Deux femmes vous attendent le 9 février. En réalité, ce sont plus d’une dizaine qui seront sur les planches du théâtre de Jaffa. Elisabeth Kedem, actrice francophone de théâtre et de cinéma incarnera en effet sous nos yeux les souffrances, les interrogations, les joies de Hannah, Myriam, Rebecca, Rachel, Sarah, Salomé, Esther ou Eléna. Des femmes nées entre 1909 et 1942 ayant vécu la montée du nazisme et assistant impuissante à l’écroulement d’une civilisation.
Dans le rôle de la référence temporelle, Nadia Ruck, qui égrène d’une voix douce et forte à la fois les grands tempos de ces femmes magnifiques de vie et de tendresse.
Face à Elisabeth Kedem qui se livre dans une magnifique impudeur émotionnelle et à Nadia Ruck incarnant avec la sobriété nécessaire l’Histoire de l’insoutenable, la mise en scène riche et dépouillée à la fois de Cécile Bens qui nous entraîne sans un seul moment d’ennui dans la vie quotidienne de ces femmes, seulement coupables d’être nées juives.

Une expérience théâtrale impressionnante, qui laisse sans voix à la fin de la pièce. Les tripes se tordent, le souffle manque parfois devant l’interprétation au couteau du texte adapté du livre d’Élie Pressmann écrit à son retour d’un voyage à Auschwitz.
Là-bas son regard a rencontré, dans l’une des vitrines, une chaussure de femme, rouge et noire, finement travaillée, témoignant, comme tant d’autres reliques, de vies fauchées à la fleur de l’âge. À qui pouvait-elle appartenir ? Comment était la femme qui l’a ôtée à la porte de l’enfer ? À quoi pouvait-elle rêver, à quel futur ? Autant de questions auxquelles l’écrivain a proposé de répondre en imaginant onze destins de femmes, qui auraient pu porter cette chaussure.

Le 9 février, à Tel-Aviv elles seront toutes sur scène heureuses qu’on ne les oublie pas.

par Caroll Azoulay pour -Tel-Avivre –

L’Inconnue en rouge et noir, le 9 février au Théâtre de Jaffa.

 

 

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