Israël, la mer à boire

La société israélienne IDE-Technologies s’est imposée comme leader mondial de la désalinisation de l’eau. Après avoir permis à l’État hébreu de conquérir son indépendance hydraulique, elle exporte son savoir-faire en Inde ou en Californie. Une expertise qui aiguise l’appétit d’investisseurs chinois.

Le secrétaire américain de l’Énergie, Ernest Moniz, a arpenté les lieux en avril 2016. Quelques mois plus tôt, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, avait effectué la même visite. Et depuis trois ans, on ne compte plus le nombre de délégations d’experts chinois ou indiens qui se rendent aux abords de la plage de Palmachim, sur le littoral israélien, pour observer de plus près un labyrinthe de pompes, de réservoirs, de filtres et de moteurs…

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Nous sommes en banlieue sud de Tel-Aviv, sur le site de Sorek, la plus grande usine au monde de désalinisation par « osmose inverse ». La méthode la plus en pointe actuellement pour faire boire de l’eau de mer. Avec une production journalière de 624 000 m3, Sorek fournit 20% de l’eau potable d’Israël et approvisionne 1,5 million de personnes. Vitrine technologique du pays, au coeur de l’installation sortie de terre en 2013 : un vaste hangar où près de 50 000 membranes poreuses, enfermées dans des cylindres verticaux blancs, filtrent l’eau sous haute pression et rejettent les cristaux de sel dans la mer. Le résultat se mesure un peu plus loin, autour d’un simple robinet, flanqué d’un distributeur de gobelets en carton. C’est là que le visiteur est invité à goûter une eau qui a été pompée quarante minutes plus tôt à 2,5 km de distance, à un kilomètre au large, avant d’être acheminée par des tuyaux souterrains géants.

AU SECOURS DE LA CALIFORNIE ?

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« À l’échelle mondiale, nous produisons chaque jour 3 millions de mètres cubes d’eau, à un prix défiant toute concurrence », explique posément Miriam Faigon, directrice des opérations au sein du groupe israélien IDE-Technologies, l’opérateur de Sorek. Ici, un algorithme propriétaire permet d’identifier les heures du jour et de la nuit où la désalinisation coûte le moins cher en électricité. Le coût de revient moyen est de 0,54 dollar par m3. « Récemment, poursuit l’ingénieure, nous avons même apporté notre expertise à la Californie ! »
Une allusion directe à l’inauguration, fin 2015, du site de Carlsbad (près de San Diego), la plus grande usine de désalinisation de l’hémisphère nord. Construite en dix-huit mois par IDE en association avec son partenaire américain Poseidon Water, après dix ans de tractations, l’usine doit aider la région à faire face à une situation de sécheresse devenue catastrophique. Israël au secours de la Californie ? Le scénario n’est pas si étonnant : depuis quelques années, l’État hébreu – un pays désertique à 60% où chaque goutte économisée compte – est devenu un modèle en matière hydrologique.
Le savoir-faire de ses entreprises spécialisées en gestion de l’eau, IDE en tête, est de plus en plus reconnu. Témoin : le nombre de récompenses que reçoit à intervalles réguliers le champion israélien de la désalinisation. IDE-Technologies s’est hissé en août dernier au second rang du classement annuel des « cinquante entreprises qui changent le monde » du magazine Fortune, juste derrière le géant pharmaceutique GlaxoSmithKline. En 2016, la société installée à Kadima, à 70 km au nord de Tel-Aviv, figurait pour la seconde année consécutive dans le Top 20 mondial des entreprises innovantes de la MIT Technology Review.

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2 Responses to Israël, la mer à boire

  1. Dans les années 60 au chili des experts envoyes par le gouvt français travaillaient sur ce sujet plein d avenir.A suivre pour bien des pays qui souffrent de la secheresse.Le bon sens…

  2. ramonn' vs ramonn'

    il faut également fournir en eau de mer les palestiniens, de l’eau doit couler de leurs robinets, de l’eau oui, mais de l’eau salée.

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