Perspectives économiques américaines par Dov Zérah

Depuis la baisse du PIB en 2009 de plus de 2 %, consécutive à la crise des subprimes, l’économie américaine connait une exceptionnelle période de croissance : 3,8 % en 2010, 3,7 % en 2011, 4,1 % en 2012, 3,3 % en 2013, 4,2 % en 2014, 3,7 % en 2015, 3 % en 2016… En 7 ans, le PIB américain a augmenté d’un quart, et va dépasser les 19 000 Md$ avant la fin de l’année. Régulièrement se pose la question de savoir quand ce cycle prendra fin. Jamais, l’économie américaine n’a connu une période si longue de  croissance.

United States President President J. Donald Trump makes an announcement on the introduction of the Reforming American Immigration for a Strong Economy (RAISE) Act in the Roosevelt Room at the White House in Washington, D.C., U.S., on Wednesday, August 2, 2017. The act aims to overhaul U.S. immigration by moving towards a "merit-based" system. Photo Credit: Zach Gibson/CNP/AdMedia//ADMEDIA_adm_080217_Trump-Immigration_CNP_010/Credit:Zach Gibson/SIPA/1708030110

Le taux de chômage est à 4,2 %, niveau jamais atteint depuis février 2001.

Alors que les responsables attendaient la création en septembre, de 90.000 postes, 33.000 emplois ont été détruits à cause des perturbations provoquées par les ouragans Harvey et Irma dans le sud du pays, qui devrait aussi faire ralentir la croissance au troisième trimestre.
Cette situation est exceptionnelle malgré une hausse du salaire horaire moyen de près de 3 % sur un an, au plus haut depuis décembre 2016. Tout en diminuant les capacités de l’économie américaine à améliorer sa productivité, cela alimente une croissance estimée à plus de 2 % en 2017, et permettrait à l’inflation d’atteindre l’objectif de la Fed de 2%.
La poursuite du resserrement monétaire. Les opérateurs attendent la poursuite de la normalisation de la politique monétaire, et peut être une nouvelle hausse pour la fin de l’année, confortée par le dégonflement du bilan de la banque centrale américaine, la FED.
Cela devrait permettre de diminuer les dettes des agents économiques, ménages et entreprises, notamment celles opérant dans les activités énergétiques et connexes. Certains considèrent que la dette a atteint le niveau de 2008.
Cette situation est satisfaisante à un moment où la volonté du Président Donald Trump de remettre en cause la loi Dodd-Frank et d’accentuer la dérégulation financière risque de créer de nouvelles crises financières.
Le niveau du dollar s’explique notamment par le différentiel des taux d’intérêt et par les anticipations positives occasionnées par le volontarisme et les annonces du Président Donald Trump, notamment en matière fiscale et d’investissements publics. Certains opérateurs de marché voient le dollar à 1,23 pour un euro avant la fin de l’année, et à 1,30 avant fin 2018.
La réappréciation du dollar depuis peu et sa solidité ne peut qu’handicaper le rétablissement du commerce extérieur américain. Le déficit de la balance des biens et services s’est accru en 2016 et a dépassé plus de 500 Md$ ; il est le résultat d’un excédent d’environ de 250 M$ pour les services, alors que les biens accusent un déficit de 750 M$.
Ce déficit extérieur récurrent depuis 40 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2012. Il est principalement concentré sur la Chine pour près de 350 Md$, le Japon pour un peu moins de 70 Md$, l’Allemagne et le Mexique pour un peu plus de 60 Md$ chacun. Cette situation explique la volonté du Président américain de remettre en cause les accords de libre-échange. Mais il n’exclut pas de sanctionner les entreprises américaines qui délocalisent leurs activités en profitant du dumping social ou environnemental de certains pays.
Il est grand temps que les Etats-Unis trouvent les remèdes pour corriger ce déficit systémique, et cessent de vivre au-dessus de leurs moyens, en évitant la tentation protectionniste que les déclarations du Président Donald Trump font régulièrement craindre.
N’oublions pas que la concurrence favorise la baisse des prix tant pour les consommateurs que pour les investisseurs, ce qui alimente le revenu réel des ménages et la productivité des entreprises.
Le déficit extérieur est jumelé à un déficit public important et permanent depuis une vingtaine d’années. La dette fédérale dépasse les 100 % du PIB en 2012, et atteint les 107 % en 2017. Nous avons tous en mémoire les blocages entre le Congrès et le Président Barack Obama qui avaient conduit à la mise en chomage technoique de l’administration. C’est pourquoi, nombreux sont ceux qui sont sceptiques sur la capacité de l’Administration Trump à faire adopter par le Congrès ses mesures fiscales ou son plan de relance dans les infrastructures. Et l’échec de l’abrogation de l’Obamacare alimente les doutes.
Si le Président Donald Trump n’arrive pas à faire passer ses projets, cela aurait des effets sur la Bourse dopée jusqu’à présent par les promesses, et la croissance économique pourrait être cassée. Cette perspective s’inscrirait dans la détérioration d’un certain nombre d’indicateurs sont au rouge : effondrement des prix des véhicules d’occasion, faiblesse des ventes de voitures et des transactions immobilières, emballement des prêts immobiliers, fermeture des grandes surfaces, baisse de la fréquentation des restaurants, …
Si, en revanche, le Congrès retient tout ou partie des projets présidentiels, cela constituerait une accentuation du déficit fédéral, entrainerait une augmentation des taux d’intérêt, et pourrait alimenter l’inflation.
La nécessité de trouver un équilibre entre ces différents écueils constitue le défi auquel sont confrontées les autorités de Washington.
par Dov Zérah –
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2 Responses to Perspectives économiques américaines par Dov Zérah

  1. Un economiste a la francaise , cela ne donne rien , si ce n est de passer a la tele !
    Sceptique ou pessimiste pour les usa , et positif pour la france et l europe .Je regarde le resultat , chomage , precarite , productivite en baisse ( sauf a la tele ) le bilan economique sera catastrophique pour la france , du moins , ce qui l en reste !

  2. c’est trop long et je n’y comprends rien
    sauf que cela avait tellement l’air bien du temps d’Obama, sur le plan économique que l’on se demande pourquoi Trump a été élu pour l' »Amérique Great again »

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