherche et au développement. A la grande différence de tous les autres pays, elle est financée par les entreprises privées et non par l’Etat.

Les caractéristiques de cette transaction sont impressionnantes pour le pays : un peu moins de 5 % du PIB 2017 estimé à près de 330 Md$, 15 % des réserves de la Banque centrale…

Un effet collatéral mérite d’être relevé. La transaction devrait rapporter au Trésor israélien 1 Md$. A peine ce montant connu, le gouvernement décidait d’utiliser l’équivalent, soit 3,4 MdNIS, pour diminuer les impôts des classes modestes et personnes défavorisées.

Et pourtant, certaines critiques, même discrètes ont été développées : Une nouvelle fois, est mise en évidence la faiblesse du capitalisme israélien qui ne parait pas en mesure du défi lancé par le foisonnement des start up à la recherche de capitaux. Certains considèrent que la vente serait intervenue trop tôt. En attendant, les vendeurs auraient obtenu bien plus. Enfin, certains considèrent que les vendeurs auraient dû procéder à des enchères pour avoir une surenchère entre Google, Nvidia, Qualcomm, STMicroelectronics, et Intel.

Au-delà de ces remarques, cette transaction démontre les énormes perspectives ouvertes par ces recherches, et les révolutions que le Monde va connaître.

par Dov Zerah – 

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2 COMMENTS

  1. La seule gêne, malgré la fierté de faire partie de ce peuple, est le désert social en Israël. Je ne critique pas la politique libérale du gouvernement, j’aimerais que plus soit distribué aux nécessiteux du pays que que soit leurs religions.
    A part cela, j’estime que la conduite économique est réaliste et il y aura toujours des critiques acerbes, et des compliments.
    Bonnes fêtes de Pâques à tous.

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