La coalition a profité de l’absence de l’opposition pour voter en faveur d’une loi controversée à la Knesset. Grace à cette loi, le gouvernement peut difficilement être renversé.  La loi rehausse le seuil électoral permettant aux partis d’entrer à la Knesset et contient d’autres mesures qui  améliorent la stabilité du système politique israélien.Une loi qui vient à point nommé, puisque, pas plus tard que cette année, les partenaires de la coalition avaient menacé de « renverser le gouvernement israélien » si le Premier Ministre acceptait la demande territoriale des palestiniens, dans le cadre du processus de paix en cours.

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Mardi matin, après plusieurs mois placés sous le signe des tensions, la coalition et l’opposition ont approuvé une loi sur la gouvernance en deuxième et troisième lecture de la Knesset.

Les 120 législateurs ont été appelés un par un, chacun devant faire part de son vote à voix haute. La loi fondamentale et la loi électorale ont remporté 67 voix, avec aucune voix contre et aucune abstention.

Alors quelle est la teneur de cette loi ?

Selon cette loi, le gouvernement peut difficilement être renversé d’une part et il est difficile de déposer une motion de censure d’autre part : Un moyen pour le parlement de montrer sa désapprobation quant à la politique du gouvernement en le contraignant à démissionner, si nécessaire. Les pouvoirs politiques du gouvernement, sont très étendus en Israël. En plus de s’assurer du pouvoir executif de l’État, il peut agir dans tous les domaines non dévolus par la loi à une autre autorité.

D’autre part, la loi  réduit le nombre de ministres à 18  et de sous-ministres à 4, à l’exception des ministres sans portefeuille (un ministre sans responsabilités ou administrations spécifiques).

Et en quoi consiste la loi électorale ?

Elle élève le seuil d’éligibilité à 3,25%, ce qui équivaut à 4 sièges. Par ailleurs, la loi électorale annule « la loi Mofat », qui donne la possibilité à 7 Membres de la Knesset de se séparer de leur parti pour en rejoindre un autre. Il convient de se rappeler que sur les trois partis arabes, aucun n’a  atteint le seuil de 3,25 % lors des dernières élections.

« Je félicite le public israélien qui pourra dorénavant compter sur des gouvernements plus stables et plus fonctionnels. a déclaré le Ministre des finances  israélien et Président du parti Yesh Atid, Yair Lapid. À titre d’exemple, Israël a connu 16 gouvernements en 60 ans, un record d’instabilité encore jamais atteint. Ces nouvelles mesures ont largement été soutenues par la coalition qui accuse l’opposition « d’hypocrisie ». En effet, le Ministre des affaires étrangères et Président du parti Yisrael Beiteinu Avigdor Liberman, a directement adressé une critique au Président de l’opposition Isaac Herzog: « Tous ces gens qui se soucient de la démocratie israélienne, parlaient autrefois d’augmenter le seuil d’éligibilité pour ne pas que des factions éphémères intègrent la Knesset ».

Autre critique avancée, l’absence de l’opposition qui a été perçue par la coalition comme un comportement anti-démocratique. Le membre de la Knesset, David Rotem, issu du parti Yisrael Beiteinu pense d’ailleurs que l’opposition savait d’avance qu’elle allait perdre. Il poursuit: « Quand on se revendique en faveur de la démocratie, on doit se soumettre aux règles qu’elle nous impose ».

Trois lois doivent être votées cette semaine mais l’opposition ne votera pas

Le vote de la loi sur la gouvernance coïncide avec le vote de la  loi sur le service militaire des haredim, qui sera au programme mercredi et la loi sur le référendum, soumise au vote mercredi soir et jeudi. L’opposition a clairement annoncé qu’elle boycotterait le vote des trois projets de loi, qui auront pourtant une influence majeure sur la société israélienne. L’opposition accuse en effet la coalition de vouloir faire approuver des lois à la Knesset par le biais de la force.

par Elsa Benaiche pour Tel-Avivre –

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