En marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York en septembre dernier, le ministre marocain de l’Education, Said Amzazi, a annoncé publiquement la décision du roi du Maroc, Mohammed VI, d’intégrer l’étude du génocide Juif au sein du programme de l’ éducation nationale marocaine. Certains analystes considèrent cette initiative comme une évolution drastique des perspectives arabes vers la reconnaissance d’un Etat Juif….

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Le ministre marocain de l’Education, Said Amzazi, aurait selon le Desk, un site d’informations marocain, rapporté le message du roi du Maroc de la maniéré suivante:  » L’antisémitisme est  l’opposé de la liberté d’expression. Il manifeste la négation de l’autre et constitue un aveu d’échec, d’insuffisance et d’incapacité à coexister” ajoutant aussi: «C’est le retour anachronique à un passé mythique. Est-ce le passé que nous voulons léguer aux générations futures? “ avant de conclure: «Pour autant, la bataille contre ce fléau ne peut être menée ni avec l’armée ni avec l’argent mais seulement avec l’éducation et  la culture. Et dans l’intérêt de nos enfants, il est important pour nous de gagner cette bataille car ils en seront les bénéficiaires et nos ambassadeurs à l’avenir ».

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Cette décision du Maroc marque un tournant dans ce que certains analystes considèrent comme une modification des perspectives arabes vis-à-vis de sa communauté juive et d’Israel, bien que l’on ignore comment l’enseignement de la Shoah pourrait se traduire dans les relations avec l’Etat hébreu. Le royaume, comme beaucoup d’autres pays arabes, ne reconnaît pas officiellement l’État juif. Cependant les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Etat hébreu ne cessent de se développer. Selon un site britannique spécialisé, les échanges commerciaux entre le Maroc et Israël ont atteint 149 millions de dollars ces dernières années malgré l’absence de relations officielles entre les deux pays.

Le professeur Meir Litvak, directeur du département d’histoire du Moyen-Orient et d’Afrique à l’Université de Tel Aviv, a déclaré à The Media Line que, dans le monde arabe, l’opinion générale sur les questions relatives à l’Holocauste a toujours été que « ce qui est arrivé aux juifs d’Europe était une affaire européenne. Les Européens en étaient les auteurs et les Juifs en étaient les victimes mais ce sont les Arabes qui en ont payé le prix réel avec la création d’Israël”.

Le Dr. Ido Zelkovitz, expert en histoire et politique palestiniennes et chercheur en politiques à l’Institut Mitvim, a déclaré à The Media Line que «dans l’ensemble, la Shoah avait joué un rôle majeur dans le discours palestinien sur Israël et le sionisme ». “Les Palestiniens l’ont utilisé dans le passé  et l’utilise encore aussi dans le présent  pour se décrire comme” les victimes des victimes “, a ajouté Zelkovitz, expliquant que “la question de la victimisation était un pilier central de l’identité palestinienne moderne“.

En outre et en ce qui concerne la perspective palestinienne, même si les palestiniens pouvaient reconnaître un jour l’Holocauste, ils n’auraient, en majorité, aucune empathie réelle face à l’horrible génocide.

Tel-Avivre source The Media Line

 

 

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2 COMMENTS

  1. « Certains analystes considèrent cette initiative comme une évolution drastique des perspectives arabes vers la reconnaissance d’un Etat Juif »

    … Ce pourrait être vrai si la raison pour laquelle l’Etat d’Israël a été créé était la Shoah, alors qu’historiquement, il n’en est rien.

    C’est Théodor Herzl qui, après le scandale de l’Affaire Dreyfus (de 1894 à 1906) a écrit deux ans plus tard, en 1896, son livre « Der Judenstaat » (L’Etat juif), et c’est après la publication de ce livre qu’il a entreprit que le rêve de la renaissance de la souveraineté juive sur la Terre d’Israël devienne une réalité en faisant toutes les démarches officielles pour faire aboutir son projet.

    En 1920, la Société Des Nations, suite aux accords de San-Remo, a mandaté la Grande-Bretagne pour aider les Juifs à organiser la renaissance de leur pays, en tant qu’Etat.

    C’est donc bien avant la Shoah !

    La Shoah n’a pas du tout été un moteur ou même un accélérateur de la renaissance de l’Etat juif, bien au contraire : quand est survenue la Shoah, les Britanniques (qui n’ont fait que trahir leur mandat depuis le début) ont tenté, avec leur livre blanc, d’empêcher l’immigration juive d’Europe qui fuyait le massacre perpétré par les nazis.

    Parler de l’enseignement de la Shoah comme une reconnaissance de l’Etat juif, établit un lien entre cet Etat et la Shoah, comme si l’Etat d’Israël avait été décidé par l’ONU après la Shoah (en 1947) alors qu’il a été décidé par les Juifs plus de 47 ans plus tôt, avec l’appui, ensuite, de la déclaration Balfour (1917) et de la SDN (1920). C’est donc une falsification historique de lier l’Etat d’Israël à la culpabilité des pays européens suite à la Shoah !

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