L’Autorité de protection de la vie privée a lancé un « processus de surveillance » afin d’examiner l’application électorale utilisée par le Likoud: « Elector ». Il s’agit d’un système de gestion des données électorales qui permet de maximiser le potentiel de succès d’un parti.

Le Likoud utilise pour les élections du mois prochain une application de gestion des listes électorales que lui permet de recevoir de nombreuses informations sur tous ceux qui ont le droit de voter en Israël. Outre la base de données électorales qui recense les 6.5 millions d’électeurs israéliens, l’application appelés « Elector » peut être enrichie par chaque citoyen, sans le consentement de la personne dont les informations sont entrées, en violation de la loi sur la protection de la vie privée qui interdit la collecte et l’utilisation d’informations sur les personnes sans leur consentement et sans être divulguées au profit des informations collectées sur elles.

L’intérêt de l’application, au-delà des informations de base sur l’ensemble des électeurs, est de permettre aux partis politiques  et à leur militants d’enrichir leurs bases de données des informations non présentes sur le registre électoral et de les croiser avec des bases de données de sociétés tierces. Ce sont des détails qui, entre autres, peuvent aider les partis à avoir une analyse comportementale de chaque électeur permettant ainsi de les influencer dans leur vote.

Le jour du scrutin lui-même, les observateurs des bureaux de vote pourraient utiliser cette application pour enregistrer les électeurs qui ont déjà voté. Les partis pourront, fort de cette information envoyer une campagne ciblée et personnelle afin d’encourager les abstentionnistes potentiels à aller voter ou persuader les opposants de rester chez eux en envoyant de faux messages.

L’utilisation de cette application a été recommandé par Netanyahu lors d’une conférence électorale la semaine dernière à Ramle.

« Nous devons gagner les élections », a déclaré le Premier ministre. « Il ne nous manque que trois sièges. Et que devons-nous faire pour les avoir: Élector » avec pour fond de décor le logo de l’application Elector d’un côté, et de l’autre la légende « Envoyez les sms et inscrivez-vous! »

Le Premier ministre ne semblait pas savoir qu’il incitait ses militants a effectuer une infraction à la sécurité et à la protection des données personnelles.

Le point du départ de ce scandale a été la révélation par les hackers Noam Rotem, et Bar Zick de la découverte d’une faille de sécurité dans le système avec une facilité déconcertante.  Selon les deux hommes << Il n’était pas question de savoir si les informations fuiraient, mais seulement à quel moment. Le prix de cette faille, comme d’habitude, sera payé par les citoyens. »

Noam Rotam et Bar Zick ont réussi à envoyer des messages Push aux militants du Likoud utilisant l’application. « Ce type d’approche peut être exploité pour de nombreux actes encore plus  dangereux comme par exemple, l’envoi de messages avec un lien à télécharger dirigeant en réalité vers un logiciel malveillant permettant ensuite le piratage de leurs appareils.

Les deux hackers ont immédiatement notifié à l’autorité en charge de la protection des données personnelles et de l’utilisation des données informatiques, des dangers de cette application.

Une requête a été déposée par les avocats Shahar Ben Meir et Yitzhak Aviram, accompagnée de l’avis professionnel du Dr Anat Ben David, visant à interdire l’utilisation de cette application par les parties politiques.

Une enquête est depuis ouverte par l’Autorité de protection des données sur la vie privée. Cette affaire rappelle beaucoup le scandale de « Cambridge Analytica » qui avait éclaté aux Etats-Unis et qui avait abouti à la fermeture pure et simple de la société de gestion de la base de données.

Tel Avivre

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