Son Excellence Christophe Bigot, Ambassadeur de France en Israël depuis quatre ans, avait convié la presse francophone israélienne en toute intimité (nous n’étions que quelques uns) pour annoncer son départ et bien sûr en profiter pour faire un bilan  sur toutes ces années en poste à Tel-Aviv.

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Christophe Bigot a, c’est un euphémisme, été  très apprécié par les français pendant toutes ces années passées à la tête de la diplomatie française en Israël. Il a, comme l’a souligné Caroll Azoulay, imprimé un style Bigot, un mélange de diplomate toujours dans l’action avec une très grande sensibilité humaine et une proximité très forte  avec les gens. Il y a eu, comme on dit un avant Christophe Bigot, il y aura un après. En parlant d’après, qui sera ce nouvel ambassadeur, c’est la question que tout le monde se posait, et comme nous pouvions nous y attendre, Christophe Bigot n’a donné aucune information sur son successeur ni même sur son propre futur au sein du quai d’Orsay.

Christophe Bigot a donc fait un rapide bilan de ses actions, sur des points très concrets, il a rappelé par exemple la croissance des effectifs des écoles Marc Chagall et Mikve Israël qui s’accompagne de nouveaux besoins comme la construction d’un nouveau bâtiment pour Marc Chagall et un nouvel étage pour Mikve Israël.

Il est revenu aussi sur les actions menées par ses équipes sur le terrain économique qui ont, selon ses propres mots « beaucoup semé », comme le séminaire sur le gaz, qui rapproche le savoir faire des entreprises française avec cette nouvelle opportunité pour les sociétés israéliennes, il a également évoqué la présence française de plus en plus importante dans le domaine économique avec des leaders du marché comme la SNCF, Guillaume Pépy était en Israël il y a quelques semaines, avec EDF qui est  maintenant le premier producteur d’énergie solaire, Sodexho et Accor qui s’installent sur le marché israélien. Il a rappelé l’importance pour la France de partenariats avec des sociétés israéliennes dans le domaine des hautes technologies.

Christophe Bigot a également expliqué combien la France comprenait la situation d’Israël et combien elle se sentait proche des israéliens, « en étant présent dans les moments de joie comme  dans les drames, la libération de Guilat Shalit, les bombardements de novembre dernier, les attentats », en insistant sur la dimension essentielle qu’est la dimension sécuritaire en Israël.

« Mon action fut une action de terrain à l’écoute de la diversité du pays » a expliqué l’ambassadeur, « j’ai sillonné le pays à Sderot ou à Ofakim, comme à Bnei Brak ou Mea shearim.  » Nous avons aussi expliqué à la Knesset que sur le sujet de l’Iran, Israël n’était pas seule  » que  » la France était déterminée et très vigilante sur ce sujet  » mais « c’est vrai aussi que nous avons des désaccords sur le processus de paix qu’il ne faut ni cacher ni envenimer ».

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Concernant la venue de François Hollande en Israël., Christophe Bigot n’a donné aucune échéance.

Christophe Bigot s’est donc employé a donner une image constructive de la France en Israël sur beaucoup de sujets, il a beaucoup travaillé sur le terrain,  il se définit comme un homme simple, dans l’action, direct,  » ce qui correspond à ma nature « dit-il  « être proche des gens à leur écoute, aller les voir, tout ça est important ». « En participant à plusieurs commissions à la Knesset, j’ai essayé de faire taire quelques clichés, j’ai participé à des débats sur l’antisémitisme en France, sur l’immigration en France ». « Aller au festival du film français mais aussi à  Ofakim ou à Ashdod quand il y a des roquettes qui tombent, c’est comme cela que l’on relie le discours à l’action ».

Il raconte aussi : »J’ai beaucoup appris en rendant visite aux endeuillés pour les Shivas, ce sont des moments très difficile mais des moments forts pour lier des relations à long terme », il a de toute évidence beaucoup d’affection pour l’Etat d’Israël, il dit même « ressentir une forme de plénitude parmi une communauté française qui est unique », il dit en outre « ne pas se sentir évoluer dans une activité diplomatique classique en Israël ». Il avoue même s’être un peu intéressé au judaïsme en apprenant l’hébreux, il a le sentiment « d’avoir beaucoup reçu  du peuple israélien « .

Il rappelle qu’il a passé sept années en Israël et que « ça crée des liens, une certaine complicité, mon fils a neuf ans et il a la ‘Houtzpa’ des israéliens,  il est tant de renter en France avant qu’il ne mange du Houmous sur leur tartines au petit déjeuner ». conclue-il sur le ton de l’humour. Cependant, il rappelle aussi qu’il existe une volonté politique de la France d’être proche de l’Etat d’Israël : « un effort politique constant depuis au moins dix ans, décidé à Paris, pour avoir une relation entre nos deux pays à la hauteur de notre histoire commune » ajoute-il.

Il a aussi  rappelé, de nouveau sur le ton de l’humour, « que même s’il n’était pas l’ambassadeur d’Israël en France, il s’était toujours employé à donner une image positive d’Israël, et aux français à qui il a parlé d’Israël, je cite : « Je leur explique le pays, le débat démocratique en Israël, la diversité, le High Tech,  la culture mais je parle aussi par exemple d’une école de Tel-Aviv, l’école Rogozine-Bialik qui accueille en son sein des étrangers qui sont même sans papiers. Je parle aussi dans un autre domaine de l’enseignement de la philosophie à l’école, non pas en terminale mais dès la 4e.

Pour terminer, j’ai tout de même posé la question la plus déterminante sur le plan diplomatique à laquelle son Excellence a répondu avec beaucoup de détermination :

Quel est le mot en hébreu que vous préférez? »

SECB: « Il y en a deux que je ne peux pas départager « Balagan et Tarless ». (Difficile à traduire en français dans le texte mais on peut dire : Pagaille pour le premier et très concret,pour le second )

Et si cette question n’était pas si bête? , car la réponse est peut être même le résumé de toutes ces années : Un homme Tarless qui a su évolué dans un beau Balagan, ou encore un ambassadeur de grande classe.

Christophe Bigot annonce donc qu’il rentre en France mais n’envisage pour l’instant aucun poste à l’étranger.

Merci Monsieur l’Ambassadeur

H.P. Benhamou – Tel-Avivre-

Une Fédération (La F.I.F) souhaite le remercier pour son investissement professionnel et personnel au service du rapprochement entre la France et Israël. Aussi, elle a voulu l’honorer lors d’une manifestation à son image : simple accessible et bienveillante, en l’invitant, ainsi que sa famille à partager avec les franco-israéliens le verre de l’amitié le jeudi 11 Juillet 2013 de 19H30 à 21H30 sur la plage de l’hôtel Hilton à Tel Aviv.

 

 

 

 

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2 COMMENTS

  1. Touchant ce billet… Vous oubliez juste de préciser que son excellence n’a fait que prendre les devants. Il a en effet outre passé son statut de diplomate en accueillant Nicolas Sarkosi venu en Israël pour soutenir Valérie Hoffenbergh et recevoir un « diplôme » universitaire.

    Un ambassadeur est au service de l’Etat et du gouvernement en place pas au service d’un parti quel qu’il soit d’ailleurs…

    La décision de révoquer M.Bigot était prise depuis quelques temps. Cela n’enlève sans doute rien à ses nombreuses qualités, mais il aurait fallu le souligner…

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