Des histoires racontées par les agents de contrôle révèlent la  sinistre réalité de mépris, de manque de coopération, d’agression passive de jeunes ultra-orthodoxes entrant à contrecœur dans les centres d’incorporation de l’armée.

Quelques mois après l’expiration de la loi Tal, qui permettait à la plupart des juifs ultra-orthodoxes d’échapper au service militaire, des agents de contrôle ont commencé à les recevoir dans les centres de l’armée. Leur attitude à tous les stades du processus pourrait être décrit comme peu coopératif au mieux, et offensif au pire.

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« Il n’imaginent pas une femme à une position hiérarchique de supériorité», dit-elle. «Parfois, ils ne me parlaient pas, parfois ils refusaient même de remplir le questionnaire avec le stylo que je leur tendait, afin d’éviter tout contact avec les femmes ». Certains ont demandé à être profilés par des instructeurs masculins.

Depuis l’année dernière, les bureaux régionaux de recrutement ont reçu plus de 3.000 jeunes ultra-orthodoxes pour les procédures d’incorporation initiales, destinées à être les premières étapes d’un long service militaire. Une étude montre que beaucoup de ces jeunes ne coopèrent pas durant les phases du processus, et affichent clairement un message sans équivoque «Nous n’avons pas l’intention de nous joindre à vous, vous perdez votre temps ».

Bien que le Comité Peri fasse de son mieux pour communiquer avec optimisme sur l’intégration des jeunes ultra-orthodoxes au sein de l’armée israélienne, la réalité est tout autre  une fois que les étudiants de la yeshiva entrent dans les centres d’incorporation.

Comme un agent d’un centre de recrutement a récemment plaisanté : « Vous pouvez mener un cheval à l’abreuvoir, mais vous ne pouvez pas le forcer à boire. Ainsi, vous pouvez obliger les jeunes ultra-orthodoxes à se rendre dans un centre d’incorporation, mais vous ne pouvez pas les forcer à devenir des soldats à part entière. »

Le premier ordre de réquisition est une étape cruciale dans la carrière de chaque soldat de Tsahal. En quelques heures d’évaluations, d’entrevues, d’examens médicaux, tout un profil est établi qui détermine l’éventail des rôles et des unités où la recrue pourrait servir. Pourtant, la majorité des recrues ultra-orthodoxes refusent de répondre même aux questions les plus fondamentales concernant leur domicile ou leur numéro de téléphone.

« Vous ne comprenez pas que nous sommes les seuls qui garantissons la sécurité de l’état avec nos prières ? » a declaré un étudiant de la yeshiva à ses agents de contrôle. D’autres ne parlaient que le yiddish, refusant de parler l’hébreu aux agents de contrôle bien qu’ils parlent parfaitement la langue en dehors du bureau d’accueil.

« J’aurais pu faire un bon score dans les tests psychométriques car je suis bon en mathématiques, mais j’ai choisi les mauvaises réponses délibérément » a expliqué une recrue réticente. « Nous voulions juste en finir le plus tôt possible. Nous n’irons pas à l’armée de toute façon, qu’importe alors si mes notes aux tests sont faibles ».

D’autres recrues ont dit qu’ils pensaient que l’armée israélienne aurait rendu les choses plus faciles pour eux en sélectionnant des agents de contrôle exclusivement masculins pour les tests.

Le Bureau du Porte-parole de Tsahal a réagi dans un communiqué, affirmant qu’il prendrait toutes les mesures appropriées pour permettre des procédures d’incorporation  productives avec les recrues ultra-orthodoxes. Ils ont ajouté que le succès du processus dépendaient essentiellement de la volonté des inscrits à collaborer.

Alexandra Mathiot pour – Tel Avivre –

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