Holon, le 26 janvier.

Ma chère petite soeur.

Il paraît que le traité sur la tolérance de Voltaire est redevenu un best-seller dans la France de Charlie. Et nous savons bien que quand la France sort ses vieux penseurs du placard, c’est que l’heure est grave…

Plus grave encore qu’on ne pense.

Parce que Voltaire, c’est la France à lui tout seul. Humaniste, brillant, libertaire, teigneux, vindicatif et surtout profondément, viscéralement antisémite. Tout cela ensemble. Sans qu’aucun élément ne contredise aucun autre.

C’est ça probablement le vrai génie français. Tout et son contraire. Le chaud et le froid. Le bien et le mal. Le rire et les larmes.

Oui, oui, je pèse mes mots. La France c’est tout à la fois le panache de Cyrano et la méchanceté indigne de la Fichini qui fit les malheurs de Sophie, c’est la noblesse immense de la Princesse de Clèves et la noirceur tordue de l’immonde Folcoche, la merveilleuse bonté de l’évêque de Digne qui redonna à Jean Valjean confiance en l’âme humaine et la cupidité obscène des Thénardier qui martyrisèrent Cosette.

La France, réunit jusqu’au génie l’esprit lumineux et la stupidité crasse.
Il faut assumer. La France, c’est tout ensemble la résistance et la collaboration.

dr jekyll

Assez bizarrement, ceci n’est pas enseigné aux enfants de France. Ne m’a pas été enseigné en tout cas. Je l’ai découvert toute seule dans mon coin et d’abord, je n’ai pas su quoi en faire. Je me suis sentie humiliée, trahie.

Je me souviendrais toujours du voyage au bout de la nuit de ce fumier de Céline. J’avais trouvé le livre sur des rayonnages amis. Je suis entrée dedans avec ravissement. J’ai aimé Bardamu, j’ai aimé Céline. Je pensais avec émotion que j’étais en train de lire le plus grand texte jamais écrit contre la guerre et la folie des hommes.

Je n’en étais pas à la page 80 que Pauvert l’éditeur décida de rééditer l’intégralité de l’œuvre de Céline. Et là… Scandalissime scandale. Car œuvre intégrale, ça voulait dire aussi les pamphlets antisémites. Dont le journal le Monde publia généreusement de larges extraits.

Que j’ai lus.

Mamma mia.

C’était tellement ignoble que j’en ai eu la nausée. Mais vraiment. Je crois même que j’ai vomi. Le voyage était fini pour moi. J’ai refermé le livre. Je n’ai pas voulu faire un pas de plus avec Bardamu. Je me sentais souillée, trompée, meurtrie.
À Luchini qui jouait le voyage au théâtre, on demanda, cela ne vous gêne-t-il pas d’entraîner derrière vous la jeunesse d’aujourd’hui sur les traces d’un salaud auquel ils s’identifient sans leur dire qui il était ? Et Luchini répondit, l’écharpe frémissante, mais c’est le passé là, ça suffit, il faut regarder devant.

Je n’ai jamais lu la fin du voyage. Je n’ai jamais pu. C’est con.
Le fait est que si j’avais eu droit en préface à une biographie honnête de l’auteur, j’aurais lu le livre. En conscience. Et je l’aurais probablement adoré. Mais je l’aurais lu avec ce recul qui m’a accompagnée par exemple à la lecture de Daudet. Sans m’impliquer. Je ne sais pas.

Je parle de Céline, mais il n’est pas le seul, loin de là. Tiens, je suis tombée dernièrement sur un recueil de Verlaine que je ne connaissais pas. C’est un truc qu’il a écrit après son emprisonnement, Rimbaud, son péché magnifique, l’avait laissé tomber comme une vieille chaussette, il allait mal, le pauvre chéri, très très mal. Et il l’explique en vers puisqu’il est poète.

« Je suis dur comme un juif et têtu comme lui,

Littéral, ne faisant le bien qu’avec ennui,

Quand je le fais, et prêt à tout le mal possible. »

Tu as bien lu. Le type des « sanglots longs des violons de l’automne ».

C’en est désespérant. Et puis en même temps, c’est dans l’obscurité la plus compacte que la lumière brille le mieux, non ?

Malgré tout ça, avec tout ça, je me sens, je suis si française. C’est ce que je m’efforce de partager avec mes étudiants israéliens de l’Université ouverte. Cette dualité magnifique qui a fait de la France le pays qu’elle est. Avec sa géniale constitution et ses contradictions méprisables. Ses héros et ses salauds. Ses envolées et ses trahisons. Son courage et sa lâcheté. Sa grandeur et sa bassesse.
Sa constance dans l’erreur aussi.Son humanité en un mot.

Avec ces Israéliens qui viennent partager avec moi l’amour de la France je me désole qu’à l’heure de ressortir Zola et Hugo, on ait incompréhensiblement ressorti Voltaire dans un de ses pires écrits. Ah Voltaire. Son chapitre sur les Juifs… Sais-tu que Berk en français se dit Ikhhhsss en hébreu ?

Voltaire, Voltaire… Jean-Marie de son prénom… Pas à dire, du grand art. Avec Moïse et ses crimes. Combien déjà ? 23000 hommes qu’il a tué à mains nues, j’exagère à peine, parce qu’ils adoraient le veau d’or, puis encore 24000 je ne sais plus pourquoi, je refuse de retourner vérifier. C’est bien simple, c’était juste avant qu’il ne décrète la mort de tous les premiers nés. Oui oui, tu as bien lu. Pour Voltaire qui n’avait pas vu le Prince d’Égypte, c’est Moïse qui a décrété la mort des premiers nés. Ce sont des citations d’Evangile en plus. Livre d’Ezequiel paraît-il. Plus bien sûr tous ces malheureux que nous immolions gaiement puisque les sacrifices humains, c’est notre nature. Et le vaillant philosophe de s’exclamer avec une espèce d’ironie macabre : « Quel peuple ! »

Ah ce n’est pas pour rien que Jésus a choisi de naître chez nous. Pour bien en chier, il fallait qu’il naisse au pire endroit possible, vois-tu ?

Nul doute que ce texte que personne à ma connaissance n’a encore remis en cause, bordel, personne ne l’a donc lu ?!, va faire avancer le débat.

On est content ou pour citer notre mère, « ça va aller, chérie, c’est pas grave… »

par Victoria – Un Cerf-Volant sans fil – Tel-Avivre –

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20 COMMENTS

  1. Chère Madame,
    De quel chapitre sur les Juifs parlez-vous au sujet de Voltaire? S’agit-il « Des Juifs depuis Saül » dans « L’Essai sur les mœurs »? Si c’est le cas, les chiffres avancés par Voltaire sont ceux qu’il trouvait dans la Bible, et non pas des chiffres inventés par lui! Il n’affirme pas que Moïse a égorgé « à mains nues » 23000 juifs, mais que les « Lévites » égorgent 23000 juifs, etc. Voir: http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome11.djvu/138
    Dans ce texte, Voltaire fait de la « critique » biblique non comme spécialiste, mais contre la manière dont ses contemporains faisaient de l’Histoire, en prenant la Bible au sens littéral (voir par exemple Bossuet). Dès lors, pour en faire voir l’absurdité, il relève chapitre après chapitre tous les massacres présentés comme perpétrés au nom de Dieu. Voltaire ne prend pas cela au sérieux, et c’est précisément ce qu’il cherche à dénoncer. Évidemment, de tels passages lus hors contexte aujourd’hui font contresens, car voilà bien longtemps que les historiens ne croient plus que les textes bibliques soient à lire littéralement… Et pour cause, Voltaire et d’autres comme lui, ont amené à relativiser de ce point de vue la lecture qu’on en faisait jusqu’alors… Ce que vous nommez « antisémitisme » est un « antijudaïsme » vétérotestamentaire, qui ne vise pas les Juifs modernes et « réels », mais la manière (aux yeux de Voltaire fantaisiste) dont les Juifs sont présentés dans la Bible. Un croyant peut lui reprocher ses « blasphèmes », car il s’amuse des données glanées au cours de ses lectures bibliques, mais pas un « antisémitisme », d’ailleurs anachronique dpour le XVIIIe siècle.

  2. Cher Pascal,
    Pourquoi diable voudriez vous que je sois allée chercher le chapitre des « Juifs depuis Saül » dans « l’essai sur les mœurs » de Voltaire quand nous parlons du « traité de la tolérance » ? Je sais bien que nombre d’imbéciles se comportent ainsi aujourd’hui qui manipulent les chiffres et les mots pour illustrer leurs propos mais de grâce, faites moi l’amitié, même si nous ne nous connaissons pas de ne pas douter de mon honnêteté. Je vous assure que je cite bien le « traité sur la tolérance » en rupture de stock dans nombre de librairies françaises que je suis allée consulter à nouveau juste pour vous. Puis-je me permettre de vous en conseiller la lecture, elle est libre sur internet et édifiante hélas ? Vous y pourrez vérifier que je suis très en deçà de la réalité, j’ai carrément omis de citer par exemple, notre penchant avéré pour le viol des jeunes filles nubiles entre autre joyeusetés.
    Tenez, je cite, si vous voulez, chapitre XII, « En effet, les Juifs immolaient des hommes à la divinité,… Ezéchiel même leur promet, pour les encourager, qu’ils mangeront de la chair humaine…. On ne trouve, dans toute l’histoire de ce peuple, aucun trait de générosité, de magnanimité, de bienfaisance;… »
    Et le fait que tout ceci, je vous le concède, ne soit cité que pour exposer que si les pires des pires ont été capables de tolérance, alors tout un chacun peut l’être aussi, « mais il s’échappe toujours, dans le nuage de cette barbarie si longue et si affreuse, des rayons d’une tolérance universelle », ne me console en aucune façon. Pouvez-vous me comprendre ?

  3. Hélas, non, je crains fort de ne pouvoir vous comprendre. Excusez-moi de vous avoir demandé de préciser la référence exacte des passages qui vous choquaient, car, de fait, Voltaire évoque dans plusieurs de ses ouvrages l’accumulation des morts et des carnages relevés au fil de la lecture de l’Ancien Testament, et des commentateurs de la Bible, et des « historiens » de son temps ou qui le précèdent. N’ayant pas attendu que des attentats soient récemment commis pour m’intéresser à Voltaire, j’avais en tête plusieurs passages qui pouvaient « coller » avec ce que vous évoquiez sans précision (le « Dictionnaire philosophique portatif » m’était aussi venu à l’esprit, outre l’« Essai sur les mœurs et l’Esprit des nations » ou le « Traité sur la tolérance », et d’autres possibilités encore). Mais peu importe le détail concernant la bibliographie. Revenons à l’essentiel : je ne puis vous comprendre, car après avoir parcouru à ce jour à peu près tous les textes écrits par Voltaire, je parviens moins que jamais à comprendre la plupart des jugements catégoriques et définitifs qui fleurissent depuis des années sur la toile, et moins encore leur multiplication depuis vingt jours, dès lors qu’ils émanent de gens qui s’emportent contre telle citation en l’isolant de l’ensemble de l’œuvre qui la contient, comme si elle était le cœur même de cette œuvre, voire le cœur de tout ce qu’a pu écrire Voltaire durant sa longue vie. Tel ne conserve que des « miettes » qui l’arrangent, pour voir en Voltaire une sorte d’oracle ou de saint moderne, tel autre au contraire pour se permettre en toute bonne conscience de condamner tous ses textes, combats et pensées, réduits ainsi à quelques lignes, voire à quelques pages d’extraits tirés de plusieurs dizaines de milliers. Et si je ne comprends pas cela, c’est non seulement pour une question de méthode, mais aussi de présupposé ; condamner soudain Voltaire en bloc au nom de telle citation isolée revient à agir envers ses œuvres comme envers un texte sacré, détenteur d’une Vérité dictée par Dieu, autrement dit comme envers les livres qui fondent des religions monothéistes. Ainsi les nouveaux « exégètes » de Voltaire pratiquent-ils (sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisant de la prose ?) exactement le même type de lecture que celle qu’appliquait ce même Voltaire (après et avant d’autres) à la Bible : il cherchait les contradictions, la lisait « littéralement », décontextualisait pour faire apparaître l’absurdité de l’accumulation des crimes, etc., et ce simplement pour justifier son opinion, selon laquelle elle était œuvre humaine et non divine. Or, excusez-moi de vous l’apprendre si vous l’ignoriez – ce qu’à Dieu ne plaise je ne crois pas –, Voltaire n’était qu’un homme, inscrit dans son temps et écrivant ses œuvres de « combat » avant tout pour ses contemporains, ou plutôt contre certains d’entre eux. Ses adversaires n’étaient pas les Juifs, quoique vous sembliez en dire, mais l’intolérance érigée en loi dans une monarchie absolue « de droit divin », autrement dit dans la théocratie qu’était la France catholique des héritiers de louis XIV. Dans ce contexte, Voltaire n’eut de cesse de faire accepter un jour l’idée qu’on pût ne pas être catholique, et que chacun pût être ce qu’il voudrait en matière de foi ou d’absence de foi (catholique, protestant, orthodoxe, hindouiste, musulman, juif, etc., mais aussi théiste, déiste, athée, voire agnostique – quoique le terme n’existât pas encore au XVIIIe siècle).

  4. Au temps de Voltaire, les gens d’Église qui lisaient ses œuvres n’étaient d’ailleurs choqués que par ce qu’ils prenaient pour un anticléricalisme, voire un anticatholicisme, amalgamant les croyants sincères, charitables et tolérants parmi eux avec les fanatiques visés par l’auteur. Il n’y avait pas grand monde (sauf, et on le comprend, un Juif « éclairé » comme Isaac Pinto) pour s’offusquer d’un quelconque « antisémitisme » qui ne renvoyait à aucun concept de l’époque – le mot n’existait pas. Et pour cause : les préjugés contre les Juifs étaient partagés par une grande partie de la population, reposant notamment sur un double reproche : les Juifs étaient vus comme responsables de la mort du Christ, et comme ayant eu le grand tort de ne s’être pas convertis au christianisme après cet événement. Or, Voltaire, loin d’initier ou d’excuser ces préjugés, les renvoyaient à ses contemporains. Si vous vous plongez dans les livres d’histoire écrits par des auteurs chrétiens d’avant Voltaire, comme Bossuet, vous y verrez successivement une admiration du peuple juif perçu comme seul digne de Dieu jusqu’à l’avènement du Christ, puis un retournement à partir de l’ère chrétienne. Voltaire se proposait de faire de l’histoire un peu plus « sérieusement », c’est-à-dire en arrêtant de penser que le meilleur livre d’histoire était la Bible. Il s’intéresse aux civilisations à côté desquelles passaient ces prédécesseurs, comme celle des Chinois par exemple, qu’on intégrait très peu jusqu’alors dans les « histoires universelles » qu’on prétendait pourtant écrire. Et il opère un renversement total de perspective en relevant tous les passages qui lui paraissaient scandaleux dans l’Ancien Testament, et donc dans le christianisme : « Le christianisme est fondé sur le judaïsme ; voyons donc si le judaïsme est l’ouvrage de Dieu », annonce-t-il dans l’« Examen important de milord Bolingbroke » ; « Nous avons les juifs en horreur, et nous voulons que tout ce qui a été écrit par eux et recueilli par nous porte l’empreinte de la divinité. Il n’y a jamais eu de contradiction si palpable », remarque-t-il dans l’article « Salomon » en désignant par le « Nous » tous les chrétiens qui opéraient la distinction entre « bons Juifs » de l’Ancien testament, et « mauvais Juifs » modernes (auxquels, comme vous le savez, des papes avaient imposé le port de la rouelle, dont on avait fait les victimes de pogroms), Juifs modernes que lui-même montrait volontiers comme malheureuses victimes de l’Inquisition (je vous renvoie à « Candide » par exemple). Si la Bible pour Voltaire était synonyme de superstitions (miracles, etc.), de mœurs en contradiction totale avec les prétendues croyances de ses héritiers (polygamie de Salomon, etc., voire pratiques anthropophages dans ses textes les plus polémiques), de fanatisme enfin (il ne pouvait ou ne voulait comprendre qu’un peuple se prétendît seul élu par Dieu, ni qu’on perpétrât quelque massacre que ce fût au nom de ce même Dieu), il n’énumère toujours la liste, parfois longue, et souvent répétitive, de ses « griefs » que pour terminer sur l’idée qu’il faut « pourtant » tolérer les Juifs autant que tous les autres non catholiques. La citation précise du « Traité sur la tolérance » se fait en deux temps, puisque, comme vous le remarquiez dans la réponse que vous m’avez adressée, Voltaire prétend d’abord que les Juifs furent abominables, puis il opère un reversement en notant leur capacité à tolérer ; si vous croyez que c’est le cœur du « Traité », je comprends votre indignation, mais c’est à tort que vous semblez le croire, et je ne comprends pas que vous puissiez lire ces lignes indépendamment du contexte : Voltaire donne les Juifs en exemple aux catholiques qui se croient supérieurs à ces mêmes Juifs – qu’ils dénigrent et parfois même ont conduits à la mort –, catholiques qui permettent pourtant des affaires Calas. Le cœur du « Traité sur la Tolérance » n’est pas « Voltaire et les Juifs », mais l’intolérance catholique qui fait force de loi en France depuis la Révocation de l’Édit de Nantes, et, à partir d’elle, toute intolérance de la part de croyants à l’égard de ceux qui ne partagent pas la même foi. Reprochez-vous à cet homme du XVIIIe siècle de s’être trompé de stratégie ? Non, à moins que je ne me trompe, ce qui est toujours possible, après tout ; mais, sauf erreur de ma part, il me semble que vous lui faites plutôt un procès d’intention. Et c’est sans doute encore une chose que je ne puis comprendre. Voltaire n’était qu’un homme, et se moquait tant des gens à système ou à idoles qu’il rirait sans doute beaucoup de ce qu’on cherchât à pratiquer sur ses textes le même type d’examen que lui sur les textes « sacrés » : me voilà revenu au point de départ…

  5. Pour finir, je reviendrai sur un tout autre point : la manière dont vous parlez de Zola. Il me semble que vous procédez à son sujet par un raccourci exactement contraire à celui opéré pour Voltaire. Zola partageait les mêmes préjugés sur les Juifs que l’écrasante majorité de ses contemporains (Verlaine, etc.) – la bêtise nous guette hélas tous toujours, Français ou étrangers, catholiques, juifs, athées ou juifs ! De Zola, je vous invite à lire ou relire « L’Argent » par exemple, pour y découvrir le personnage du Juif sur lequel il manque rarement d’ironiser. Et pourtant, il me semble que la grandeur de Zola, c’est d’être parvenu à passer outre les préjugés qui l’animaient quand il fut enfin convaincu – non sans mal – de l’ignominieuse injustice commise à l’égard de Dreyfus. C’est l’affaire Dreyfus qui lui a appris la tolérance… Sa grandeur fut d’avoir su être soudain plus lucide que la plupart de ceux qui, parmi ses contemporains, pouvaient faire entendre leur voix. C’est exactement ce qu’était Voltaire au XVIIIe siècle : non un saint, non un ange, non un être infaillible écrivant sous la dictée du Verbe ni de l’Esprit saint, mais un homme cherchant à agir contre certains des abus de son siècle. Le lire comme s’il était notre contemporain, c’est possible pour certaines de ses œuvres assez « littéraires » pour avoir une portée universelle et intemporelle (c’est le cas de ses plus célèbres contes), mais cela pose problème en revanche pour tous les textes de combat, qui exigent, pour être compris, aussi la lecture des contemporains de Voltaire et de ses prédécesseurs (historiens, apologètes et exégètes). Il n’est donc guère étonnant que le « Traité sur la Tolérance » donne lieu depuis une vingtaine de jours à toutes sortes de réactions « à chaud » et d’ailleurs très discordantes entre elles, après la (re)découverte qu’en font soudain ces quelques dix mille lecteurs nouveaux, que Voltaire n’intéressait pourtant guère depuis un bon moment, et qui s’y plongent comme s’il venait d’écrire son traité en réaction aux assassinats des 7, 8, et 9 janvier derniers. Mais ainsi va la mode (et peut-être le monde)…

    Voilà quelques-unes des raisons qui me conduisent à ne pas vous comprendre. Pardonnez-moi de ne pas savoir le faire. Et bien cordialement malgré tout, car ne pas se comprendre n’empêche pas de se savoir frère humain.

  6. Erratum!
    Lire dans le deuxième message du jour:
    « (auxquels, comme vous le savez, des papes avaient imposé le port de la rouelle, et dont on avait fait les victimes de pogroms) »

    Lire dans le troisième message du jour:
    « catholiques, juifs, athées ou déistes »

  7. bonjour
    je vous propose cet article
    http://www.sculfort.fr/articles/etoes/18e/voltaire/antisemite.html
    je n’ai pas lu les textes de Voltaire pour participer à votre échange
    cependant
    Peut-on critiquer l’histoire de groupes humains décrits dans l’ancien testament comme violents et il semblerait qu’il le fut … en y associant un sens qui n’est paru que bien lus tard et ne correspond pas à la situation initiale (racisme antisémitisme anti juif )?
    Restons dans les contextes
    Ne faut-il pas plutôt montrer comment le commun des mortels ne s’approprie que « du sens » qui pourrait argumenter une situation actuelle qu’il faut certes dénoncer
    Argumenter par des faits précis et dans le meme contexte me semble important pour sortir de l’obscurantisme et de cette information réinterprétée sans cesse et à grande vitesse sur la toile par exemple
    suggestion
    je suis effarée de voir comment les mots peuvent être vidés de leurs sens premiers
    utilisés comme des armes pour ou contre
    si on commençait à argumenter ?
    L’Ancien Testament vous l’évoquez bien
    existait-il des groupes qui s’affrontaient au nom d’un dieu ?
    S’entretuaient-ils au nom d’un Dieu ?
    Ces groupes de personnes étaient des Hébreux habitants de
    avec quelles autres populations
    donc pour un Dieu (seul le mot est commun) on s’entretuaient …
    Que dénonce Voltaire ?

    La tolérance …
    Comment contenir des barbares de tous bords sans être soi même un barbare et vivre ensemble …
    aujourd’hui

  8. Cher Pascal
    Merci de vos commentaires éclairés. Vous essayez de me convaincre que Voltaire était un esprit supérieur et brillant ? Mais je n’en doute pas une seconde. Vous dites qu’il n’était pas antisémite puisque la notion n’existait pas encore ? Je peux l’entendre. Son intelligence n’avait pas encore admis que la perversion de l’église se cachait aussi dans ses écrits fantaisistes. Certes, certes.
    Mais ce n’en est pas moins son livre que l’on ressort aujourd’hui avec ces citations-là. Permettez moi de redouter tout d’abord que les lecteurs d’aujourd’hui n’aient pas tous votre érudition. D’autant que la notion d’antisémitisme non seulement existe aujourd’hui, mais qu’elle est chaque jour plus inimaginablement élargie par des incultes jamais en mal d’inspiration.
    Notez bien. On ne peut pas obliger les gens à nous aimer, ni même leur interdire de ne pas nous aimer. Mais. Pour une raison que j’ai du mal à m’expliquer, la haine que nous inspirons est assassine et elle s’accompagne incompréhensiblement d’une petite nostalgie douce des bûchers, roues, croix, pogromes et autres fours.
    Tout ce qui d’une façon ou d’une autre peut conforter un imbécile dans sa conviction qu’il est légitime d’envisager d’attenter à la vie de mes enfants m’est tout simplement insupportable et ressortir ce texte de Voltaire aujourd’hui dans le contexte est à mon sens dangereux et irresponsable. Je persiste et je signe.
    Me comprenez-vous mieux ?

  9. Cher Pascal
    Merci de vos commentaires éclairés. Vous essayez de me convaincre que Voltaire était un esprit supérieur et brillant ? Mais je n’en doute pas une seconde. Vous dites qu’il n’était pas antisémite puisque la notion n’existait pas encore ? Je peux l’entendre. Son intelligence n’avait pas encore admis que la perversion de l’église se cachait aussi dans ses écrits fantaisistes ? Certes, certes.
    Mais ce n’en est pas moins son livre que l’on ressort aujourd’hui. Permettez moi de redouter tout d’abord que les lecteurs d’aujourd’hui n’aient pas tous votre érudition. D’autant que la notion d’antisémitisme non seulement existe aujourd’hui, mais qu’elle est chaque jour plus inimaginablement élargie par des incultes jamais en mal d’inspiration.
    Notez bien. On ne peut pas obliger les gens à nous aimer, ni même leur interdire de ne pas nous aimer. Mais. Pour une raison que j’ai du mal a m’expliquer, la haine que nous inspirons est assassine et elle s’accompagne incompréhensiblement d’une petite nostalgie douce des bûchers, roues, croix, pogromes et autres fours.
    Tout ce qui d’une façon ou d’une autre peut conforter un imbécile dans sa conviction qu’il est légitime d’envisager d’attenter à la vie de mes enfants m’est tout simplement insupportable et ressortir ce texte de Voltaire aujourd’hui dans le contexte est à mon sens dangereux et irresponsable. Je persiste et je signe.
    Me comprenez-vous mieux ?

  10. Décidément, chère Victoria, je dois être très bête ou très obtus, mais je ne vous comprends toujours pas. Car, tout d’abord, je ne cherche pas à vous convaincre que Voltaire était un « esprit brillant et supérieur », affirmation pour moi, veuillez m’en excuser, aussi péremptoire que vide de sens ; je ne sais pas ce que pourrait être un « esprit brillant et supérieur » ; il me semble que l’intelligence humaine a tant de formes, et de limites aussi, que je suis bien incapable de décider si certains humains pourraient être qualifiés de « supérieurs » dans ce domaine. Mon but n’était pas de vous vendre Voltaire, mais seulement de vous amener, si possible, à reconsidérer les propos développés dans votre billet, écrits à partir d’un extrait qui semblait vous avoir choquée et amenée à disqualifier du tout au tout le sens de l’ensemble du « Traité sur la tolérance » ou du combat mené par Voltaire au XVIIIe siècle contre le fanatisme. J’y avais vu une réduction considérable du sens, de même que résumer Voltaire sous l’étiquette « esprit brillant et supérieur » me semblerait une caricature aussi dangereuse, visant à gommer les aspérités du personnage. Il ne s’agit pas d’aimer ou de détester Voltaire, il s’agit d’essayer de comprendre son texte, du moins quand on décide de le lire ou relire, comme vous veniez de le faire ; il s’agit d’éviter les lectures décontextualisées, hâtives, et pourtant catégoriques.

  11. Vous craignez de pareilles lectures de la part de gens qui pourraient y voir l’occasion d’alimenter leur antisémitisme. Mais permettez-moi de douter tout d’abord que les acheteurs récents de ce texte soient dans leur majorité antisémites. Il me semble que c’est bouleversés par les récentes conséquences, en France, du fanatisme religieux, que ces nouveaux lecteurs ont acquis cet ouvrage. Le fanatisme visait non seulement des dessinateurs auxquels les assassins reprochaient leurs productions « blasphématoires », mais aussi des clients d’un magasin casher, sans épargner non plus les « victimes collatérales ». À part quelques partisans de telles des théories du complot qui ne manquent pas de supposer que tout cela a été organisé par des Illuminati ou encore des sionistes, sans compter d’autres hypothèses tout aussi farfelues, la majorité des gens ont bien compris que des Juifs comptaient ici parmi les victimes directement visées de ces assassinats ; et j’ai tendance à douter que les partisans des théories du complot soient les nouveaux lecteurs du texte de Voltaire. Ils rejettent en général les auteurs consacrés par les siècles, les prenant pour des partisans du « Nouvel ordre mondial »…

  12. Mais quand bien même certains commettraient des contresens et puiseraient dans le texte de Voltaire de quoi alimenter leur antisémitisme (comme le fit un collaborateur notoire en France, en 1942, qui pratiqua l’anachronisme, le raccourci, la compilation d’extraits décontextualisés et s’adonna à d’autres manipulations, pour tenter d’annexer Voltaire à son camp alors au pouvoir), ce n’est pas une raison pour commettre le contresens inverse, qui revient paradoxalement à s’allier avec ce type de faussaires. La seule manière de lutter contre les lectures partisanes et déformantes de gens « malintentionnés » n’est-elle pas de tenter de lire soi-même les textes au plus près, et d’éviter tout raccourci ? J’ai en fait la faiblesse (?) de penser que les êtres humains qui s’efforcent de saisir les détails de la pensée d’un homme mort depuis plus de deux-cents ans en se gardant bien de le juger sur un seul de ses extraits, voire de le juger tout court, ne font pas partie de ceux qui ont la nostalgie des buchers ou des pogroms… D’aucuns tuent des Juifs sous prétexte qu’ils sont Juifs ou des gens qui dessinent des caricatures sous prétexte qu’elles saliraient leur prophète mort de longue date. Est-ce une raison pour condamner Voltaire en bloc, au motif précisément qu’il caricaturait volontiers, lui aussi, et les prophètes et les « héros » de l’Ancien testament ? Ne serait-ce pas faire le jeu des nostalgiques des autodafés ?

  13. Dans « Candide », si Pangloss et son disciple sont arrêtés, c’est « l’un pour avoir parlé, et l’autre pour avoir écouté avec un air d’approbation » ; en même temps qu’eux sont arrêtées trois personnes, destinées au bûcher ; parmi elles, « deux Portugais, qui en mangeant un poulet en avaient arraché le lard », comprenons deux Portugais juifs ; mais Voltaire préfère la périphrase ironique qui rend encore plus absurde et insupportable l’exécution évoquée plus bas, car elle met en lumière la mince différence, ou plutôt l’absence de différence fondamentale entre ce genre de Portugais et les autres, ce qui disqualifie tous les prétextes invoqués par ceux qui les brûlent ; les condamnations à mort ne dépendent plus que d’une histoire de lard mangé ou non… Ceux qui ont la nostalgie des bûchers déconseilleraient probablement la lecture d’un pareil passage, et, à dire vrai, il est des gens qui la déconseillent, à l’heure actuelle en France. Voltaire suscite des polémiques à nouveau…

  14. Je vous invite à voir par exemple, ce genre de chose: https://www.youtube.com/watch?v=g-GLjo7ND-s
    Vous y constaterez que la stratégie de la personne (qui multiplie d’ailleurs sur internet les vidéos allant dans le même sens) qui attaque ici Voltaire vise à faire oublier le sens de son combat pour la tolérance en disqualifiant des passages de son texte écrit à propos de l’affaire du chevalier de la Barre. Or, cela se fait au mépris total par exemple de l’ironie voltairienne : voyez dans la deuxième partie de la communication comment sont lus les extraits dans lesquels Voltaire cherche à susciter l’indignation de son lecteur en parlant du « plaisir » des juges faisant donner la torture, ou de la « curiosité » de leurs femmes. La conférencière s’emporte, lit tout « au pied de la lettre », comme si un texte argumentatif avait vocation à être un livre d’histoire. Au-delà de Voltaire, elle essaie de disqualifier l’école : elle se garde bien, d’ailleurs, de préciser que le cours du CNED qu’elle dénonce est un cours sur « l’argumentation », sur les « registres satirique, polémique et oratoire » (comme on peut le vérifier aisément, puisqu’il est gratuit et en ligne). Si elle le précisait, en effet, on pourrait lui reprocher de décontextualiser l’œuvre, de ne pas la lire en fonction de son genre (de type argumentatif visant à persuader), mais d’un autre (historique, visant à la vérité), et donc d’intenter un procès d’intention contre Voltaire. Mais, de fait, c’est ce qu’elle fait, en même temps qu’elle s’en prend à l’école républicaine et ici et dans de nombreuses autres vidéos… C’est pourquoi j’espère que tous les gens de bon sens et attachés à un certain nombre de valeurs, dont la tolérance envers tout type d’opinions religieuses et même d’absence d’opinion de ce genre, préféreront éviter de s’adonner à toute lecture réductrice, que ce soit des œuvres de Voltaire, de Zola, ou de tout autre, notamment quand cet autre fait aussi partie de la liste de ceux que les siècles ont consacrés comme globalement attachés à des idées allant dans le sens de ces valeurs (cela ne veut pas dire qu’il faille lire leurs textes comme sacrés et non sujets à la critique ; mais critique et réduction ou caricature ne sont pas synonymes).

  15. Pour finir, je reviens sur ce passage de votre commentaire, si vous me le permettez : « Tout ce qui d’une façon ou d’une autre peut conforter un imbécile dans sa conviction qu’il est légitime d’envisager d’attenter à la vie de mes enfants m’est tout simplement insupportable et ressortir ce texte de Voltaire aujourd’hui dans le contexte est à mon sens dangereux et irresponsable. Je persiste et je signe. »

  16. Quand vous parlez du fait de ressortir ce livre aujourd’hui, je ne comprends pas vraiment cette formulation, qui laisserait à penser que quelqu’un de mystérieux (plus haut vous employiez à ce sujet l’indéfini « on ») a décidé de « ressortir » le « Traité sur la tolérance » « aujourd’hui ». Or, ce sont les « lecteurs » qui ont soudain épuisé les anciens stocks de cet ouvrage qui mènent à sa réimpression, et si 10 000 d’entre eux ont dans un premier temps pu aisément se procurer une édition, c’est qu’elle se trouvait déjà chez les libraires ; Gallimard avait « ressorti » le texte dans la collection Folio en 2003, J’ai lu, dans la collection Librio en 2013. Cela signifie que cet ouvrage fait partie de ceux de Voltaire que des nouveaux lecteurs découvraient encore régulièrement de nos jours, même s’ils étaient moins nombreux en moyenne que depuis les attentats commis voici trois semaines. Ces lecteurs sont précisément des gens qui lisent les auteurs anciens, et doivent a priori plutôt chercher à se cultiver qu’à demeurer « imbécile ». J’ai tendance à penser qu’une partie de ces acheteurs plus réguliers sont aussi des élèves ou étudiants auxquels leurs professeurs doivent, je suppose, apporter des compléments historiques autant que des méthodes de décryptage des registres, etc., pour leur permettre de saisir le sens du texte, et ce dans le but précis de leur « apprendre à lire » tout texte en pensant à le remettre dans son contexte. Lutter contre l’inculture ne se fait pas en interdisant la lecture des livres du passé. Cela se fait au contraire en l’encourageant. Qui lirait davantage Voltaire et ses contemporains ferait moins de contresens. Le « Traité sur la tolérance » ne s’intitule pas « Des juifs », contrairement à un autre texte de Voltaire. Et que ce soit le « Traité sur la tolérance » qui se soit retrouvé aujourd’hui en rupture de stock me paraît plus encourageant que si ça avait été cet autre texte, autrement centré sur les figures de l’Ancien Testament. Les lecteurs (sauf exception) vont chercher des idées pour penser mieux la tolérance, non pour lutter contre elle. La conférencière dont je vous parlais plus haut fait en revanche plutôt le contraire. S’il faut choisir son camp, le mien est tout choisi. J’aime mieux la culture, les lectures précises qu’on parvient de mieux en mieux à pratiquer à mesure qu’on les multiplie, mais aussi l’histoire, celle des peuples, des idées, des sciences et celle de la littérature, car j’aime ce qui nous apprend à mieux connaître et accepter la pluralité des opinions et des coutumes. Plus on apprendra à la connaître et à la faire connaître à ses enfants, plus on fera lire de livres d’histoire, mais aussi de textes de Voltaire, plus on a de chances qu’ils n’oublient pas tout ce que le fanatisme a pu engendrer comme horreurs au fil des millénaires.

  17. Cher Pascal.
    Vous avez mille fois raison. La culture nous sauvera. Le délire paranoïaque qui m’envahit parfois m’a une fois de plus égarée. Mais c’est plus fort que moi, je réclame votre indulgence. Mes crises sont de plus en plus violentes ces temps-ci. Il m’arrive même de craindre, vous n’allez pas me croire, que des jeunes gens qui ont été scolarisés à l’école de la république et ont probablement peu ou mal écouté les professeurs dont vous me rappelez à juste titre la mission sont susceptibles de m’attendre avec une mitraillette entre les rayons petit pois et carottes de mon supermarché. Pire, je les vois même entrer dans l’école de mes enfants, les saisir par la queue de cheval et leur coller une balle dans la tête. Une horreur. Je reprends mes cachets et nous en restons là, voulez-vous ?

  18. Hélas, on n’est jamais à l’abri de voir des jeunes gens pourtant jadis scolarisés se transformer un jour en tueurs. Mais la différence entre notre république, aussi imparfaite soit-elle, avec le temps de Voltaire, c’est que l’intolérance même était inscrite dans la loi de la théocratie française du XVIIIe siècle. Même si nul d’entre nous ne peut être certain qu’il ne trouvera pas une mitraillette braquée sur lui un jour, dans une rue ou ailleurs, la transmission de textes et de valeurs visant à établir la liberté de presse, d’opinion, et à ne pas reconnaître, en revanche, le blasphème comme un délit, sans être la panacée, vise au moins à ne pas laisser rétablir un jour un régime dans lequel on pourrait mettre légalement à mort des gens parce qu’ils sont juifs, ou catholiques, ou musulmans, ou protestants, ou hindous, etc., ou encore tziganes, handicapés, dessinateurs caricaturistes, policiers ou mécréants ou que sais-je encore. La culture ne nous sauvera peut-être pas. Mais l’inculture nous perdra certainement plus rapidement encore… Cependant, comme vous dites, restons-en là, je veux bien. Merci pour vos réponses, Victoria. Et bien à vous.

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