Hier, Mahmoud Abbas, lors d’une réunion d’urgence à Ramallah, a, une fois de plus, promis de se retirer de tous les accords avec Israël et de mettre fin à toute coopération y compris en matière de sécurité. Pour les responsables israéliens c’est du bluff (c’est la énième fois que le président de l’Autorité palestinienne profère cette menace) mais selon les dirigeants de l’Autorité palestinienne cette fois, c’est la bonne, ce n’est pas une blague.

Cette nouvelle menace est la réponse d’Abbas à Israël qui a promis d’appliquer sa souveraineté sur une partie de la Judée et de Samarie ( zone C), conformément au plan de paix au Moyen-Orient proposé par l’administration Trump. Selon l’ agence de presse Wafa, le leader palestinien a déclaré lors d’une réunion d’urgence à Ramallah: « L’Organisation de libération de la Palestine et l’État de Palestine sont absous, à ce jour, de tous les accords avec les gouvernements américain et israélien et de toutes les obligations basées sur ces accords y compris les accords de sécurité« .

Le chef de l’Autorité palestinienne, âgé de 84 ans, a déjà proféré de telles menaces maintes fois dans le passé. C’est la raison pour laquelle, les hauts responsables israéliens de la sécurité doutent qu’il mette effectivement fin à la coopération avec l’État juif en matière de sécurité, d’autant que, compte tenu des accords d’Oslo, cela mettrait fin à l’Autorité Palestinienne tout simplement. Le leader palestinien ne souhaite pas scier la branche sur laquelle il est assis et qui représente à ce jour la totalité de ses revenus (astronomiques ) personnels sans compter qu’il ouvrirait la porte du pouvoir à son principal rival: le Hamas. « Les chances sont minces qu’Abou Mazen (Mahmoud Abbas) scie la branche israélienne, car les accords servent les deux parties« , a déclaré à Walla un responsable de la sécurité mercredi matin avant d’ajouter: «S’il décide de mettre fin à la coopération en matière de sécurité [avec Israël], il sera vulnérable face à son ennemi juré: le Hamas».

Et pourtant, de hauts responsables de l’Autorité palestinienne ont cependant déclaré au New York Times tôt mercredi matin que, cette fois, Abbas était sérieux. «Cette décision doit être mise en œuvre immédiatement», a déclaré Wasel Abu Yousef, membre du comité exécutif de l’OLP. « Cette décision ne doit pas être étudiée ou discutée en commission« a-t-il ajouté. C’est aussi l’opinion d’Adnan Damiri, le porte-parole des forces de police de l’Autorité palestinienne qui confirme qu’Abbas doit mettre fin à toute coopération en matière de sécurité avec Israël et la CIA.

Le gouvernement israélien doit présenter à partir du 1er juillet sa stratégie pour traduire dans les faits le plan Trump, qui prévoit l’application de la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain et sur 30% de la Judée Samarie ainsi que la création d’un Etat palestinien (sur 70% de la Judée Samarie reliée par une voie à la bande Gaza) financé à hauteur de 50 milliards.

Alors, après un printemps au Moyen orient traversé par la crise sanitaire, l’été, quant à lui, s’annonce chaud sur le plan sécuritaire.

Tel-Avivre-

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