Cette semaine – La rue Nahum Sokolow

Nahum SokolowNahum Sokolow fut une des grandes personnalités, souvent oubliée, de l’histoire du sionisme – en particulier du sionisme diplomatique. Présent dès 1897 au premier Congrès sioniste, il fut plus tard l’un des leaders de l’Organisation sioniste mondiale dont il fut président de 1931 à 1935, avant Haïm Weizmann.
Mais on retient surtout de lui son rôle en tant qu’écrivain hébreu, critique, biographe, traducteur vers l’hébreu et surtout journaliste de son époque.
La rue qui porte son nom à Tel Aviv, au coin de la rue Arlzorov et qui lui est perpendiculaire, comme à l’autre grande rue Jabotinsky, se poursuit vers le nord pour se terminer un peu avant la rivière du Yarkon. Mais son emplacement, relatif, agréable pour vivre mais d’importance faible dans la ville, traduit mal la place, du moins symbolique, de Nahum Sokolow pour Tel Aviv. Car, indirectement, c’est à Nahum Sokolow que Tel Aviv doit son nom.

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C’est lui en effet qui, en 1902, fut le premier à traduire en hébreu le livre de Theodor Herzl intitulé Altneuland. Littéralement on traduirait Altneuland par « Pays ancien nouveau », mais Nahum Sokolow lui préféra le titre de Tel Aviv (Le Mont ou la colline du Printemps), évoquant le renouvellement du printemps (Aviv) à partir de l’ancien évoqué étymologiquement par le mot « Tel » en hébreu. Sept ans plus tard en 1909, les pionniers de Tel Aviv choisirent ce nom pour désigner la première ville hébraïque moderne.
300px-Zionist_General_Council,_Jerusalem_1935Nahum Sokolow eut aussi un rôle important en matière de diplomatie, en tant que secrétaire général du mouvement sioniste à partir de 1906. Avec Haïm Weizmann, il rencontra nombre de dirigeants de différents pays afin de faire la promotion de l’idée sioniste. Le résultat de ces pourparlers fut en 1917, la déclaration Balfour.
Mais c’est en matière de journalisme que le nom de Sokolow marqua particulièrement les esprits. Dès 1884 il fut propriétaire et rédacteur en chef du principal journal en hébreu de Varsovie, Hatsfira. Aujourd’hui à Tel Aviv, au croisement de la rue Kaplan et de la rue Ibn Gvirol, la Maison du journalisme se nomme Maison Sokolow et remet chaque année le Prix Sokolow au journaliste de l’année.
Né à Wyszogrod dans l’actuelle Pologne, le 10 janvier 1859, Nahum Sokolow s’éteignit à Londres en 1936. Le kibboutz Sdé-Nahum, dans la vallée de Beït Shean, porte également son nom. Toutefois, bien que traducteur de Spinoza, grand écrivain, voyageur et grand traducteur en hébreu moderne, il vécut longtemps en dehors du pays d’Israël, ce qui explique peut-être un peu en quoi il marqua moins les esprits sur place.

Tel-avivre.com – par Misha Uzan

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