Vingt ans après la Shoah, l’ONU, qui 20 ans plus tôt avait reconnu la légitimité de l’État d’Israël, déféra à la demande du président égyptien Nasser de retirer ses casques bleus du Sinaï. Ces forces de L’ONU avaient été stationnées à la suite de la Campagne du Sinaï de 1956, consécutive à la nationalisation du Canal de Suez par Nasser. L’Égypte et la Syrie étaient alors équipées de 5 milliards de dollars de quincaillerie par les soviétiques qu’on n’allait pas laisser rouiller quand même ! (5 milliards de dollars en 1967, c’est presque 100 milliards en 2015…). Trois pays arabes s’apprêtaient à commettre ce que Raymond Aron appela un « étatcide » sur un peuple de rescapés de l’enfer dont le monde entier se souciait alors bien moins que nos grands humanistes ne le font actuellement des palestiniens qui phagocytent 7% de l’aide humanitaire planétaire…

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Alors Israël décida qu’un pays moins grand que la Bretagne ne pouvait pas se permettre de faire la guerre sur son propre territoire et prit l’initiative d’une attaque vers l’Égypte qui la priva en une heure du moyen de causer la ruine…Et puis Israël riposta aux attaques syriennes venues des casemates du plateau du Golan. Véritables villes à flan de montagnes d’où on avait une vue plongeante sur Israël, équipées de tant d’armement qu’à l’issue de la guerre les camions militaires de l’armée mettrons 6 mois à les ramener en faisant des allers-retours 24/24…

Les « territoires » à présent

Ces « territoires » s’appelaient la Cisjordanie et Israël était si peu désireux de se les approprier que lorsque la Jordanie a attaqué, ce sont trois sommations que Moshe Dayan adressa au roi Hussein avant d’engager le combat.
À ce moment, Israël avait détruit 300 des 340 Migs égyptiens, mais ne diffusait aucun communiqué à la radio (la TV n’apparut en Israël qu’en 1968) tandis que la radio égyptienne était euphorique sur l’écrasement d’Israël dans le Sinaï. Et Israël brouillait les diffusions radio. L’armée jordanienne (commandée par un égyptien) attaqua Israël car elle présuma qu’Israël avait été défaite dans le Sinaï.
Le saillant le plus à l’ouest de la Cisjordanie était à 15 km de la mer et Israël comprit alors que les Jordaniens avaient pour but de couper Israël en deux. Alors optant pour l’idée chère à Golda Meir selon laquelle il est préférable de recevoir des reproches que des condoléances, Israël décida que le roi Hussein méritait qu’on lui rentrât dans le chou… Et voilà comment les « territoires » sont passés sous l’autorité d’Israël…

À aucun moment dans cette guerre ni dans la suivante de Kippour, les états arabes n’ont fait la moindre mention de la cause palestinienne. Avez-vous seulement l’ombre de la naïveté de penser que les Arabes auraient cédé aux va-nu-pieds palestiniens un pays que ses habitants avaient épanoui en 20 ans plus que personne ne l’avait fait en 20 siècles ?
Pendant les 20 ans que la Cisjordanie fut sous la domination du roi Hussein, il y eut très peu de revendications d’un état palestinien. Et pour cause : les salles de tortures de la police jordaniennes sont légendaires. Human Rights Watch a publié il y a encore quelques années, un terrifiant document de 100 pages sur ce qui s’y passé.

L’état palestinien n’est devenu un enjeu que dès lors que les pays arabes ont compris qu’ils ne seraient jamais plus en mesure de vaincre militairement Israël. Ils décidèrent donc qu’à défaut d’un peuple, les palestiniens seraient désormais un fusible, et se débarrassèrent du même coup d’un bâton merdeux.

Et « Septembre noir », cela vous dit quelque chose ? Cet épisode se passa en septembre 1970 lorsque Hussein de Jordanie eut vent d’un projet des palestiniens de Jordanie de renverser la monarchie avec la complicité de la Syrie. Il ne fit aucune sommations lui. D’après certaines estimations c’est un carnage de 10 000 morts et de 110 000 blessés que son armée commit…« Le sang sèche vite en entrant dans l’Histoire. » chantait Jean Ferrat.

Et aux dernières nouvelles, le secrétaire général de l’ONU considère que « l’usage excessif de la force apparente par les forces de sécurité israéliennes » est « troublant ».

Pour être à la fois aussi amnésique, cynique et crétin il faut vraiment avoir fait des études longues.

par Schlomoh Brodowicz pour Tel-Avivre –

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