erythree4b

L’affaire a été révélée dans le journal Maariv un jour après que l’avocat de l’Etat ait déclaré dimanche à la Haute Cour de Justice , qu’un accord avait été conclu avec un pays non identifié à ce jour afin de recueillir certains migrants d’Érythrée. Israël est en pourparlers avec deux autres pays pour obtenir un accord similaire pour les demandeurs d’asile en provenance du Soudan. Les détails de l’entente n’ont pas été dévoilés, mais l’avocat de l’Etat, Yochi Gnesin, a annoncé un retour progressif des migrants.

Selon le rapport, l’envoyé spécial du Premier ministre Benjamin Netanyahu, un ancien agent du Mossad,  Hagai Hadas, a passé toute l’année dernière a négocier avec les pays africains pour rapatrier les migrants aux frontières. Les pays avec lesquels il a tenté de négocier sont  le Sud-Soudan, l’Ethiopie, l’Ouganda, le Malawi, le Kenya, le Congo et le Ghana. La plupart de ces pays ont rejeté la proposition, tandis qu’un des pays  a accepté l’effort de rapatriement, Netanyahu lui payant une visite d’état. Un autre pays a déclaré qu’il accepterait des immigrés d’Israël en échange qu’Israël prenne les siens.

Gnesin a dit à la cour dimanche, que les pays impliqués dans l’absorption des migrants le faisaient « en échange de quelque chose », même si ce qu’ils recevaient en retour n’était pas encore nettement défini. Haaretz a rapporté qu’Israël avait accepté de fournir une expertise agricole dans le cadre de la transaction.

Toutefois, les responsables du ministère des Affaires étrangères ont révélé à Maariv que tout transfert de migrants vers les pays du tiers monde était  impossible parce que le tribunal n’accepterait jamais. Dimanche, un panel de neuf juges a ordonné au gouvernement de fournir les détails précis de l’accord, y compris le nom des pays d’Afrique, dans les sept jours.

Tally Kritzman-Amir, une experte en droit de l’immigration du Centre universitaire de droit et d’affaires à Tel-Aviv, a déclaré qu’Israël ne pouvait ni contrôler efficacement les conditions de migrants expulsés, ni garantir qu’ils ne seraient pas renvoyés dans leur pays d’origine à l’avenir.

«Il est possible de transférer les migrants», dit-elle, « mais la responsabilité première aux droits des réfugiés revient à Israël. »

Les ressortissants érythréens et soudanais représentent environ 90% des 60.000 migrants africains actuellement en Israël. Au cours des dernières années, des dizaines de milliers de migrants qui fuient la conscription forcée, l’esclavage en Erythrée et la guerre civile au Soudan, ont fait le voyage de plusieurs centaines de kilomètres vers Israël à pied, en traversant la frontière égyptienne.

Dès leur arrivée en Israël, beaucoup ont été arrêtés et placés en prison pour avoir passé la frontière, avant d’être libérés et livrés à eux-mêmes. La plupart d’entre eux finissent dans les bidonvilles de Tel Aviv, ce qui conduit parfois à des affrontements avec la population locale.

Israël, reconnaît les migrants économiques africains, mais ne distingue pas automatiquement les demandes d’asile des migrants africains et ne leur accorde généralement pas le statut de réfugié. Au lieu de cela, il leur accorde un permis de libération temporaire de prison, ce qui leur permet de rester dans le pays, le temps que leurs demandes soient examinées.

En vertu de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, dont Israël est signataire, les États sont tenus de ne pas envoyer les réfugiés vers des pays où ils seraient confrontés à des dangers physique ou politique.

Pour recevoir les nouveaux articles de Tel-Avivre, une fois par jour, inscrivez-vous à notre Nouvelle Newsletter.

L’année dernière, Israël a supervisé le transfert de plusieurs centaines de demandeurs d’asile en provenance du Sud-Soudan dans leur pays d’origine  après la déclaration d’indépendance en juillet 2011.

Netanyahu a salué dimanche les efforts de son gouvernement pour lutter contre l’immigration clandestine en Israël suite à la publication de statistiques indiquant que le nombre de migrants était en baisse.

« La clôture que nous avons construite dans le sud a réussi à limiter le nombre d’entrées, elle s’étend sur 230 km et a été achevée en janvier, » a t-il déclaré dans un communiqué. « Par rapport à plus de 2.000 migrants illégaux qui sont entrés Israël l’année dernière,  seulement deux ont traversé la frontière, et ils ont été arrêtés.

« Maintenant, nous devons nous concentrer sur le rapatriement des migrants clandestins», a déclaré Netanyahu.

Diane Cohen pour -Tel-Avivre-

Print Friendly, PDF & Email

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here