Les dizaines de manifestants rassemblés dimanche soir devant l’ambassade de Turquie à Tel-Aviv dans un acte symbolique de solidarité avec le peuple turc font écho aux foules qui se sont emparées de la place Taksim d’Istanbul.

activistes

Brandissant des pancartes en turc et en anglais et agitant un drapeau noir, la petite foule de militants pour les droits de l’homme scandait des slogans en hébreu contre le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et dénonçait les violences policières contre les manifestants pacifiques.

« Assez de violence par l’Etat et la police », disaient-ils. «La démocratie ou la rébellion ».

Asaf Nisan Guler, un jeune citoyen israélo-turque, a donné son avis :

«Je parle à mes amis en Turquie qui ont ​​protesté, ils n’ont pas peur, leurs cœurs sont transformés. Ils sont contre l’oppression dans leur pays. La façon dont le gouvernement a traité les protestations était mauvaise, violente, fasciste et illégitime. »

« Je ne pense pas que ce soit le printemps turc, pas encore. Ce n’est pas comparable au printemps arabe, où quelques secteurs de la société étaient contre d’autres. Les manifestants turcs sont pacifiques, ils ne font pas de provocations … ils veulent juste que l’oppression cesse. Je ne vois pas pourquoi il y aurait une forme Printemps arabe, après tout la Turquie est une démocratie établie.  »

L’organisateur international de la manifestation locale, Amnon Bromfeldstein, Amnesty a partagé ses réflexions :

« Quand vous subissez l’oppression, ça n’a pas d’importance si vous êtes israélien, turc, gay ou hétéro … ce qui importe, c’ est que vous dénonciez l’oppression et que vous vous indigniez contre elle. Nous espérons pouvoir mettre la pression sur le gouvernement turc afin qu’ils voient que ce n’est pas une simple question interne, ils doivent prendre conscience que le monde a les yeux rivés sur la Turquie.  »

Ça a commencé avec l’opposition à la destruction du parc Gezi d’Istanbul, à proximité de la place Taksim. La violence policière envers les manifestants a provoqué des soulèvements de masse dirigés contre le gouvernement Erdogan. Les manifestations ont eu lieu à Istanbul et dans plusieurs autres villes turques après deux jours de violents affrontements.

Dimanche, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, a appelé  les manifestants de tout le pays à s’abstenir, en disant que leurs actions nuisaient à la réputation mondiale et régionale de la Turquie.

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« La poursuite de ces protestations n’apportera aucun avantage mais nuira à la réputation de notre pays qui est admiré aussi bien dans la région que dans le monde », a tweeté Davutoglu. »

Amnesty International a déclaré que deux personnes ont été tuées dans les affrontements. Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 900 personnes ont été arrêtées. Les médecins ont dit à Reuters que 1.000 personnes avaient été blessées à Istanbul et plusieurs centaines d’autres blessées ailleurs il y a deux jours dans les précédents  affrontements.

Eric Benichou pour  -Tel-Avivre-

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