Eric Toledano est le co-réalisateur avec Olivier Nakache, du film Intouchables qui est devenu un immense succès  du cinéma français. 

Nous avons eu le plaisir de rencontrer Eric Toledano en vacances en famille sur la plage de Tel-Aviv. Nous avons découvert un garçon charmant, intelligent, vif, et pas intouchable du tout !

Il nous a raconté sa passion du cinéma et dans un autre registre sa passion pour Israël.

Tel-Avivre : Bonjour Eric, vous êtes venu en Israël pour des vacances, vous êtes je crois en famille à Tel-Aviv, pourquoi Tel-Aviv ? Est-ce une ville que vous appréciez particulièrement ?

Eric Toledano : J’aime en effet particulièrement cette ville. C’est une sorte de New-York à seulement quatre heures de Paris en avion, on peut manger et sortir à n’importe quelle heure. Il y règne une atmosphère et une ambiance très particulière qui fait qu’on s’y sent bien, tout simplement. De plus, j’ai de la famille là-bas, à qui je rends souvent visite.

Tel-Avivre : Intouchables, comme chacun le sait, est devenu un vrai phénomène cinématographique, plus de 20 millions d’entrées, il a dépassé  Les Chti’s , mais il a aussi fait un gros carton en Israël (500 000 entrées), ce qui comparé à la population d’Israël est presque aussi fabuleux qu’en France, vous attendiez vous à un tel succès ici ?

Eric Toledano : Tout d’abord, je tiens à préciser qu’  n’a pas dépassé  Les Chti’s , qui ont fait presque plus d’un millions d’entrées de plus. Nous avons dépassé suffisamment de records pour essayer d’en usurper d’autres. Intouchables est par exemple devenu le film français le plus vu à l’étranger. En ce qui concerne Israël, le chiffre du nombre d’entrées est incroyable. Je me souviens d’une conversation avec Ronit Gilad, General manager de Nachshon Films (le distributeur Israélien d’Intouchables), où elle m’expliquait que si le film faisait 100 000 entrées en Israël ce serait extraordinaire. On peut constater aujourd’hui que le film a fait cinq fois plus, ce qui est fabuleux compte tenu de l’habituelle domination du cinéma américain sur ce territoire. Nous avons reçu, Olivier Nakache et moi-même, de nombreux témoignages de personnes surpris d’avoir tant aimé le film, nous expliquant qu’ elles n’allaient généralement pas voir de film français, qui à leur sens pêchent trop souvent dans leur rythme et leur sujet.
L’accueil du public Israélien fût à chaque fois très chaleureux. Je me souviens de quelques projections très émouvantes, comme celle de Haïfa, qui était magnifique, Jérusalem, un endroit toujours mythique et mystique ou de Tel-Aviv. A l’occasion de cette dernière, organisée à la cinémathèque, le maire de Tel-Aviv ainsi que plusieurs célébrités locales, tels que Gila Almagor, une actrice fabuleuse que j’apprécie énormément, sont venus nous accueillir, c’était fantastique.
– J’ai aussi profité de ce voyage pour faire la promotion du DVD du film qui est sorti récemment en Israël. Je l’ai vu en vente un peu partout avec une certaine fierté, même au souk Ha-carmel, à 50 NIS.

Tel-Avivre : Pensez-vous que le cinéma pourrait réussir là où la communication a échoué, à savoir le regard porté sur Israël ?  Après tout, vous avez réussi là où la politique a failli, lever le tabou du handicap pour 20 millions de français et cerise sur le gâteau raconter une vraie rencontre entre deux mondes très éloignés, l’aristocratie et la banlieue, c’est peut-être ça la magie du cinéma ?

Eric Toledano : Des analyses ont révélé que si le film avait si bien marché en Israël c’est aussi parce qu’il parlait d’une histoire de rapprochement entre deux personnes n’ayant rien à voir l’une avec l’autre. Je pense en effet que le cinéma peut raconter quelque chose de cet ordre là. Le cinéma est parfois plein de surprises, il agit émotionnellement sur les spectateurs qui sont du coup dans une position de réception, c’est effectivement ce qui s’est passé avec Intouchables autour du handicap. Le film dit « et si nous changions de regard, si on évitait la pitié et la commisération. » De ce point de vue on peut dire que le message est passé, et avec la comédie la magie opère encore mieux…

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Tel-AvivreEst-ce que Tel- Aviv pourrait devenir le décor d’un de vos prochains films ?

Eric Toledano :  Bien sur, car Tel-Aviv est une ville très ciné génique. Nous avions pu nous en rendre compte dans le film « Les patriotes » d’Eric Rochant. Il y a quelque chose de formidable dans l’atmosphère des rues de Tel-Aviv qui sont identifiables très rapidement. Il y a un mélange fascinant entre l’orient et l’occident. Surtout lorsque l’on passe d’un décor comme le Souk Ha-carmel, plein de couleur et de saveur, à Neve Tzedek ou Basel. Il y a une multitude de décors incroyables à Tel-Aviv. Ce qui serait fantastique c’est qu’ il se fasse un « Jérusalem I love You » ou « Tel-Aviv I love you » et qu’ on puisse y participer. Nous avions d’ailleurs été contacté à cet effet.

Tel-AvivreJ’ai lu que vous aviez eu l’idée d’intouchables après avoir regardé le documentaire d’Abdel Sellou et de Philippe Pozzo di Borgo sur France 3, est-ce parce que vous cherchiez un rôle sur mesure pour Omar ou est-ce plutôt le sujet qui vous a captivé ?

Eric Toledano : Les deux. Tout d’abord parce que nous sortions de « Tellement Proches » et que nous avions été ravi de la collaboration avec Omar Sy, le courant passant de plus en plus entre lui et nous. Nous avons pris la décision, d’un comme un accord, avec Olivier Nakache, de trouver un rôle à la mesure du talent d’Omar Sy. Ce documentaire, nous l’avions déjà vu, et ce n’est que quelques temps plus tard que ça a fait « tilt ». Nous nous sommes dit « montrons le à Omar et voyons sa réaction ». Ce rôle a donc été calibré pour lui et je pense que si Omar avait dit non, nous n’aurions pas fait ce film. Quand on pense à nôtre première rencontre avec Omar où il n’était pas sur de pouvoir jouer dans notre film car selon lui il n’était pas un « vrai acteur », et que a présent il a reçu le césar du meilleur acteur, on est fier du chemin parcouru ensemble.

Tel-Avivre Le tandem Eric Toledano et Olivier Nakache est aujourd’hui plus célèbre en France que les frères Cohen, il n’y a pas beaucoup de binôme dans l’histoire du cinéma, est-ce parce que il faut être frères ou presque… pour que ça fonctionne ? Comment faites-vous ? Qui fait quoi ? Peut-être est ce, même,  la clé de vôtre succès ?

Eric Toledano : Nous ne sommes pas frères, mais nous fonctionnons un peu comme eux.  Alors que beaucoup de frères co-réalisent des films (les Cohen, les Dardennes, les Larrieu,…), nous, nous avons appris a fonctionner comme ces binômes à force de passer du temps ensemble. Comme nous l’avons souvent raconté, nous nous sommes rencontrés, il y a de ça 20 ans, dans une colonie de vacances, organisée par l’association Yaniv. Notre passion commune du cinéma nous a par la suite rapprochée. On ne sait pas vraiment comment cela fonctionne et c’est ça qui nous plaît. Nous n’avons pas vraiment de méthode, ni de technique, ni de séparation des fonctions. Chacun de nous doit être à même de parler aux comédiens, réaliser des ambitions techniques et être derrière la caméra. Il y un élément invisible  ui fait que cela fonctionne. Une chimie, comme peuvent la connaître deux musiciens qui jouent ensemble, soit c’est harmonieux soit ça ne l’est pas. Pour nous, c’est le cas et on espère que cela durera encore longtemps.

Tel-AvivreÊtes vous déjà avec Olivier Nakache à l’écriture d’un autre film, avez-vous des projets dont vous pouvez nous parler ?

Eric Toledano : Nous avons été beaucoup pris par « Intouchables » et le raz de marée médiatique qui l’a suivit. Nous avons décidé de vivre cette expérience à fond et cela nous a pris beaucoup de temps et d’énergie. Beaucoup de voyages à travers le monde se sont succédés. Depuis le mois de septembre nous sommes sur la piste d’un nouveau film mais pour l’instant, je ne peux pas vous en dire davantage.

Tel-AvivreOmar est devenu votre acteur fétiche, ses rôles prennent de plus en plus d’importance dans chacun de vos films, alors le prochain film : Avec ou sans Omar ? Peut-être même avec Fred ? Un tandem, le vôtre à la réalisation et l’autre, Omar et Fred dans les rôles principaux ?

Eric Toledano : Nous ne pouvons pas dévoiler trop de choses, mais nous avons répondu et étudié plusieurs propositions de films, plus folles les unes que les autres, dont certaines provenant des USA. Mais nous avons préféré continuer de travailler comme nous l’avons toujours fait. Donc pour répondre à votre question, « avec ou sans Omar ? », je vous répondrais, plutôt avec.

Tel-AvivreQui sont vos modèles dans le cinéma, comment avez-vous eu envie de faire ce merveilleux métier, quel a été le déclencheur de cette carrière et enfin comment avez-vous réussi a rassembler dans un court-métrage de vos débuts un casting avec des acteurs comme Gad Elmaleh, Gilbert Melki, Jamel Debouzze, Atmen Kelif, Roshdy Zem et Axel Laffont ?

Eric Toledano : Nos modèles… Il y en a beaucoup. Dans le cinéma italien des années soixante et soixante-dix par exemple, Dino Risi, Ettore Scola, des réalisateurs capables de réaliser des grandes comédies sociales, comme « Le Fanfaron », « Nous nous sommes tant aimés ». Nous aimons aussi beaucoup les comédies sociales anglaises, qui abordent des sujets de fond dans une mélange subtil de tragique et de comique. Aux Etats-Unis on est fan de Woody Allen. Nous revoyons chaque années certains de ces films, notamment « Crimes et délits » et « Annie Hall », de véritables chef d’œuvres. Cependant nous n’aimons pas que les comédies. En préparant Intouchables, nous citions souvent comme exemples les film « Parfum de femme » de Dino Risi, avec l’immense Vittorio Gassman et « My Left Foot » de Jim Sheridan, qui traitent tout les deux à leur manière du handicap. Nous aimons plusieurs genres de cinéma.

Quand à notre court métrage, cela n’a pas été simple mais nous étions animés d’une telle envie que nous écumions café théâtres et petites salles de spectacle pour trouver des acteurs. Et il se trouve que les acteurs que nous avons choisies pour incarner nos 4 Pères Noël, ont par la suite très bien marché en France. Gad Elmaleh et Jamel Debouzze dans le One man Show ou bien Roshdy Zem au cinéma. Nous avions un rapport privilégié avec ces acteurs, surtout Gad Elmaleh, qui nous a mis le pied à l’étrier. Tout comme Gérard Depardieu, envers qui nous seront toujours infiniment reconnaissant d’avoir pris le risque de jouer dans notre premier film.

Tel-Avivre : Merci infiniment d’avoir répondu à nos questions,  à très bientôt à Tel-Avivre, nous vous souhaitons encore beaucoup de succès et de bonheur car vous avez énormément de talent! Be Hatslaha.

Propos recueillis par H.P Benhamou – Tel-Avivre.com-

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Eric Toledano et Olivier Nakache sont les auteurs de : Je préfère qu’on reste amis (2005), Nos jours Heureux (2006), de Tellement Proches (2009) et d’Intouchables (2011), des comédies à succès. Mais, à leurs débuts ils sont aussi réalisé un court métrage que je vous conseille de regarder ci dessous.

 

 

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