En matière de cyber-renseignement, Israël a une longueur d’avance sur la plupart des pays occidentaux. L’Etat hébreux est ainsi capable de lutter contre les différents groupes terroristes menaçant sa sécurité grâce à une exploration minutieuse du Web, et notamment sur les réseaux sociaux.

reseaux.

Israël semble être aujourd’hui devenu le champion mondial de la cyberdéfense. A force d’être attaqué régulièrement, et ce même par des adversaires non-palestiniens ou musulmans, l’Etat hébreu a développé l’un des systèmes de défense les plus compétents en la matière, en se focalisant tout particulièrement sur l’utilisation des réseaux sociaux. En quoi consiste cette nouvelle stratégie ? Comment est-elle mise en oeuvre concrètement ?

Eric Dénécé : Les Israéliens sont effectivement les plus en pointe, ils comptent effectivement plus de 7 500 opérateurs dans leur unité qui s’appelle l’unité 8 200 – l’équivalent de la NSA pour les Israéliens.

Cette unité appartient à Aman, l’agence de renseignement militaire, et regroupe 80% de ses effectifs.

Là où les Israéliens sont bons, c’est que si, comme beaucoup de gens, ils font de la cyber-sécurité et de la cyberdéfense, ils ont en revanche développé depuis quelques années un domaine dans lequel ils sont probablement les meilleurs au monde : le cyber-renseignement. Il s’agit, plutôt que d’être victime d’attaques, de prendre les devants et d’anticiper. Ils partent alors chercher des renseignements directement sur les réseaux sociaux et toute la cybersphère, sur le Web invisible et dans le Dark Net. Là, ils repèrent les gens qui parlent, d’où ils parlent,ils les suivent, les identifient et les infiltrent ; ils espionnent les lieux où se préparent des choses, par exemple les forums de spécialistes de technologie, de l’Islam ou du terrorisme. Il s’agit pour ces équipes de s’intégrer dans les groupes ennemis pour pouvoir être au courant de tout le jour J, et d’anticiper ou d’empêcher une attaque parce qu’un de leurs agents aura réussi à se faire passer pour l’un d’entre eux. Ces techniques sont la grande spécialité des Israéliens.

A ma connaissance, si nous devions comparer, nous sommes en retard en matière de cyber-renseignement en France. Les Anglais et les Américains, eux, ne sont pas trop mal lotis.

Aujourd’hui, Israël arriverait même à prévoir les attentats terroristes en surveillant les réseaux sociaux : comment opèrent-ils exactement ?

La stratégie principale est la mise en place d’une cartographie des réseaux. Il s’agit d’abord de parvenir à la connaissance la plus exhaustive possible du Web visible et invisible, des réseaux d’activistes, de leurs lieux de rencontre et d’échange, de leur mode de communication et de découvrir ceux qu’ils ne connaissent pas ; car les terroristes, les islamistes et les criminels se réunissent de plus en plus non pas sur des réseaux classiques comme Facebook et Twitter mais disposent de réseaux sociaux plus discrets sur le Dark Net. L’identification de ces réseaux cachés demande énormément de recherches mais cela permet, à partir de cette cartographie extrêmement concrète et actualisée en permanence, de pénétrer les réseaux adverses en les comprenant.

L’infiltration se fait en créant de nombreux avatars. On crée de fausses identités solides, aussi élaborées que celle d’un agent infiltré physiquement. Les terroristes sont tellement bons en technique qu’ils sont tout à fait capables de déceler les couvertures trop légères. Cette capacité d’infiltration des cercles est complexe et demande du temps. Le but est d’apparaître comme un acteur en qui on a confiance. Les Israéliens mettent l’accent sur les groupes hostiles (Iraniens, Hezbollah, Palestiniens, antisémites, etc.) et s’attachent à les infiltrer pour en faire partie de manière à anticiper leurs actions. En cas de non-infiltration, ils suivent l’intensité du trafic pour déceler des pics d’activité, ou identifient les migrations de groupe. Cela permet aussi de reconstituer des connexions entre groupes.

Ensuite, l’information peut-être transmise à un autre service qui va mener une action de terrain. La coordination du renseignement agit nettement plus vite que chez nous. Pour commencer parce qu’au sein d’Aman, ils disposent d’une unité militaire qui fait de l’infiltration clandestine et de la manipulation de sources (cette unité s’appelait il y a quelques temps l’unité 504). Mais la majeure partie des opérations est assurée par le Shin Beth (sécurité intérieure), voir par le Mossad (renseignement et sécurité extérieure), selon les cas de figure. A partir du moment où des cyberterroristes ont été localisés, ce sont les agents du Shin Beth ou du Mossad qui sont déployés et qui vont procéder à leur arrestation ou leur neutralisation .

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3 COMMENTS

  1. La situation d’Israël, est hélas, particulière, et c’est dans cette logique, que cet état, prend place, contre des salops, qu’ils veuillent nuire à sa population. N’oublions pas qu’Israël, est en conflit armé, contre certains de ses voisins, et ceci depuis, bien avant 1948….!

  2. Un autre probleme ,les attentats au quotidien ,la solution existe et peu couteuse en hommes et en vies ,mais les cablanimes et autres employeurs s y opposent !

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