A la veille de Pessah, à l’heure où bon nombre de nos compatriotes vont malheureusement manquer du minimum pour ces fêtes, la rédaction de Tel-Avivre a voulu vous rappeler que si la santé économique d’Israël est vigoureuse, en revanche, les disparités entre les uns et les autres n’ont jamais été aussi grandes. Certes, Israël est en plein développement mais il y a un revers à la médaille,  40% des denrées alimentaires produites sont détruites avant même d’arriver dans vos assiettes….Sur 8 millions d’habitants, plus d’un million et demi d’israéliens n’ont pas accès à une alimentation convenable, la moitié d’entre eux sont des enfants.

Heureusement des associations travaillent pour réduire ces inégalités et aider les plus démunis, l’association  Leket Israël collecte 260 tonnes de denrées alimentaires chaque semaine et le redistribue à ceux qui en ont besoin via 190 associations israéliennes d’aide alimentaire…..

Alors que faire…

Aider Leket pour aider les plus démunis

Nous avons choisi de vous raconter deux histoires pour mieux comprendre.

 

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V.,  38 ans, divorcée et mère de 6 enfants vit dans le centre d’Israël : « Mon rêve, un réfrigérateur plein pour mes enfants…. »

V.  raconte que déjà chez ses parents, elle se souvient avoir eu « faim ». Elle a réussi  à finir avec peine ses études au lycée. Lorsqu’elle rencontra le mari dont elle a divorcé il y a 5 mois, elle pensait qu’une nouvelle page s’ouvrait pour elle…

Malheureusement, son mari s’est rapidement endetté. Pendant des années, V. a souffert en silence, seule à prendre soin des enfants. Avec le sentiment de devoir coûte que coûte soutenir sa famille, elle est restée avec son mari jusqu’ à ce qu’elle n’en puisse plus. Il y a 5 mois, le couple a finalement divorcé. Durant toutes ces années, son emploi du temps de mère de 6 enfants sans soutien de son mari ne lui a pas permis d’obtenir  un travail fixe. Elle faisait des ménages dés qu’elle le pouvait.

« J’ai mis du temps à quitter mon mari » dit-elle. « Même quand j’ai compris que le problème ne venait pas de moi, j’avais peur de ne pas pouvoir nourrir mes enfants seule. C’était déjà très difficile, mais j’avais peur que ce soit pire. Aujourd’hui c’est chaque jour « une survie »: je n’ai pas beaucoup d’espoir que les choses changent, j’ai l’impression que chaque jour est plus difficile. Quand j’ai rencontré mon mari à 18 ans, je voulais fuir…mais je ne savais pas que je me retrouverais dans cette situation: à chaque fois que je prends de la nourriture dans le frigo, je sais que c’est en moins pour le lendemain. Les enfants ont honte de manger à la « soupe populaire ».

Quand il y a des promotions, j’achète des tranches de fromage et je les congèle. J’achète autant que possible des conserves et du riz. Depuis Pessah de l’année dernière, nous n’avons pas mangé de viande. Chaque jeudi, quand je reçois le carton de fruits et légumes de Leket Israël, c’est un grand soulagement. Je suis si heureuse que mes enfants puissent manger des carottes, de la pastèque et du melon. Il y a trois semaines j’ai même reçu des pommes de terre…

Mon rêve c’est que mes enfants arrêtent de me dire qu’ils ont faim et qu’ils en ont marre que les placards soient vides. Je rêve du jour où ils ouvriront un réfrigérateur plein ».
Comme V., 1 800 000 personnes en Israël vivent sous le seul de pauvreté et mènent un combat chaque jour pour se nourrir correctement. Pour ces personnes Leket Israël est bien souvent la seule roue de secours.

Alors que faire…

Aider Leket pour aider les plus démunis

Loupo et Betty de Haifa, deux rescapés de la Shoah vivent dans une grande précarité…

ניצולי שואה

 

Loupo et Betty sont tous deux nés en Roumanie et étaient seulement âgés de 10 ans lorsque la seconde guerre mondiale a éclaté. « Je me souviens de beaucoup de choses de cette période » raconte Betty: « Papa a creusé un trou très profond, nous nous y sommes cachés jour et nuit avec mes frères et ma mère. Dans le village où nous vivions, la moitié des habitants étaient juifs et l’autre moitié étaient chrétiens. Certains d’entre eux savaient que nous étions juifs et nous ont aidé à plusieurs reprises ».

Betty a étudié dans une école roumaine d’où elle fut expulsée lorsque la guerre a éclaté. « Je n’ai pas eu le choix, j’ai appris seule à coudre et j’ai commence à faire des petits travaux pour quelques personnes du village ». Loupo se souvient aussi comment les Allemands ont confisqué son cheval et sa charrue à son père, alors qu’il s’agissait de son seul gagne pain. Il se souvient aussi de la violence avec laquelle ils l’ont frappé, ainsi que ses frères et l’ont envoyé en camp de travail.

C’est seulement en 1964 que Betty et Loupo parviennent à monter en Israël après avoir enfin réussi à obtenir tous les permis en vigueur. Ils se sont d’abord installés à Migdal Aemek et ont ensuite déménagé à Haifa. Loupo a fait des « petits boulots » avant de trouver une place d’ouvrier dans une usine d’huile avec un salaire très bas.

« Nous n’avons pas d’enfant, nous avions peur de ne pas être en mesure de pouvoir les élever à cause de notre situation financière. Toutes ces années, nous nous sommes à peine débrouillés avec ce que nous avions ; aujourd’hui tout est plus cher et c’est encore plus difficile pour nous. Nous essayons toujours de nous satisfaire de ce que nous avons, le problème c’est que nous devons faire avec très peu…Il faut acheter des médicaments et parfois appeler un médecin la nuit. Nous ne pouvons pas nous le permettre alors nous y renonçons le plus souvent. Nous n’aimons pas demander d’aide, nous nous sommes toujours débrouillés avec ce que nous avions ».

Le vendredi Betty cuisine un peu de nourriture pour deux jours et le reste de la semaine, Betty et Loupo se contentent de manger des repas « légers »: des champignons avec un peu de ketchup, des gaufrettes, quelques fruits et légumes que la nièce de Loupo apporte parfois le shabbat.

Durant toutes ces années, Loupo et Betty ont fait du bénévolat chaque semaine pour l’armée israélienne. Ils n’ont jamais reçu aucune aide de l’état, seulement quelques centaines de shekels de la part d’associations pour les rescapés de la Shoah. Aujourd’hui, ils reçoivent une maigre allocation de la caisse d’assurance maladie israélienne. Chaque mois, Leket Israël, la banque nationale alimentaire israélienne leur fournit des bons d’achat valables dans les supermarchés dans le cadre d’un projet de soutien au rescapés de la Shoah.

Alors que faire…

Aider Leket pour aider les plus démunis

La rédaction de Tel-Avivre-

 

 

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