Rien ne va plus : L’avion en provenance de Cologne, au pneu crevé, ne s’est même pas écrasé !

Avouez que ce n’est pas juste: Tous les éléments étaient pourtant réunis pour satisfaire le goût présumé voyeur du téléspectateur : un avion d’une compagnie low-cost crève un pneu en décollant de l’aéroport de Cologne avec 151 passagers à bord, plus les pilotes, plus le staff des hôtesses de l’air et des stewards. Déjà à ce stade de l’aventure, impensable mais vrai, l’avion avait réussi sans dommage à quitter le plancher des vaches au grand dam des journalistes en mal de scoop. Mais le monde entier ne serait pas en reste. Après l’envol, l’atterrissage… Entre deux, quelques heures de vol, le temps idéal pour tout journaliste qui se rêve grand reporter de faire monter la mayonnaise…

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Le temps d’analyser en direct les causes et conséquences de pareille anomalie, insinuer qu’un vol bon marché ne peut amener qu’un manque évident d’entretien de la machine. Le temps de raconter comment l’aéroport Ben Gourion a été fermé et certains vols détournés vers le Néguev pour laisser la place à cet appareil en difficulté…

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Le temps de valoriser l’association Vol civil et Vol militaire, une escadrille de F16 de l’armée de l’air israélienne s’étant immédiatement envolée pour vérifier l’état des pneus de plus près. Le temps de rappeler que c’est la première fois que pareil drame se produit en direct sous les yeux des téléspectateurs médusés. Le temps d’expliquer par le menu qu’un avion dont le train d’atterrissage est endommagé a toutes les « chances » d’exploser en touchant le sol …
Le temps de demander à un expert si les passagers étaient encore dans l’ignorance du sort qui leur était réservé…
Le temps de rectifier le tir, (bien sûr les passagers sont au courant), de s’étendre sur les consignes à suivre à savoir bien s’attacher, se pencher en avant, la tête coincée entre les bras pour amortir autant que faire se peut le choc à l’arrivée…
Le temps de compter et voir atterrir les avions qui précèdent la vedette d’une tragédie annoncée…
Le temps de le voir tourner au-dessus de Modi’in pour se positionner dans l’axe de la piste…
Le temps de le voir amorcer sa descente…
Le temps de…
Mais se serait-on trompé d’appareil ? Pas possible où est-il passé ? Le temps de le voir atterrir comme si de rien n‘était….Et de prendre le temps de raconter sans la moindre pudeur lors des flashs suivants comment un avion en provenance de Cologne….

Atterrissage d’urgence d’un avion avec 152 personnes à bord à Tel Aviv –

par Bely Landerer – 

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4 Responses to Rien ne va plus : L’avion en provenance de Cologne, au pneu crevé, ne s’est même pas écrasé !

  1. J’ai exprimé mon très fort soulagement sur la page Facebook de Le Monde Juif dès que j’ai appris que lm’avion s’était poser à l’aéroport Ben Gourion sans faire de morts ni de blessés. Je suis 100% à l’opposé de la personne malsaine qui espérait un drame.

    Mais je souligne, cependant, dans votre article, Bely Landerer, un propos que je trouve choquant :

    « Le temps d’analyser en direct les causes et conséquences de pareille anomalie, insinuer qu’un vol bon marché ne peut amener qu’un manque évident d’entretien de la machine. »

    Il serait bien naïf de croire que quelque chose est bon marché par pure générosité car si les coûts ont pu être réduits, c’est inévitablement en bradant :

    – la qualité des contrôles du matériel (des techniciens moins bien formés coûtent moins cher à rémunérer, c’est un fait connu.
    – la qualité des pièces composant le matériel (comme par exemple, la qualité d’un train d’atterrissage ou, tiens, justement d’un pneumatique ! Entre autres)
    – le nombre d’employés à rémunérer (pilote, copilote, contrôleurs aériens, etc…) et cela implique donc plus d’heures de travail pour les employés restants, contrevenant ainsi à leur durée de repos et à la fréquence de ceux-ci instituée non pas par la branche commerciale de la compagnie mais par des organismes de vigilance indépendant pour la sécurité. Trop peu de repos implique une plus grande fatigue, une vigilance en berne, et donc des risques d’accidents accrus.

    Contrairement à ce que vous suggérez, Bely, ce n’est pas uniquement au niveau de l’entretien de la machine que le problème se pose, c’est à beaucoup de niveaux à la fois, y compris celui-là.

    Oui, un trajet low cost en avion implique forcément une réduction des dépenses de la compagnie en amont, à un niveau ou à un autre, voire à plusieurs niveaux à la fois, c’est logique, et donc accroît, effectivement, les risques d’accidents, c’est un fait indéniable et démontré.

    Une entreprise qui ne fait pas de bénéfice est une entreprise qui coule. Donc même les compagnies low cost font des bénéfices.

    Si les prix sont attractifs sur des compagnies low cost pour les consommateurs, c’est que ces prix sont encore plus intéressants pour ces compagnies, et pour avoir ces prix intéressants quelque chose a forcément dû être sacrifié.

    Je me demande comment vous imaginez que le monde fonctionne, Bely…

    Pensez-vous que les compagnies faisant payer le prix moyen d’un trajet en avion exagèrent et pourraient vraiment baisser leurs tarifs et que les Low cost sont des compagnies justes, humaines et font des prix hyper bas à perte pour elles, parce qu’elles sont proche du peuple et le comprend car il souffre d’un manque de revenus ?

    J’ose espérer que vous ne vous imaginez pas cela, car si c’est le cas, vous faite une énorme erreur et votre lucidité sur le sujet poserait alors assez sérieusement question.

  2. Les règles qui régissent l’aviation civile internationale s’imposent de la même façon à toutes les compagnies aériennes
    (Régulières,charters ,low cost)
    Il appartient aux autorités de l’aviation civile la où se trouve l’avion de procéder à des contrôles qui peuvent « clouer «  un avion au sol.

  3. Il y avait certainement des choses à dire sur les économies faites sur la santé, la sécurité, la vie des passager et des membres d’équipage et d’entretien de ces compagnies. Mais quel voyeurisme obscène médiatique, qui se met aux aguets pour filmer la mort violente d’êtres humains… comme ces immondes tabloïds anglais qui ont publié la photo du corps d’un clandestin tombé d’un avion en vol.
    Quel soulagement que cet avion ait tenu le coup… un petit peu de Shekhina à Ben Gourion ?

  4. Sans vouloir généraliser, je confirme, pour en avoir fait l’expérience qu’il y a parfois un vrai problème. Ce que j’en sais : un seul homme du métier peut monter une compagnie en louant un avion et un équipage et offrir ses services à des compagnies aériennes ayant pignon sur rue.
    Dans le cas qui m’a concerné, les Moteurs étaient dans un état douteux (avis des spécialistes à la limite de la controverse).

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