Depuis deux ans, la plupart du temps, Israël adopte une approche singulière dans la guerre civile syrienne : rester le plus loin possible. 

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Avec la série de victoires récentes des forces fidèles au président Bachar al-Assad et l’effritement de la force  des Nations Unies qui a conservé la paix le long de la frontière depuis quatre décennies, la situation devient très difficile.

La déclaration d’Assad disant qu’il avait décidé de s’engager dans une action militaire contre Israël, publiée lundi dans un journal libanais, a été suivie par un avertissement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu : « Toute personne qui menace de frapper ou frappe Israël sera touché».

L’avertissement fait suite au conflit du 6 juin dernier à la frontière d’Israël aucours duquel les forces d’Assad ont repris la traversée après être brièvement tombées entre les mains des rebelles solitaires. De violents combats ont eu lieu avec des chars syriens pénétrant  la zone démilitarisée entre les deux pays et  incitant l’Autriche à  retirer son contingent de 300 soldats de l’ONU, le réduisant ainsi d’un tiers.

Israël a menacé de frapper les tanks, mais s’est abstenu quand la Syrie a promis de tirer uniquement sur les troupes rebelles.

« L’effondrement de la force de l’ONU sur le plateau du Golan souligne le fait qu’Israël ne peut pas dépendre de forces internationales pour sa sécurité », a dit Netanyahu lors de sa réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem le dimanche.

Israël a toujours cherché à rester en dehors du bourbier syrien, s »engageant seulement lorsque ses intérêts étaient directement menacés. Israël a attaqué des convois  syriens à destination du Hezbollah trois fois en janvier et deux fois en mai. Avant cette semaine, Israël n’avait jamais menacé d’engager les forces syriennes.

Cependant, la bataille de jeudi ne modifiera probablement pas l’approche fondamentale d’Israël dans le conflit avec ses voisins depuis maintenant deux ans. La frontière syrienne a été largement calme depuis la guerre  de Yom Kippour en 1973, et Netanyahu a déclaré dimanche « qu’Israël n’entrera pas en guerre tant que le feu n’est pas dirigé contre nous. »
Cette attitude convient à la majorité des Israéliens qui ne veulent pas que leur pays entraîne un conflit voisin. Un sondage de l’Institut israélien publié dimanche a montré que 86 % des israéliens veulent rester en dehors de la Syrie.

«Israël a intérêt à ce que les deux parties continuent à se battre, et ne doit pas décider qui est le meilleur pour Israël », a déclaré l’expert en Syrie Ely Karmon du Centre interdisciplinaire,«Nous devons attendre et voir qui va contrôler la Syrie. »

Les dernières victoires d’Assad ont soulevé la possibilité qu’il puisse  contrôler une enclave nord où sa secte alaouite minoritaire est concentrée. Il pourrait continuer à fournir des armes à  l’Iran et au Hezbollah. Cependant, personne ne s’attend à ce qu’ Assad reprenne le contrôle total du pays. La survie d’Assad pourrait ne pas être une mauvaise chose, selon Shlomo Brom, un associé de recherche à l’Institut de l’Université de Tel-Aviv pour les études de sécurité nationale.

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Le  régime d’Assad, même limité, évite à la Syrie de se retrouver avec un pouvoir vacant qui laisserait place aux djihadistes qui auraient ensuite l’entière liberté d’ attaquer Israël. Et cela donnerait à Israël « une adresse de l’autre côté » avec qui négocier.

La survie d’Assad serait aussi une victoire pour le Hezbollah, qui s’est engagé ouvertement le mois dernier à se battre pour Assad et a conduit sa victoire la semaine dernière à Qusair, une ville clé entre la frontière libanaise et le bastion rebelle de Homs.

« Ce serait une victoire pour l’Iran, le Hezbollah et les ennemis de l’Occident », a déclaré Ephraim Inbar, directeur du centre Begin-Sadat de l’Université Bar-Ilan. « Assad aide le Hezbollah à faire du mal à Israël. »

Mais le Hezbollah pourrait également se retrouver dans une mauvaise position par la survie d’Assad. L’organisation, qui a longtemps ordonné le respect dans la région pour combattre Israël, pourrait  voir sa réputation salie en dirigeant ses armes contre d’autres musulmans.

Max Tordjman pour -Tel-Avivre-

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