Un accord de réconciliation a  été signé en début de semaine entre les factions palestiniennes rivales du Fatah et du Hamas pour former un gouvernement d’union dans les prochaines cinq semaines. C’est un geste pour le moins inattendu autant par les américains que par les israéliens qui ont, tous deux, condamné l’accord. Et pour cause, le Hamas est considéré comme une organisation terroriste par Israël mais aussi par les Etats Unis.

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U.S. President Obama walks down Cross Hall with Israeli PM Netanyahu and Palestinian President Abbas to make joint statements at the White House

Mahmoud Abbas promet aujourd’hui aux Nations Unis que le prochain gouvernement  de coalition entre le Fatah et le Hamas reconnaîtra l’existence de l’Etat d’Israël. En dépit des promesses d’Abbas, Netanyahu, de son coté, refuse de parler avec un gouvernement palestinien soutenu par des terroristes car peut-être se rappelle-il, comme nous, que six tentatives d’accord depuis sept ans entre les frères ennemis palestiniens n’ont jamais abouti. Le Hamas a fait main basse sur  Gaza en 2007,  laissant Abbas régner sur quelques parties de la Cisjordanie. Les deux parties se sont depuis enracinées dans leurs territoires et n’ont jamais réussi à s’accorder sur quoi que ce soit.

Quoi qu’il en soit et selon un communiqué de presse des Nations Unies, le président palestinien Mahmoud Abbas aurait fait la promesse aux représentants de l’ONU, jeudi, que le gouvernement d’unité avec le Hamas respectera les principes de non-violence et la reconnaissance de l’Etat d’Israël comme convenu entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) dans les Accords d’Oslo. Robert Serry, le coordonnateur des Nations Unies dans le processus de paix au Moyen-Orient assure que le nouveau gouvernement d’unité qui se créera dans les cinq prochaines semaines se serait déjà engagé à des relations pacifiques avec Israël.

Après six heures d’une longue réunion avec son cabinet de sécurité, jeudi, le Premier ministre Netanyahu a annoncé qu’Israël suspendait les négociations de paix et allait mettre en oeuvre  des sanctions économiques contre l’Autorité palestinienne en Cisjordanie : « Ce qui s’est passé est un grand pas en arrière pour la paix»,  a déclaré M. Netanyahu. « Tant que je serais Premier ministre d’Israël, je ne  négocierais pas avec un gouvernement palestinien soutenu par des organisations terroristes engagées dans la destruction d’Israël ».

Hanan Ashrawi, membre du Comité exécutif de l’OLP  a répliqué dans une interview à la BBC : «Je ne vois pas pourquoi Netanyahu ou même l’Amérique  nous dicterait notre politique ».

Pendant ce temps les responsables américains ont déclaré, jeudi qu’ils n’étaient pas encore prêts à renoncer aux pourparlers de paix en cours qui doivent prendre fin le 29 Avril. Le secrétaire d’État des États-Unis, John Kerry, a commenté les faits avec une phrase dont il a le secret : « Il y a toujours une possibilité d’avancer, mais chacun doit faire des compromis, sinon la situation deviendra très difficile ».  « Nous n’abandonnerons jamais notre espoir sur les possibilités de paix » a ajouté Kerry. «Nous croyons que c’est la seule façon d’avancer ».

De son coté, Barack Obama, suggère une pause dans les négociations puisque « Israéliens et les Palestiniens ont montré un manque de volonté dans ces  pourparlers » a-t-il déclaré lors d’une conférence avec le président de la Corée du Sud. Obama a également qualifié  l’accord de réconciliation entre l’Autorité palestinienne et le Hamas d’ « inutile » et a terminé en disant : « Dois-je m’attendre à ce que Israéliens et Palestiniens  fassent des compromis la semaine prochaine, le mois prochain ou même au cours des six prochains mois?  Non ».

En conclusion, beaucoup ont raison de penser que Mahmoud Abbas, seul n’engage que lui, et  ne peut pas signer un accord qui s’appliquerait sur la bande de Gaza. Tout accord avec Abbas ne s’appliquerait qu’à la Cisjordanie. Par conséquent beaucoup d’israéliens doutent de la valeur pragmatique d’un tel accord, en d’autres termes, comment les  tirs de roquettes sur Israël cesseront-ils après la signature d’un accord de paix avec l’actuelle Autorité Palestinienne. D’autre part, le Hamas, condamné aujourd’hui par l’Égypte, se trouve pour le moins fragilisé dans son autorité,  et a intérêt  à accepter des compromis pour garder le pouvoir dans la bande de Gaza et plus généralement sur les territoires palestiniens. Alors faut-il forcement suspendre les négociations immédiatement ou attendre de savoir si ce rapprochement peut être une opportunité pour avancer vers des négociations plus solides…

par Dan Amselem pour Tel-Avivre –

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