Une étude révolutionnaire a pour la première fois été  en mesure de prédire les tendances suicidaires d’une personne au moyen d’ un simple test sanguin. Les chercheurs ont constaté que les patients suicidaires ont un nombre significativement plus élevé de plaquettes que les patients non suicidaires. 

 

r100plaq14

 

Contrairement à la maladie physique, qui peut généralement être identifiée par une analyse de sang, jusqu’à présent, la révélation de la plupart des maladies mentales n’a été possible que grâce à une consultation médicale des patients.

Le psychiatre  doit examiner le comportement des patients et observer des symptômes externes afin de déterminer la pathologie.

Cette pratique a longtemps été un sujet de controverse dans le monde médical, car l’observation du patient peut conduire à un diagnostic erroné.

Le Docteur Micha Ragolsky et ses collègues du Centre de santé mentale de Beersheba disent que la recherche d’une pathologie à tendances suicidaires est primordiale, surtout lorsqu’elle touche les adolescents.

Selon Ragolsky, les adolescents qui souffrent de pensées suicidaires graves, ont une probabilité de 60% de faire une tentative de suicide dans l’année qui suit.

Selon le Center Disease Control and Prevention, pour les jeunes âgés de 10 à 24 ans, le suicide est la troisième cause de décès chez les adolescents.

L’étude de Ragolsky a débuté en 1995 et s’est achevée en 2004. 108 patients de 12 à 18 ans ont été hospitalisés et observés pour la recherche.

Le groupe de contrôle  incluait 79 personnes qui ont été choisies au hasard. Les patients hospitalisés qui souffrent de schizophrénie, de trouble bipolaire, de dépression et d’autres troubles mentaux, ont été classés en deux grands groupes: les suicidaires et les non-suicidaires, selon l’examen psychiatrique préalable (avant le début de la recherche). Les personnes contrôlées étaient toutes censées être non-suicidaires.

L’âge, la consommation de tabac et la numération plaquettaire ont été évalués pour chaque individu, mais les chercheurs ont constaté que seule la numération plaquettaire avait de l’importance: les patients suicidaires avaient des taux de plaquettes significativement plus élevés que les patients non-suicidaires du groupe de contrôle sain. Les chercheurs ont comparé les patients suicidaires et non-suicidaires souffrant de dépression et ont trouvé qu’il y avait une corrélation entre le nombre de plaquettes et les tendances suicidaires.

Ragolsky a déclaré: «Il est inutile de dire à quel point une telle étude peut influencer la façon dont les malades mentaux sont diagnostiqués dans le monde et comment cela peut causer beaucoup de chagrin à une personne qui n’avait pas été  diagnostiquée malade par un psychiatre. » Selon Ragolsky, un exemple des erreurs souvent faites par des praticiens de la santé mentale a conduit à une étude réalisée entre 1969 et 1972 par le psychologue David Rosenhan. Rosenhan a dirigé un groupe de huit personnes mentalement saines et a réussi à obtenir leur admission dans des hôpitaux psychiatriques en faisant croire qu’elles entendaient des voix. Au moment où ils ont été admis, le médecin leur a dit à  d’abandonner leurs «symptômes» et de se comporter normalement. Ils parlaient régulièrement, racontaient leurs histoires quand on les interrogeaient, cependant, les hôpitaux ont refusé de les libérer et tous ont reçu des médicaments psychotropes puissants. Ils ont constaté qu’ils  ne pouvaient en aucune manière convaincre les médecins qu’ils étaient sains d’esprit et le seul moyen qu’ils ont trouvé pour s’en sortir était d’admettre qu’ils étaient fous. Admis avec le diagnostic de schizophrénie, ils ont été libérés avec le diagnostic de schizophrénie en rémission.

Ragolsky affirme dans un article qui sera publié bientôt,qu’ il va démontrer que la numération plaquettaire d’une personne atteinte de trouble bipolaire sera en mesure de prédire si les crises d’un patient ont un caractère maniaque ou dépressif.

Selon le chercheur, la doctrine psychologique se rapproche des neurosciences et de la biologie. «Cela ne peut conduire qu’à des diagnostics plus précis et à une distinction beaucoup plus fine entre les maladies mentales, et éventuellement mener à un traitement plus approprié pour ces troubles», dit Ragolsky.

Sarah Maarek pour-Tel-Avivre-

Print Friendly, PDF & Email

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here