Eman Abou Ammar, 24 ans, étudie  la littérature à l’Université de Ben Gurion. Contrairement à beaucoup de filles bédouines de son âge, elle n’est pas pressée de se marier.

bedoiune

« Les bédouins se marient habituellement  jeune, les gens me demandent souvent :« Pourquoi n’est tu pas mariée, tu n’as personne dans ta vie? « . Il fait pression sur moi, mais j’ai l’intention de choisir un mari qui va me permettre de continuer à étudier » a t-elle déclaré fièrement. Abu Ammar couvre ses cheveux avec un foulard bleu vif qu’elle porte à la fois comme un signe religieux et une coutume bédouine. Ses parents l’ont encouragée à étudier à l’université, et à rester vivre à la maison, elle est la plus jeune de huit enfants. « La société bédouine est encore très traditionnel», dit-elle. «Je peux être amis avec les hommes dans le contexte de l’école, mais pas plus que ça. » a t-elle confié.

Son amie Reem Al-Amrany, qui est mariée et qui etudie le droit declare que c’est  un avantage pour les femmes d’aller à l’université. Elle est l’aînée de sept enfants et sa mère est analphabète. Ses parents ont l’on pourtant encouragé dans ses etudes, tout comme son mari d’ailleurs. «Aujourd’hui, quand un homme veut se marier, il cherche une femme qui ameliore sa situation économique, il a besoin de quelqu’un pour l’aider à gagner sa vie « , a t-elle dit. Son mari est diplômé d’études secondaires, mais n’est jamais allé à l’université . Il travaille comme électricien et permet a Reem de continuer ses études. «Mon plus grand défi est l’équilibre entre les études, le travail, ma maison, mon mari et ma fille», a déclaré Reem Al-Amrany, faisant écho au dilemme de beaucoup de femmes occidentales.

A l’université de Ben Gourion, il y a environ 350 étudiantes  femmes bédouines , ainsi que 150 hommes bédouins. Beaucoup de ces étudiants reçoivent des bourses généreuses à l’université. Ces jeunes femmes parlent l’arabe à la maison et à l’école, et ont souvent besoin de soutien scolaire avant de pouvoir prendre des cours en hébreu. L’université a travaillé dur pour intégrer les étudiants bédouins, affirme son président  Carmi : « Ben Gourion aide des centaines d’étudiants bédouins à réaliser leur potentiel», a déclaré Rivka Carmi. «L’Université est en mesure d’offrir du conseil, du soutien, une bourse, tout cela permet à des centaines d’étudiants de bénéficier de l’enseignement supérieur ».

Il y a environ 250.000 Bédouins d’Israël , la plupart d’entre eux vivent dans la région de Beersheva. Des dizaines de milliers vivent dans des «villages non reconnus» par le gouvernement israélien. Ils ne reçoivent pas les services de base tels que l’eau. Toutefois, la Cour suprême israélienne a statué qu’ils devaient recevoir une éducation et des soins médicaux.

La plupart d’entre eux n’ont pas d’ordinateur à la maison, ou même pas d’électricité pour étudier le soir.

Le travail de Jamal Al-Kinawi est d’aider à intégrer les étudiants bédouins à l’université. Lorsque le transport en commun n’est pas disponible, l’université offre des bus spéciaux pour s’assurer que les femmes rentrent à la maison avant la nuit.

« Il y a des enjeux économiques et les enjeux sociaux », a t-il dit. «Nous essayons de les aider à s’habituer au climat universitaire occidental et d’autres étudiants bédouins les aident aussi. »

Pour recevoir nos nouveaux articles au quotidien, cliquez ici

Pour de nombreux étudiants bédouins, l’université est leur première occasion de rencontre avec les Israéliens juifs. Sarab Abu Rabia, sociologue et  première femme Bédouine à recevoir un doctorat, dit que la rencontre n’est pas toujours une rencontre facile.

«En raison de la séparation géographique entre les systèmes d’éducation distincts Juifs et Arabes en Israël, le campus est leur première rencontre, » dit-elle.

par Sarah Marek pour Tel-Avivre-

 

Print Friendly, PDF & Email

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here