Holon, le 11 avril

Ma chère petite soeur,

Tu vois, nous avons fait de l’histoire avec ta nièce cette semaine.

obpicR5dW4T.

Le programme d’histoire des lycées français au bac est une vraie merveille. Il englobe grosso modo les grands bouleversements du 20ème siècle, en présupposant chez les élèves une exacte connaissance du déroulement des événements marquants des siècles précédents, ce qui permet d’attendre de gens maîtrisant si parfaitement les tenants et aboutissants de l’état du monde une finesse d’analyse digne de futurs jeunes électeurs. Le tout bien évidemment en restant suffisamment neutre pour ne heurter la sensibilité politique d’aucun correcteur.

On y croit, on y croit.

Le fait d’étudier dans un lycée international a au moins un avantage, c’est que tu réalises vite que l’Histoire avec un grand H (c’est horrible, au féminin ça marche aussi) c’est aussi (et surtout ?) une histoire avec un h minuscule et que chaque pays l’assaisonne à sa sauce au point que les faits parfois ne se recoupent plus du tout selon qu’ils sont relatés par des Anglais ou par des Suisses. La France qui se raconte sa deuxième guerre mondiale fait doucement rigoler par exemple les élèves russes qui ne comprennent même pas de quoi on parle.

Charles comment ??

C’est tout à la fois passionnant et passionnant.

Bon. La position américaine, de la deuxième guerre mondiale à la guerre froide. Comment on en est arrivé à un monde bipolaire. Non mais j’te jure. Bipolaire : trouble mental de l’humeur anciennement dénommé psychose maniaco-dépressive. Quoi ?

Maman arrête, ça n’a rien à voir.

Pardon pardon, on reprend.

Les États-Unis, donc.

On a pu leur reprocher d’avoir beaucoup attendu pour intervenir en 45, ah ben non, 44 et d’avoir menti en disant qu’ils ne savaient pas.

C’est vrai.

Mais dans notre famille, on ne s’embarrasse pas de ces tergiversations. Les Américains, on les aime. Ils sont arrivés à Marseille et ils ont inondé les enfants de chewing-gum et de chocolat avant de les faire danser sur le port. Je le sais parce que Mireille m’a raconté avec les yeux qui frisent. Elle y était.

Ces grands marines magnifiques qui avaient les yeux aussi bleus que les siens ont rendu le sourire à la petite fille habillée de noir qui près d’eux a pu oublier le temps d’un rock endiablé tous ceux qu’elle aimait et qui ne reviendraient pas.

Pour ça, reconnaissance éternelle.

Soit.

Mais.

Je sais aussi que les Américains, en connaisseurs, ont été charmés par le zèle et l’efficacité redoutable des dirigeants nazis.

Ils ont été émus par leur engagement indéfectible.

Et ils n’ont pas hésité à récupérer à leur compte autant que faire se pouvait toute cette belle énergie qu’il aurait été dommage de gâcher.

Tu parles qu’avec la guerre froide qui commençait dans la chaleur de la pampa, tous ces fascistes patentés étaient une vraie manne stratégique.

On découvre là le b-a ba de la diplomatie à la petite semaine, le secret des alliances qui régissent notre monde. « Les amis de mes amis sont mes amis ». Ça, c’est l’adage de base. C’est stupide, mais c’est comme ça. Et les corollaires, plus crétins les uns que les autres, les ennemis de mes amis sont mes ennemis, les amis de mes ennemis aussi, jusqu’au summum de l’absurde : « Les ennemis de mes ennemis sont mes amis ». C’est beau comme une phrase d’extrême droite, ça paraît presque intelligent alors qu’en réalité cela ne veut strictement rien dire.

C’est l’application de cette stupidité sans nom qui a conduit les Américains après 45 à opposer aux communistes d’Amérique du sud leurs pires ennemis, à savoir, les nazis ultra-efficaces de l’Allemagne en déroute. D’où la filière des rats qui a permis à tant de criminels allemands de couler des jours heureux au soleil de Buenos Aires ou de Bogotta.

Assez bizarrement, je n’ai pas trouvé trace de ce détail (quoi, moi aussi, je sais le faire) dans le livre d’histoire des terminales. C’est intéressant, pourtant, la filière des rats.

Déjà, ça explique que tous ces criminels nazis se soient retrouvés en Amérique du Sud.

Mais de quoi tu parles ?

Si tu veux combattre le communisme qui est ton ennemi, ton meilleur allié ne peut être qu’un ennemi du communisme. Et qui est le plus grand ennemi du communisme ? Gagné. Le fasciste. Ou mieux encore. Le nazi. Mieux encore. Le nazi en fuite et prêt à l’emploi.

Pour les Américains, ce formidable réservoir de tortionnaires enthousiastes était du pain béni. Les nazis étaient grillés en Europe mais en Amérique du Sud, ils semblaient réutilisables. Alors dame, on les a réutilisés.

Eichmann a bénéficié de cette aberration et Barbie aussi. Et ils n’ont pas été les seuls.

Barbie l’indécrottable spécialiste qui, à la solde des Américains, a probablement supervisé la torture du Che.

Mais de quoi tu parles ?

Nous sommes allées chercher sur internet Wernher von Braun, ingénieur de génie auquel l’Allemagne doit ses redoutables missiles V2. Après la guerre, avec celui-là, les Américains n’ont même pas fait semblant. Ils l’ont naturalisé et lui ont confié leur programme spatial. Le père de la fusée Appollo, c’est lui. Sur Wikipédia, il pose avec Walt Disney. C’est démoralisant.

Surtout ça permet de comprendre qu’Obama n’est ni le traître fourbe, ni le renégat incompétent que les européens vilipendent aujourd’hui sous le manteau.

Il n’est ni plus ni moins qu’un président des États-Unis appliquant à la lettre le piètre adage qui mène le monde depuis le début des temps, et son stupidissime corollaire.

Il a décidé de combattre l’état islamique et le plus grand ennemi (affiché) de l’état islamique est l’Iran. L’ennemi de mon ennemi est mon ami. Tout est dit… Rohani, dans mes bras.

Tu comprends maintenant pourquoi je ne suis pas prof d’histoire ?

J’arrête.

Prends soin de toi chérie.

par Victoria – Un Cerf-Volant-Sans-Fil – Tel-Avivre –

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1 COMMENT

  1. Cessez d’écrire à votre sœur surtout que vous l’induisez en erreur .
    Hussein Obama,musulman,élevé au Kenya par son oncle grand maître chez les Frères Musulmans ,dont la haine pour Israël n’a d’égale que son amour des palestiniens , des sunnites ,des chiites ,de l’état islamique qu’il fait semblan de combattre et de façon générale de tous ceux qui se revendiquent du Coran ,est le pire ennemi de l’état d’Israel . Il ne vise que l’instauration d’un califat mondial et la disparition des valeurs de l’occident ..Il n’a que faire des intérêts des USA.

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