Le Département de Français de l’Université de Tel-Aviv est aujourd’hui le plus grand centre d’enseignement et de recherche sur la France et la francophonie en Israël. Néanmoins, je dois reconnaître que je n’en connaissais pas l’existence jusqu’à ce que je rencontre le professeur Michèle Kahan, nouvellement nommée à la direction de ce département.

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C’est une femme passionnée et pleine d’énergie que j’ai rencontrée, décidée à développer encore son département, pleine de projets et d’idées pour diffuser la culture et la langue française en Israël. Nous avons discuté du parcours de formation et d’enseignement des études françaises, à la fois dédié  aux français et à ceux qui souhaitent apprendre notre langue.

Nous avons parlé des étudiants qui suivaient le programme. Pour les jeunes venant de France, le département représente un foyer d’accueil stimulant et chaleureux grâce auquel une intégration plus facile est assurée. Lieu de rencontre convivial avec les étudiant(e)s israéliens, les olim hadachim francophones peuvent aussi y développer leurs acquis linguistiques et culturels, voire les transformer en un atout pour leur avenir en Israël.

J’ai voulu en connaître davantage. Le professeur Michèle Kahan m’a présenté Adrien, un jeune homme de 25 ans, étudiant du département. Adrien a fait son alyah en 2003 à l’âge de 15 ans avec ses parents. La seule école française se situait à Jerusalem, trop loin de chez lui. Il intègre donc une école israélienne, passe le Bagrout, commence son service militaire puis travaille au Mac Do. Il prend des cours de graphisme puis de pâtisserie, d’anglais . …bref, il se cherche.

Il commence des cours de management et économie et comprend alors qu’il a un « manque de la France ». Non pas du pays, mais de sa culture, de sa langue, de sa littérature. C’est sa langue maternelle certes, mais il ne l’écrit quasiment plus. Il prend conscience que le français est un atout, un plus pour lui. Il décide de le perfectionner et s’inscrit au Département de français de l’université.

« Je suis venu pour développer ma maîtrise de la langue française  et ma culture littéraire. J’y ai, en fait, trouvé bien plus. Le département est un lieu de rencontre entre israéliens francophiles et franco-italiens. Les étudiants sont curieux de la culture de l’autre, les préjugés sont dépassés. Curieusement, j’ai le sentiment de me sentir plus israélien, mieux intégré. Les relations avec les enseignants sont de qualité. On sent qu’ils ont une réelle volonté de partager leur savoir.

Comprendre ma culture maternelle, c’était important pour moi. Je suis israélien mais j’ai quand même envie de transmettre ma culture française à mes enfants, de leur transmettre cet atout d’être polyglotte et une ouverture sur le monde ».

 

 Nina Sitbon- Tel Avivre.com

 

 

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