Les cent jours de Trump par Dov Zerah

Au terme de ses 100 premiers jours passés à la Maison blanche, il est temps de dresser un premier bilan. Le moins qu’on puisse conclure est que, confronté à la réalité, Donald Trump a évolué sur de nombreuses promesses ou déclarations de campagne. Au cours de ses trois premiers mois, Donald Trump a promulgué 15 loi positives et 13 lois d’abrogations de dispositions arrêtées du temps de son prédécesseur. On est très loin du record de Franklin Roosvelt qui a fait adopter 76 lois sur la même période, et dont près d’un quart sont encore effectives. Au-delà de ce décompte purement comptable, indicateur d’une relative inefficacité, l’analyse de certains sujets démontre de véritables changements, voire retournements….
Photo by Avi Ohayon/GPO

Photo by Avi Ohayon/GPO

Donald Trump nous avait laissé entendre qu’il n’engagerait pas les Etats-Unis à l’extérieur. Or,

  • Donald Trump a immédiatement réagi à une attaque chimique conduite par l’armée de Bachar El Assad. On n’attendait pas Donald Trump sur un tel champ. Il a surpris tout le monde en faisant ce que Barak Obama n’avait pas osé. Son prédécesseur n’a pas traduit dans les actes quand le régime de Damas a franchi les lignes rouges qu’il avait lui-même définies, comme toute attaque chimique. L’absence de réaction de Barak Obama a laissé le terrain aux Russes qui s’y sont engouffrés.
Effet collatéral, alors que, durant la campagne, Donald Trump laissait entendre qu’il chercherait un accord avec Poutine, cette intervention a démontré que les fondamentaux de la relation entre les deux pays reprenaient le dessus sur toute velléité de rapprochement ou d’apaisement.
  • En réaction à la mort de marines en Afghanistan, Donald Trump envoie sur une zone tenue par les Talibans la bombe conventionnelle la plus lourde au monde et de tous les temps. Il a ainsi envoyé le message qu’il réagirait à toute atteinte aux intérêts américains.
  • Face aux gesticulations du dictateur nord-coréen, Donald Trump a envoyé son vice-président sur la ligne de démarcation, un groupe aéronaval aux larges des côtes coréennes, et clairement laissé entendre qu’il ne laisserait pas tout nouvel envoi d’un missile balistique sans réaction.
Dans son discours d’investiture qui a frappé les esprits, Donald Trump a annoncé « America is back », mais personne n’avait interprété ce mot d’ordre pour l’extérieur. Confronté à la réalité, à la protection des intérêts américains, Donald Trump est intervenu, et plus personne ne doute qu’il le refera.
Autre sujet de politique extérieure, les échanges commerciaux. Donald Trump nous avait laissé entendre qu’il renégocierait les principaux accords de libre-échange. Il a évolué sur :
  • La réunion récente entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping a débouché sur la mise en place d’un processus de discussions pour examiner tous les sujets commerciaux ou monétaires problématiques
  • Le secrétaire au commerce, M. Wilbur Ross, arrondit les angles avec le Mexique et laisse entendre une reprise des discussions avec les Européens pour la finalisation d’un accord de libre échange
  • En recevant le premier ministre Justin Trudeau, Donald Trump a assoupli, son discours sur le déséquilibre des échanges entre les deux pays
En politique intérieure, les résultats de Donald Trump sont mitigés :
  • Il n’a pas réussi à refondre le régime d’immigration
  • Il a fait abroger l’Obama care, mais il lui reste à construire un système de santé alternatif
  • Avec 32 décrets présidentiels, 22 mémorandums, et 20 proclamations, il a aboli de nombreuses réglementations relatives à l’environnement, la protection sociale ou l’activité bancaire…Il a supprimé les restrictions sur les pipelines ou les centrales à charbon…Il a gelé les embauches dans la fonction publique, au bémol du recrutement de 15 000 douaniers et garde côtes…
  • Les baisses d’impôt sont importantes, mais on est loin du choc annoncé.
Au total Donald Trump a compris que la réalité est complexe, difficile à appréhender, surtout compte tenu des interactions, et que les premiers cent jours ont permis de faire un atterrissage, avec plus ou moins de bonheur et de facilité.
Son premier déplacement en Arabie saoudite, en Israël, au Vatican, sa participation au sommet de l’OTAN et au G7 devraient confirmer le retour aux fondamentaux des intérêts américains.
par Dov ZERAH –
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