StreetConnecSion, Tel Aviv au rythme de ses rues, Av Ibn Gvirol

La rue Ibn Gvirol (dite aussi Gavirol ou Gabirol) est l’une des plus grandes artères de Tel Aviv. Elle traverse presque toute la ville du nord au sud, depuis la rue Agnon et le parc Hayarkon jusqu’aux quartiers sud près de la rue Yehouda Halevy, croisant la plupart des grandes rues du centre de Tel Aviv : Rokach, Nordau, Jabotinsky, Arlozorov, Shaul Hamelech ou encore Eliezer Kaplan.

 

Les tel aviviens la considèrent souvent, peut-être avec Rothschild, comme la plus belle rue de la ville. A Tel Aviv, Dizengoff incarne un mode de vie, Rothschild incarne la prospérité, et Ibn Gvirol incarne … l’Europe. C’est sans doute la rue la plus européenne de Tel Aviv et les tel aviviens sont fiers de la comparer aux grands boulevards parisiens. La rue est plus large, plus espacée que la plupart de celles de Tel Aviv, elle est toujours animée, jour comme nuit, très fréquentée et très appréciée. On y trouve à peu près de tout, en particulier à manger. Shawarmas, pizzas, chinois, sushis, falafels organiques, supermarchés, discothèques, bars, centres commerciaux, grandes tours résidentielles, tout y est, rien ne manque à Ibn Gvirol. C’est un grand boulevard à l’européenne, une grande rue regroupant une image du monde avec une petite pointe de caractère israélien.

C’est là que se trouve également le bâtiment de la municipalité de Tel Aviv, depuis son déménagement de la rue Bialik dans les années 60. C’est un grand immeuble de forme rectangulaire à l’architecture assez originale. A ses pieds se trouve une grande place, très fréquentée par les tel aviviens. Ancienne place des rois d’Israël, elle est devenue la place Rabin suite à l’assassinat de l’ancien premier ministre d’Israël à quelques mètres de là. Un mémorial lui est dédié à l’endroit même de sa mort.

Photo by Miriam Alster/Flash90 l

C’est sur cette place que sont organisés la plupart des concerts et festivités de la ville : pour les fêtes de Simcha Torah, de Yom Atsmaout ou pour toute activité sportive, culturelle publique, ou artistique. Un gigantesque panneau trônant sur la place annonce chaque fois le prochain événement à suivre. Le bâtiment de l’entreprise Walla (équivalent de l’ancien Voilà!) se trouve aussi sur Ibn Gvirol. Enfin, la rue est également réputée pour le centre commercial Gan Haïr, qui fait figure de petites galeries Lafayettes, lieu huppé pour faire ses courses.

Européenne dans son style, la rue porte le nom d’un poète juif andalou du moyen-âge. Théologien et philosophe né en 1020 à Malaga et mort à Valence en 1058, Shlomo (ou Salomon) Ibn Gvirol a traversé l’Europe de l’Andalousie à Saragosse en son temps, mais aussi les siècles grâce à sa réputation, ses poèmes et ses chants. « Poète parmi les philosophes, philosophe parmi les poètes » disait de lui Heinrich Heine. On lui doit semble-t-il le poème Keter Malkhout, encore chanté de nos jours à Yom Kippour, ou encore le piyut (poème religieux) « Shachar Avakeshcha », qui fait partie du répertoire chanté par les juifs du Maroc et d’Afrique du Nord et est repris dans de nombreux rituels destinés aux juifs sépharades, notamment lors des jours de fêtes (Yom Tov).

Adepte de la philosophie néoplatonicienne, son œuvre la plus célèbre qui nous soit parvenue est Fons Vitae (Source de Vie, d’après Psaumes 36:10), écrite en arabe.

Son âme ressurgit peut-être aujourd’hui dans la rue qui porte son nom en ce que la mairie de Tel Aviv cherche à faire d’Ibn Gvirol une grande rue avec une touche spécifique, un caractère particulier, une âme, en somme un côté poétique, tout comme le poète Shlomo Ibn Gvirol.

Misha Uzan pour Tel-Avivre-

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