StreetConnecSion, Tel Aviv au rythme de ses rues, rue Yigal Alon

La rue Yigal Alon pourrait aujourd’hui servir de terrain idéal pour qui veut découvrir Tel Aviv un peu plus en profondeur, sortir du centre de la ville et des quartiers touristiques et balnéaires, pour se balader vers les vieilles industries et les nouveaux bureaux, les anciens et les nouveaux immeubles, les quartiers moins connus et moins réputés … et parfois un peu moins chers.

Grande rue, Yigal Alon est située derrière l’autoroute Ayalon, considérée à tort comme le bout de Tel Aviv à l’est. Yigal Alon est plus à l’est que l’autoroute, c’est un peu l’arrière de Tel Aviv. C’est une longue rue qui, depuis les bords de Ramat Gan au nord, traverse les quartiers Nahalat Yitshak, Bitsaron, puis Yad Eliyahou et la limite du quartier Ha Tikva, tous situés à l’est de l’autoroute Ayalon. Près de Givatayim, la rue Yigal Alon, arrière-cour de Tel Aviv et zone industrielle, laisse de plus en plus place aux nouvelles hautes tours de high tech qui continuent de pousser à Tel Aviv. C’est le long d’Yigal Alon que se trouve le nouveau pôle technologique de Tel Aviv où ont été installés récemment, dans la plus grande tour du coin, les bureaux israéliens du géant d’internet Google.

Le déplacement progressif de nombreux bureaux et centres de vie vers l’est de la ville pourrait constituer dans quelques années, la revanche posthume d’Yigal Alon sur Ben Gourion. Actuellement excentrée en effet, la rue de l’ancien général et homme politique Yigal Alon, opposant à la faction de David Ben Gourion au sein du parti travailliste, se recentre petit à petit.

Né en 1918 à Kfar Tavor au pays d’Israël et mort à Afula en 1980, Yigal Alon est un héros du combat de l’indépendance d’Israël, il fut l’adjoint puis le successeur d’Yitshak Sadeh à la tête du Palmah (unité d’élite de la Haganah) dans les années 1945-1948. Il fut ensuite plusieurs fois ministre, vice-premier ministre (1969- 1976), ministre des affaires étrangères (1974 – 1976), et même premier ministre intérimaire d’Israël après le décès de Levi Eshkol en 1969.
Sa famille, originaire de Roumanie, compta parmi les premiers pionniers de la ville de Rosh Pina en Haute Galilée et fonda en 1901 le village de Kfar Tavor où Yigal est né. En 1937, Yigal Alon fut aussi l’un des fondateurs du kibboutz Guinossar sur la rive nord du Lac de Tibériade, où il est aujourd’hui très agréable de passer quelques jours de vacances.

A la tête de trois brigades du Palmach pendant la guerre de 1948, Yigal Paikovitch devenu Alon, diriga entre avril et mai l’opération Yiftah (ou Jephté) et parvint à reprendre l’est de la Galilée et les villes de Tibériade et de Safed.

Juste avant la première trêve, il descendit au centre du pays comme adjoint du général David (Mickey) Marcus et diriga l’Opération Yoram. Secondé par Moshe Dayan, il diriga les combats contre la Légion arabe dans la zone entre Tel-Aviv et Jérusalem, puis, au cours de l’Opération Dani, parvint à reprendre Lod et Ramlé.
Après la guerre, son opposition à Ben Gourion l’empêcha de devenir chef de l’état major de Tsahal et dut se retirer de l’armée pour rejoindre le Mouvement coopératiste agricole « Ha’kibboutz Ha’meoukhad ». Rival de Moshe Dayan et de Ben Gourion, il fut presqu’à chaque fois le grand perdant de la popularité et finalement de l’Histoire. Les noms de Ben Gourion et de Moshe Dayan résonnent aujourd’hui plus clairement dans la tête des gens que celui d’Yigal Alon. Pour autant, il n’en eut pas moins un rôle primordial dans la formation et dans les premières années de l’Etat d’Israël.

Et aujourd’hui, à Tel Aviv, il pourrait bien revenir au centre de l’histoire grâce au développement progressif de la rue qui porte son nom : Yigal Alon.

Misha Uzan – pour Tel-Avivre –

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