L’écho du café-psycho du 26 février dernier à Tel Aviv

Le débat de notre café-psycho, ce soir, risque bien d’être assez enflammé: Que veulent encore les femmes d’aujourd’hui ? Pour arracher leurs libertés, le combat des deux siècles précédents fut rude. Mais, à présent, elles ont le droit de vote, le droit d’avoir un compte en banque, de travailler sans demander d’autorisation et même le droit à l’avortement ! En occident, en tous cas, elles se sont émancipées des esclavages de leurs aînées qui ne faisaient pas d’études, ni religieuses, ni professionnelles et qui se soumettaient financièrement et souvent sexuellement aux hommes. Alors pourquoi se battent-elles encore ? Les féministes seraient-elles des femmes frustrées, haïssant les hommes ? Les campagnes #balancetonporc et #metoo sur les réseaux sociaux, ne seraient-elles plus qu’une campagne de délation servant des intérêts douteux ? Cette libération de la parole des femmes « abusées » semblerait même se retourner en son contraire !

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Je comprends parfaitement cette pétition qu’ont signée une centaine de femmes françaises déclarant qu’elles en ont « ras les bol ! » de cette campagne qui prend des allures de lynchage collectifs, nous déclare d’emblée une première dame en prenant le micro. N’est-ce un peu exagéré que des hommes soient sanctionnés alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses intimes lors d’un dîner professionnel, et cela, parfois, il y a des années ?

En effet, ces cent femmes prenant la défense de la « liberté d’importuner », déclarent que la drague, même un peu insistante, n’est pas un délit ! Il faut apprendre aux femmes, disent-elles, à avoir le courage, devant un frotteur du métro de se retourner et de lui dire « arrête, tu me déranges ! » et non pas entretenir la représentation de proie facile ou de victime. « Importuner », c’est gêner, casser les pieds mais ce n’est pas de l’ordre du crime ! Ces dénonciations vont trop loin, a même déclaré une écrivaine, il y aurait en Suède un projet de loi qui voudrait qu’avant tout rapport sexuel, il y ait un consentement explicite des deux parties. Alors maintenant on va signer un contrat devant un notaire avant d’aller baiser ! On en arrive à un vrai délire !

Il faudra donc remettre un peu d’ordre dans tout ça. Il y a eu, effectivement, trois grandes vagues de féminisme. La première, du temps d’Olympes de Gouges, à la révolution, revendiquait les droits de la femme au même titre que l’on revendiquait alors les droits de l’homme. La seconde, dans les années soixante-dix, faisait descendre les femmes dans la rue en brandissant des affiches « mon corps m’appartient ». La troisième, la plus moderne, s’attaquent aux préjugés et c’est, sans doute, comme le prédisait déjà Simone de Beauvoir, la confrontation la plus difficile. Et paradoxalement, ce sont les femmes, elles-mêmes, qui sembleraient les plus résistantes à ces changements de mentalités.

Je suis d’accord avec vous, déclare une caféisite, les femmes elles-mêmes ne comprennent rien aux combats des féministes ! Je me souviens d’un spectacle à la salle culturelle de Tel Aviv, s’adressant à un public religieux. Les femmes, dans la salle de spectacle, avaient été placées loin derrière tandis que les hommes bénéficiaient des meilleures places près de la scène. Les féministes qui avaient brandi des panneaux à la sortie où elles suggéraient à ces femmes de ne pas accepter cette injustice, se faisaient huer par les femmes religieuses et ces dernières crachaient sur les féministes… J’ai assisté à cette scène, renchérit son compagnon de table, je m’en souviens très bien. Je me disais, déjà à l’époque, que la confrontation directe n’est sans doute pas la meilleure méthode pour changer les préjugés. Je pense qu’il est maladroit de déclarer ainsi une guerre ouverte, comme le font ces mouvements de féministes radicales, souvent de gauche et engagées dans une lutte violente contre le patriarcat en tant que système de domination des femmes par les hommes. Cela monte les uns contre les autres, alors qu’en fait, c’est ensemble, hommes et femmes, qu’il faut lutter contre les inégalités…. Pour ma part, je ne suis pas sûre, nous dit une jeune femme, que ces provocations, comme les noms qu’elles se choisissent, « chiennes de gardes » ou « ni putes ni soumises », où les « femen » qui manifestent dénudées, soient une bonne stratégie. Souvent, on ne comprend même pas pourquoi elles choisissent ainsi la provocation, c’est contre-productif, à mon avis !

Moi je pense que cette pétition du « droit d’importuner » est complètement hors sujet, nous déclare une autre caféiste ! La campagne « balance ton porc » voulait redonner la parole à ces femmes qui ont subi des violences sexuelles et qui, souvent, se taisent pendant des années ou sont obligées de se taire. Comment ces cent femmes, célèbres et bien installées dans leur réussite bourgeoise, peuvent-elles ainsi tout mélanger ? Importuner, draguer ? Mais enfin ! On parle des violences faites aux femmes, pas des petits dragueurs de métro ! …. Un homme demande enfin le micro : Je pense que vous avez raison, madame, de vous indigner contre ces violences sexuelles. Mais il y a quand même des limites à ne pas dépasser. Moi, médecin, lorsque j’examine une patiente, je suis presque obligé d’avoir une infirmière avec moi, à chaque fois, de peur d’être accusé d’attouchement… Un autre participant se joint à la polémique. Moi, j’ai grandi au Maroc, et je n’ai jamais entendu les femmes de mon entourage, ma mère, ma grand-mère, mes sœurs, se plaindre d’abus sexuel ! C’est la participation des femmes à la vie publique, leur accès à l’éducation ou au marché du travail qui les ont plongées dans ce genre d‘ennuis. Je dirais même, avec Éric Zemmour, que le renforcement du pouvoir social des femmes est un obstacle à la séduction ! Désolé, mesdames, mais une femme PDG, ça ne me fait pas b…. ! Si la séduction est une sorte de rapport de force, c’est pour que l’homme y tienne son rôle de dominant !

Avec passion, un homme décide de continuer dans cette lignée : Je suis chirurgien et, excusez-moi, mesdames, il m’est arrivé de me dire en voyant une patiente nue « que cette femme est belle ! » Eh ben oui, je suis un homme. Et la sexualité des hommes est ainsi faite que l’érection peut se déclencher naturellement, physiologiquement. Cela ne veut pas dire que je dois passer à l’acte, mais c’est là, la différence, entre nous, nous sommes, au départ, tous des mâles. Et je dois aussi vous dire, que lors des consultations post opératoires, certaines femmes ne viennent pas avec les mêmes sous-vêtements ! … Le public féminin s’indigne. Je crois, excusez-moi messieurs, que vous ne comprenez pas de quoi nous parlons ! Nous ne parlions pas d’érection mais de viol, de violences faites aux femmes, je ne comprends pas le rapport que vos faites…

Décidément, ce débat déchaîne les passions ! Afin de baisser un peu la tension, le moment est sans doute venu de donner quelques explications sur le traumatisme causé par le viol. Combien de fois entendons-nous des hommes nous dire : est-ce vraiment si grave ? Après tout, un viol n’est pas un meurtre… En fait, c’est bien pire. Souvent les violeurs choisissent des femmes jeunes, parfois mineures et le décalage entre leur naïveté et la brutalité de l’acte violent provoquent une première « non réaction » que nous appelons la « sidération ». Une sorte de paralysie que l’on retrouve aussi chez l’enfant qui subit des violences parentales. C’est souvent une première culpabilisation : pourquoi n’ai-je pas bougé ou fui ? Une dame d’un certain âge m’avait un jour révélé qu’elle avait été victime à douze ans, d’un exhibitionniste qui ouvrit son imper et lui mit pratiquement son membre en érection dans la bouche. Elle finit par s’enfuir mais elle me confia que toute sa vie durant, elle continua de s’en vouloir de n’avoir pas fui toute de suite. Elle avait, en effet, été victime de sidération… D’autres femmes racontent que, même déjà adultes et capables de se défendre, elles ont subi des viols avec un couteau sous la gorge et sous la menace, elles furent forcées d’accomplir des actes d’humiliations dont je vous passe les détails… Oui, il faut le dire et le redire : les viols laissent des blessures psychologiques graves, de vrais traumatismes, entrainant sentiment de honte, de culpabilité et un manque de confiance en soi, en les autres et en la vie, qui sont des critères essentiels pour le développement normal. Et puis il y a aussi des comportements de défense pathologique : dépersonnalisation et dissociation du corps afin de se protéger des blessures graves… S’effacer soi-même, ne rien ressentir, refouler sa tristesse ou son dégout, et surtout garder son secret refoulé au fond de soi, sont des comportements de défense qui remettent en cause le droit à l’existence. Une femme violée, abusée, apprend à se taire, à se renier, à se couper de ses propres réactions par crainte de son agresseur. Elle finit souvent par être bien mal équipée pour faire face aux défis de la vie et accumule fréquemment les échecs en tous genres… Parfois aussi, le traumatisme du viol entraîne une vie sexuelle appauvrie ou au contraire la sexualité devient une recherche effrénée de satisfactions rapides.

Bref, les blessures et les séquelles subies par les victimes d’abus sexuels sont lourdes psychologiquement et souvent pour toute la vie. Car ces blessures atteignent les bases mêmes de la personnalité. Lorsque les victimes d’abus violents, n’ont pas entrepris de démarche personnelle pour comprendre et parler de ce qui leur est arrivé, elles sont souvent bloquées dans des situations d’échecs et de souffrance répétitives. La capacité de s’exprimer et de raconter les faits, peuvent être d’une grande utilité aux victimes d’abus violents sexuels ou autres.

Terminons par une note d’humour, nous dit une dernière caféiste pour conclure : Que ferions-nous sans les hommes ? … Nous serions obligées de domestiquer un autre animal !

par Eveline Goldstein pour Tel-Avivre –

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2 Responses to L’écho du café-psycho du 26 février dernier à Tel Aviv

  1. C’est de la philo ça ?
    Minable
    Article possédant des références mais hors corpus donc inadaptées.
    La philo avec comme exemple « une femme PDG » ne me fait pas b. : minable
    Retournez donc à l’école

  2. cest cafe psycho ou on debat de sujet de societe, la parole est donnee a chacun, ce que vous n apreciez guerre car vous etes d un niveau superieur… alos pouquoi, mon cher guy, perdre ainsi votre temps?
    eveline

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