Emmanuel est médecin à l’armée. Elie quant à lui est combattant. Ils sont tous les deux frères et il y a un an, lors de l’Opération Pilier de Défense, leur sœur aînée se mariait. Se trouvant tous les deux au front ils ne pouvaient pas se rendre à la cérémonie. Découvrez le tournant qu’a finalement pris cette soirée si particulière et revivez l’histoire de ces deux soldats qui reflète l’atmosphère qui pesait sur le pays pendant l’opération.
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Emmanuel et Elie enlaçant leur sœur à son mariage

L’Opération Pilier de Défense a marqué les esprits en raison de l’ambiance pesante qui régnait dans le pays et de la peur qui était palpable. Il y a un an, les sirènes retentissaient dans les villes du sud d’Israël mais pour la première fois depuis la guerre du Golf en 1991, les sirènes se sont propagées jusqu’à Tel-Aviv. Les miklats (abris) ont alors étés ré-ouverts dans la panique et la métropole a été plongé dans le silence et la frayeur durant plusieurs jours. Au delà de tout ça, il est important de garder en mémoire que chaque soldat de Tsahal avait des parents, des frères et soeurs, des cousins, des amis qui l’attendaient à la maison tremblant durant chaque seconde de l’Opération Pilier de Défense. Chaque soldat, chaque citoyen israélien a une histoire ou une anecdote à raconter sur cette opération.

 

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Le 4ème jour de l’opération, le 18 novembre, ne résonne avec rien d’autre que peur et anxiété pour la majorité des civils israéliens. Pour la famille Zrihen, c’est bien plus que ça. Alors que les deux frères Zrihen se préparent à la guerre à la frontière de Gaza, leur sœur aînée s’apprête à se marier. L’émotion est à son comble durant la journée des préparatifs, un mélange d’excitation, de bonheur mais aussi de tristesse et de déception à la pensée qu’Elie et Emmanuel ne pourraient être présents au mariage.

En effet, le matin-même, Emmanuel et Elie ont chacun envoyé un message disant qu’ils attendaient désormais l’ordre pour rentrer dans Gaza, qu’ils pensaient fort à toute la famille, qu’ils feraient attention à eux et qu’ils ne voulaient “entendre parler que de larmes de joies”. À cette époque, leur devoir était de protéger chacun des soldats et civils, mais leur désir était de se rendre à la cérémonie.

“Il est très difficile de se concentrer sur sa mission quand il y a d’autres choses qui se déroulent dans votre tête et encore plus difficile d’être à deux endroits à la fois.”

Tandis que les mariés et leurs proches étaient en route vers la salle, les radios annonçaient que des roquettes tombaient et que les sirènes se mirent à retentir au même moment. Très rapidement, chaque invité présent au mariage pris conscience du moment particulier auquel il assistait. Deux frères manquaient à l’appel, en plus de nombreux invités qui avaient été rappelés pour devoir de réserve.

“Ça ne se passera pas ce soir Emmanuel. Tu as 15 minutes pour trouver ton frère, prends les clés de ma voiture et rendez vous, toi et ton frère, au mariage de votre sœur. On se voit demain matin, félicitations”.

 

Ces simples mots du commandant de la base dans laquelle l’unité Nahal se trouvait ont rendu la soirée inoubliable pour la famille Zrihen.

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Emmanuel, médecin du bataillon 931 de la brigade Nahal, se souvient : “sur le coup, je n’ai pas vraiment réalisé, je n’ai pas voulu partir et laisser mes soldats. Le rôle de mes soldats est de veiller sur Israël et ses civils, le mien est de veiller sur eux.” C’est après que ces derniers aient insisté que Emmanuel a rejoint son frère cadet pour prendre la route.

Parce qu’ils n’avaient pas leur téléphone avec eux, ils n’ont pas pu prévenir qu’ils arrivaient. C’est les visages peints et dans leurs uniformes verts kakis qu’Elie et Emmanuel sont arrivés vers 23 heures au mariage. L’effet de surprise a été immédiat. Une émotion indéfinissable parcouru alors la salle.

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Tsahal a été fondé dans le but de “protéger notre maison” et ceci reste la ligne de conduite des soldats encore aujourd’hui. Le service militaire étant si présent dans la vie de chaque israélien qu’il arrive fréquemment qu’un événement militaire se déroule en même temps qu’un événement familial incontournable pour l’un des soldats. C’est lorsque ces dilemmes se présentent que le côté “humain” de Tsahal se fait autant ressentir. L’histoire du capitaine Emmanuel et du sergent-chef Elie Zrihen en a été un parfait exemple.

 

Noëmie Zrihen pour www.tsahal.fr – Tel-Avivre –

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