Le boom de l’Alyah française, tout le monde en parle. La presse française, la presse israélienne et la presse franco-israélienne. Impossible d’ignorer ce phénomène notamment à Tel Aviv, qui pour la première fois depuis de nombreuses années, semble se hisser dans le peloton de tète des villes de destination de cette Alyah en 2014..

Alors, comment la municipalité gère-t-elle ce phénomène, est-il suffisamment significatif pour que des actions spécifiques pour favoriser l’intégration soient mises en œuvre ?

C’est au Café du musée d’Art Moderne de Tel Aviv que nous avons rendez-vous avec Eytan Schwartz, et Nicole Koskas, de la municipalité de Tel Aviv pour aborder ces sujets.

Eytan Schwartz est conseiller du maire de Tel Aviv en charge des relations internationales et de l’intégration des communautés dans la ville, Nicole Koskas, est depuis le mois d’août dernier, la première responsable de projet intégration des olim francophones à Tel Aviv.-

eytan et nicole

Tel Avivre : Eytan, il y un an et demi environ, vous aviez organisé une conférence avec les différentes associations francophones et la presse pour présenter la politique d’intégration des olim « occidentaux » de la municipalité pour les années à venir. Vous aviez évoqué, alors, la nécessité de réactualiser cette politique face à une nouvelle vague d’Alyah.

Eytan Schwartz : En effet, pendant longtemps les subventions obtenues du ministère de l’Alyah et de l’intégration et les actions menées étaient concentrées sur deux communautés : la communauté russe et la communauté éthiopienne. Ces communautés représentaient alors la majorité des nouveaux immigrants de la ville et présentaient des problématiques et challenges spécifiques.

Aujourd’hui la donne est différente puisque la majeure partie des olim viennent de pays occidentaux.

Nicole Koskas . Sur ces cinq dernières années, 60% des nouveaux immigrants sont francophones ou anglophones. Ce sont les chiffres officiels.

Eytan Schawrtz : En fait, nous avons pris conscience de l’émergence de ce phénomène avant que les premiers chiffres ne tombent et confirment la tendance que nous avions observés. De manière empirique, quand on vous invite une fois à un shabbat à la grande synagogue de Ben Yehuda auquel assistent deux cent olim francophones et anglophones, vous vous dites la première fois que c’est « une curiosité », un épiphénomène. Quand cela se produit plusieurs fois par mois avec des événements très différents les uns des autres, vous vous dites que c’est une tendance qui émerge et donc une nouvelle réalité qu’il faut intégrer, comprendre et gérer pour la valoriser.

Tel Avivre : Concrètement comment cela se traduit-il ?

Eytan Schwartz. Concrètement, en partenariat avec le ministère de l’intégration, nous avons doublé l’équipe du département intégration de la municipalité. Trois responsables de projet intégration ont été nommés, un responsable de la communauté russe, un responsable de la communauté anglophone et depuis le mois d’août Nicole nous a rejoint comme responsable de la communauté francophone.

En parallèle, nous avons développé les moyens permettant de faciliter l’intégration des olim avec par exemple la mise en place de session d’oulpan d’hébreu supplémentaire ou d’oulpan d’hébreu professionnel.

A court terme, notre objectif est de créer un centre communautaire des olim résident internationaux, un lieu unique de rencontre et de réponses aux questions.

Tel Avivre : Nicole, vous avez fait votre alyah il y a près de 15 ans, Le fil conducteur de votre parcours professionnel en Israël est l’aide aux olim francophones : Responsable de l’emploi à la chambre de commerce Israël France, puis au service économique de l’Ambassade de France pour développer les partenariats France-Israël, plus récemment vous avez travaillé avec la Mairie de Jérusalem sur l’emploi et les visites d’entreprise.
En tant que responsable de projet intégration des olim francophones à Tel Aviv quels vont être vos principaux domaines d’intervention ?

Nicole Koskas : Mon premier domaine d’intervention est directement lié a la prise en compte du boom de l’alyah française et des premières difficultés auxquelles font face tous les nouveaux immigrants : les premiers pas dans le système administratif israélien. Il peut y avoir un fossé culturel entre les institutions françaises et israéliennes. J’invite donc tout nouvel immigrant à me contacter pour toute question relative au bitouah leumi, koupat holim, arnona, inscription dans les écoles, etc..

Mon deuxième axe d’intervention se concentre sur les projets à mettre en œuvre pour les olim de France. Oulpan professionnel, projets permettant de faire sienne la culture israélienne avec des projections de films israéliens sous titrés en français par exemple, développer le soutien scolaire pour les enfants, interfaces entre parents et corps enseignants dans les écoles israéliennes.

Mon dernier objectif est le développer des partenariats actifs avec les institutions et associations afin de transmettre de l’information aux OLIM et mettre en œuvre des groupes de networking pour favoriser la création de réseaux et un meilleur tissu de socialisation. Nous œuvrons également pour la mise en place de groupes de discussions en hébreu. Concernant l’orientation professionnelle, plusieurs dispositifs existent tant pour les salariés que pour ceux qui veulent se lancer en tant qu’entrepreneur.

Nous avons créé un groupe et une page facebook sur laquelle nous publions tous les événements, infos qui nous paraissent intéressants et utiles pour les OLIM francophones.

Israël est une nouvelle opportunité de se réinventer et l’alyah offre la possibilité d’apporter sa valeur ajoutée à l’Etat d’Israël.

Eytan Schwartz : L’alya francophone est un vrai rêve sioniste qui se réalise, parce que c’est une alyah choisie et non pas subie.

A la mairie, tout le monde est très touché par ce phénomène et nous en sommes très fiers.

Jusqu’en 1948, Tel Aviv était un centre d’immigration, un tiers des olim vivaient à Tel Aviv puis naturellement avec le développement d’Israël, d’autres lieux ont attiré les nouveaux immigrants.
Pour nous, le fait que Tel Aviv redevienne une destination d’alyah est une preuve du succès du développement de la ville.

Tel Avivre  Merci Eytan et Nicole de nous avoir accordé cet interview.

Contact Nicole : [email protected]
FB  Olim Francophones de Tel Aviv

retrouvez toute les semaine sur Tel Avivre la sélection de Nicole Koskas des bons plans de la mairie de TLV

propos recueillis par Nina Sitbon  pour Tel-Avivre-

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3 COMMENTS

  1. bonsoir. Je suis une femme âgée (76 ans) j’ai fait mon alyah il y a 33 ans et avec le recul, je sais, par expérience, qu’une alyah réussie passe par le désir de venir vivre en Israël, non pas parce qu’on veut quitter une société dans laquelle on ne se sent plus bien ou encore en sécurité mais parce qu’on sent au plus profond de soi que le moment est venu de faire le grand saut et de réaliser : « l’an prochain à Jérusalem ».

    Je n’ai pas grand chose à offrir car à cause de ma santé, je ne me déplace que rarement mais par contre, je serais heureuse d’être un contact, une oreille attentive en cas de besoin.

    Dans le cas où mon commentaire intéresserait quelqu’un, vous pouvez donner mon adresse mail en prenant la précaution, en cas de réponse, de mettre en objet « Alyah » car je n’ouvre pas le courrier que je ne connais pas.

    Si j’ai l’impression de pouvoir être utile, je donnerai mes coordonnées téléphoniques pour pouvoir faire plus ample connaissance. Amicalement

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