Une recherche récente (2012), a abouti à une définition identitaire du pays, radicalement inverse de l’image de lui, communément reçue. Avant d’en venir, dans un prochain article, à la description de cette étude et surtout, à l’exposé de son résultat, un préalable sémantique quasi indispensable.

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La notion ‘’identité’’ est en effet devenue, assez récemment, une tarte à la crème si succulente qu’elle est étalée, un peu partout dans le monde, à tous les étages de la société. Depuis l’identité-carte décrivant un individu, elle s’est élargie à sa personnalité, s’est hissée au plan de l’économie par le biais de l’identité d’entreprise, pour se pavaner maintenant au niveau des nations et même des entités plurinationales.
L’explication la plus plausible de cette starification irrésistible, tient sans doute au phénomène d’accélération fantastique du changement dans le monde moderne. Tout change, donc tout s’interroge.

Cette mutation généralisée impose cependant de prendre en compte dans une réflexion identitaire sur une nation, trois types d’écueils.
Le phénomène d’hyper médiatisation, lui aussi généralisé, impose irrésistiblement, une hyper simplification. Appliquée à ‘’l’identité’’, cette tendance peut devenir très dangereuse. On s’en aperçoit particulièrement dans les dérives et/ou les raccourcis du débat sur l’identité des pays. Car on prend pour idée simple, un concept totalement complexe. L’identité doit en effet intégrer deux dimensions apparemment contradictoires, la permanence (l’adn, l’acquit) et le changement ( le vivant, la volonté, le devoir).
Le phénomène de sur-médiatisation de la classe politique. Sa vie propre, par définition événementielle, toute en débats, drames, suspenses, ombre et soleil, nourrit constamment les médias, braque sur elle tous les feux de la rampe. Or, un décalage abyssal s’est creusé entre l’univers politique et la réalité concrète d’un univers national. La vie réelle d’un pays, économique, sociale, intellectuelle, son rythme, sa créativité, sont de moins en moins dépendant du monde autocentré, formel, lent, de la politique.
Le phénomène d’inflation des réponses de toutes sortes, de philosophes, d’économistes, d’historiens d’anthropologues, d’analystes, de communicants….. Le questionnement ‘’connais-toi toi-même’’ jaillit de la nuit des temps dans la confrontation des pays du monde au monde qui change. A questionnement difficile, réponses très diverses donc. Réponses de grande qualité souvent, mais réponses qui s’ignorent les unes aux autres et construisent finalement un patchwork identitaire.

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L’étude de l’identité d’Israël s’est attachée à contourner ces écueils de deux façons.
Par une approche du concept ‘’d’identité’’ qui concilie sa double dimension de permanence et de changement. L’identité, trop facilement considérée comme constat d’une réalité, est un état mais un état et un mouvement. L’identité n’est pas seulement génétique, elle est aussi active, préservée, renouvelée constamment, elle est un objectif, un devoir.
Par un parti-pris, celui d’une démarche de recherche, qui répertorie toutes les visions, tous les points de vue, qui les intègrent. Qui les complète par un recueil de témoignage, actualisé, vivant. Et qui s’efforce d’extraire de l’analyse la plus objective possible de ce corpus, sa substantifique moelle, c’est-à-dire, ‘’l’identité’’.

par Claude Millet – Tel-Avivre –

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2 COMMENTS

  1. Voici une intéressante réflexion et une bonne analyse sur la notion de l’ identité D’un pays. Nous sommes impatients d’en savoir plus sur Israël. A bientôt donc. Cordialement vôtre,

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