4 ans après que la Knesset ait adopté une loi autorisant un »beta test » public de la  base de données biométrique israélienne, le processus a été lancé lundi.

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Les résidents de Rishon Lezion ont été invités à échanger leur carte d’identité actuelle pour une nouvelle «carte à puce»  numérique  qui contient non seulement leurs renseignements personnels, mais aussi leurs empreintes digitales, leur photo et le profil de leur visage. Le gouvernement étudiera les résultats du programme pilote et cherchera les éventuels dysfonctionnements du système avant qu’il ne devienne obligatoire dans deux ans.

L’une des principales raisons de cette loi, disent les avocats, est de rendre l’usurpation d’identité beaucoup plus difficile. Meir Sheetrit, a proposé la loi et a obtenu son passage quand il était ministre de l’Intérieur en 2009 : « Avec la base de données biométriques, l’Etat sera en mesure de délivrer des cartes d’identité et des passeports qui ne peuvent être ni copiés ni fabriqués. »

«Les cartes d’identité actuelles peuvent très facilement être reproduites, et il y a des centaines de milliers de personnes, y compris les étrangers en situation irrégulière et les Palestiniens, qui se promènent avec des faux papiers, en utilisant les identités des israéliens», a ajouté Sheetrit. «L’établissement et la mise en œuvre de cette base de données est une priorité en matière de sécurité. »

Mais Sheetrit est l’une des rares personnalités politiques militant pour la base de données biométriques. Sous la pression des nombreux députés, des organisations et des militants, le gouvernement a déjà plusieurs fois reporté la mise en œuvre de la phase pilote du programme. Les opposants disent que les Israéliens ne disposent pas de protections constitutionnelles (autres que les lois fondamentales, qui ne fournissent pas un remède aux violations de la vie privée dans l’utilisation des informations de base de données biométriques), la probabilité d’une utilisation abusive de renseignements personnels est élevée .

Avner Pinchuk, le chef des enjeux numériques de l’Association pour les droits civils en Israël, a beaucoup écrit sur l’éventualité que la police pourrait utiliser la base de données pour intimider les personnes qui sont considérées comme « politiquement douteuses ».

En outre, les récents vols en masse, d’informations via les cartes de crédit auprès des banques israéliennes par des hackers saoudiens et iraniens prouvent qu’aucune donnée n’est entièrement sécurisée. Si un pirate venait à envahir la base de données biométriques, la sécurité du pays pourrait être gravement compromise, ce qui permet aux terroristes de créer des cartes d’identité israéliennes pour circuler en Israël et mener des attaques.

ACRI, avec d’autres groupes, a déposé de nombreuses requêtes auprès de la Haute Cour afin d’obtenir des injonctions contre la mise en œuvre du programme pilote. Le dernier a été rejeté il y a quelques semaines, en supprimant le dernier obstacle au lancement du programme.

Un rapport  du ministère de la Justice divulgué aux médias le week-end dernier a déclaré que, malgré le temps supplémentaire que le gouvernement a eu pour  préparer la mise en œuvre de la base de données, il a rencontré des problèmes de sécurité importants. Le rapport souligne un manque choquant de sécurité : le logiciel n’avait même pas de programme antivirus. En outre, une équipe de technologie du ministère, ainsi qu’une équipe de la société de sécurité privée Comsec, ont réussi à s’introduire dans la base de données.

Une des raisons du manque de sécurité est que les administrateurs estiment que puisque le système est «fermé», et qu’il n’y a pas d’accès aux réseaux extérieurs, il ne peut pas être piraté. Mais la possibilité du « hacking interne » reste ouverte : un employé mécontent ou un pirate peut accéder à des enregistrements à l’aide d’une clé USB .

L’ancien ministre du Likoud et MK Michael Eitan, sont les opposants les plus virulents au projet. Mis à part la sécurité, dit Eitan, «la question de la base de données biométriques a à voir avec la manière dont nous voyons l’avenir d’Israël. Serons-nous un pays libre qui respecte la vie privée de ses citoyens comme les pays avancés du monde, ou allons-nous nous transformer en un pays « police » ?  »

Pour combattre  le système, Eitan l’ignore tout simplement. «Pour l’instant il n’y a pas d’obligation de participer au programme pilote, et je ne vois aucune raison pour que les Israéliens se transforment en cobayes pour un projet qui ne bénéficiera pas de manière certifiée aux israéliens, au pays et à notre sécurité. »

Maeva Tibi pour -Tel-Avivre-

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