Une exposition de  poupées meurtries, place Rabin de Tel-Aviv, est destinée à sensibiliser le public à la maltraitance des enfants.

DSC_0092 (1)

Vu de loin, on dirait des fleurs disposées en rangées juste à côté du bassin aquatique de la place Rabin de Tel Aviv, mais en s’approchant un peu plus, ce ne sont pas du tout des fleurs  mais des centaines de poupées vêtues de vêtements aux couleurs pastel, avec de nombreux chapeaux assortis. Les curieux qui s’aventurent de plus près semblent avancer puis reculer, effrayés et choqués par ce qu’ils voient : ces poupées sont sans bras ou sans jambes. D’autres ont des parties de leur corps bandées, avec des taches de sang. D’autres ont des ecchymoses sur le visage et sur les parties supérieures du corps, tandis que d’autres encore ont leurs bouches scellées avec du ruban adhésif. La vision la plus atroce est sans aucun doute la poupée décapitée.
« Shocking », dit une femme dont le message l’atteint soudainement. « J’étais sur le point de prendre une photo pour la publier sur Facebook, et la commenter pour dire que,  même à  mon âge j’aime encore les poupées, quand j’ai soudainement compris ce que cela voulait dire. Maintenant je me sens mal.  »
Cette exposition d’art conceptuel fait partie d’une nouvelle campagne de sensibilisation à la maltraitance des enfants en Israël lancée par ELI – L’Association pour la Protection de l’Enfant. L’expo se trouve donc sur la place principale de la ville de Tel-Aviv, place Rabin, jeudi et vendredi, puis une campagne de publicité en ligne, presse écrite et télévision suivra.
«La maltraitance des enfants est quelque chose que les gens ne veulent pas voir», dit le Dr Hanita Zimrin, présidente d’Eli. «L’objectif de cette campagne est d’amener les gens à  voir, mais surtout à prendre conscience et à aider.  »
Une grande affiche à côté de l’expo avertit : «Les enfants maltraités peuvent devenir des parents abusifs. » Selon Zimrin, environ 70 pour cent des enfants maltraités deviennent finalement des agresseurs eux-mêmes. »
Ce qui a motivé la nouvelle campagne, dit-elle, ce sont les chiffres inquiétants sur l’augmentation des cas de maltraitance d’enfants en Israël.  » Ces six dernières années, nous constatons une très forte augmentation de certaines formes de violence, particulièrement des violences sexuelles. »

Si vous aimez cet article, abonnez-vous à notre Newsletter

DSC_0095Parmi les passants curieux, jeudi matin, quelques heures après le lancement officiel de la campagne, un groupe de journalistes chinois de Shenzhen commente : » Ça capte définitivement l’œil», et Luna Shen, une journaliste sort son appareil de photo pour témoigner de ce spectacle inhabituel. »
Ava Szilagi, une ancienne  New-yorkaise se promène avec son bébé dans une poussette sur la place, quand elle s’arrête soudainement : « J’avais le sentiment de tout autre chose « , dit-elle. « Vous êtes attirés par  la couleur et  la lumière, et puis quand vous vous approchez vous constatez que ce n’est pas ce que vous pensiez, le message est que souvent nous ne voyons pas vraiment ce qui se passe avec ces enfants.  »
Yariv Twig, à l’origine du concept, a déclaré que l’expo était destinée à mettre la maltraitance des enfants à l’ordre du jour auprès du public. «Quiconque regarde doit comprendre que ces poupées ont été maltraitées par les enfants qui en sont propriétaires, qui ont agi après avoir été eux-mêmes victimes de violence », explique-il.
Selon Zimrin, la prise de conscience de la maltraitance des enfants en Israël est relativement plus élevée qu’ailleurs « , mais pas encore assez satisfaisante. »
«L’enfant dans la tradition juive est le centre de la famille», ajoute-elle, « mais parfois c’est un problème en soi parce que les gens supposent que la maltraitance ne peut pas exister dans notre société « 

H.P. Benhamou- Tel-Avivre-

Print Friendly, PDF & Email

1 COMMENT

  1. La maltraitance des enfants provient entre autres, de la publicite malsaine qui deshabille femmes et hommes, fillettes et garcons, des producteurs d’habits des grandes chaines et autres. Au lieu de mettre en evidence la qualite ou la beaute du vetement, elle fait passer le message qu’etre « sexy » c’est le principal, en donnant le ton a la mode, comme le port de pantalons moulants et « skinny ». Nous pouvons tous lutter contre ce phenomene desolant en refusant d’acheter ces vetements pour nos enfants comme pour nous et revenir a la decence et au bon gout.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here