Petit guide de la culture juive à Tokyo…

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Sur 13 millions d’habitants à Tokyo, on compte un peu plus de  2000 Juifs…mais si vous leur posez la question, ils vous répondront que leur nombre n’a pas d’importance.

La majorité des Juifs considère qu’il n’y a pas beaucoup d’activités juives dans la capitale du Japon.  En effet, la communauté juive qui réside à Tokyo est restreinte et mélangée aux autres, avec seulement quelques institutions répondant aux besoins religieux et culturels. Les Juifs qui vivent et  travaillent à Tokyo, admettent cependant que le changement s’opère petit à petit, et que la taille de la communauté importe peu et ne joue pas en leur défaveur.

Il y a deux Bet Chabad, un restaurant casher officiel, et même ces chiffres semblent fluctuer. Néanmoins, le sens de la communauté est bien présent et il ne cesse de se renforcer.

Janvier 2013 est une date importante pour les Juifs de Tokyo,  car elle marque l’ouverture du tout premier mikvé. L’ambassadeur d’Israël au Japon, présent pour l’occasion, l’a qualifié de «miracle» car la construction a pris des années après l’échec de 2008 pour raisons financières. Beaucoup attendaient son ouverture avec impatience.

Après avoir emménagé à Tokyo en 2000, le rabbin Mendi et Chana Sudakevichen, co-directeur du ‘Habad-Loubavitch de Tokyo, ont pensé à faire de l’idée du mikvé une réalité. En effet, avant son ouverture, les Juifs voulant se rendre au mikvé devaient aller jusqu’à Kobe, l’autre ville japonaise qui abrite une population juive conséquente, à plus de 300 km.

Une collecte de fonds a commencé en 2008 pour en construire un, mais la crise financière mondiale a coupé court au projet. À la fin 2010, les fonds récoltés ont permis de rénover  la synagogue, mais ils n’étaient pas suffisants pour la réalisation du mikvé.  Jusqu’à ce qu’un généreux donateur, Yair Levy, propriétaire d’une entreprise à Kobe et président de la Congrégation Ohel Shlomo, avance assez d’argent pour démarrer le mikvé.

Les dons sont venus de partout dans le  monde, y compris du Brésil. Le mikvé a été construit par un architecte de Tokyo, Richard Bliah, sous la direction du rabbin Meir Posen. L’événement a été célébré lors d’une cérémonie festive qui a rassemblé les habitants et les rabbins. Chana Sudakevich a même déclaré : «J’espère que nous aurons tellement de monde au mikvé qu’il sera nécessaire d’en construire un autre ».

Pendant des décennies, depuis la création de l’Etat d’Israël, le nombre de  juifs au Japon – résidant principalement à Tokyo et Kobe – n’a pas connu de réelle augmentation. Les chiffres exacts sont difficiles à trouver, avec des estimations basses disant que la population juive en 2000 était de quelques centaines. Aujourd’hui, il y a environ 2.000 Juifs dans Tokyo.

Pendant des décennies,  la communauté a essayé de se renforcer, mais ses efforts semblaient infructueux. Dans les années 2000, un rabbin de  Tokyo aurait même converti plus de 70 personnes japonaises au judaïsme, en expliquant que les Juifs savent d’où ils viennent, contrairement aux adeptes du shintoïsme ou du bouddhisme.

Environ 50 familles ont débarqué dans le port de Yokohama en 1861, où la première synagogue fut construite. Kobe a émergé au début du 20ème siècle comme  la ville représentative de la communauté juive, suivie de près par Tokyo. Malgré l’alliance entre le Japon et l’Allemagne dans la Seconde Guerre mondiale, le pays était encore considéré comme un refuge pour les Juifs.

L’antisémitisme a bel et bien existé, mais il s’est manifesté dans des actes isolés, orchestrés par des individus seuls ou des petits groupes.

Caroline HAÏAT pour -Tel-Avivre-

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