Prendre le bus à Tel Aviv n’est pas un acte anodin, c’est une aventure !

C’est la fin de journée, j’attends le bus pour rentrer chez moi. J’ai un gros coup de barre.  Souvenir des autobus parisiens dans lesquels, épuisée par une journée de travail, je me mettais à somnoler contre leur vitre, je me mets à croire que c’est possible dans un autobus telavivi.

bus dizen

Le bus arrive, super, il est vide, je vais pouvoir m’installer confortablement n’importe où et me reposer ! Mes deux pieds à peine posés à l’intérieur  les portes se ferment, c’est parti pour un petit tour en formule 1 ! Je sors ma carte de bus tant bien que mal, je m’accroche aux rampes jaunes pour ne pas tomber en avant à chaque  coup de frein. J’atteins enfin la place que je convoitais au fond du bus. Dans un bus parisiens j’aurais mis moins de dix secondes pour arriver à cette place, là,  j’ai l’impression que cela a duré une éternité.

Je m’installe, pose ma tête sur la vitre, je vois bien au loin des dos d’âne mais je suis sereine, si je les ai vus, le chauffeur aussi,.. il va ralentir…

Finalement, il n’a pas dû les voir, je ne sens aucun ralentissement, en revanche je sens bien mon premier coup de tête sur la vitre suivi d’un deuxième presque aussitôt. De toute évidence, les dos d’âne ne sont pas de taille à effrayer notre super pilote !

Je décide d’attendre un peu que ces obstacles s’éloignent pour reprendre ma position. Le moment arrive enfin… ou presque, une voiture gêne notre pilote de bus qui n’hésite pas à lui faire une queue de poisson ! En formule 1, pas de pitié pour l’adversaire !

Nous entrons dans Tel Aviv, circulation oblige, notre chauffeur ralentit et se laisse aller à un peu de rêverie. Résultat, nous faisons trois fois le tour de kikar Hamédina (je vous assure que c’est vrai!).

À Paris, j’aurais été furieuse. Ici… je souris et me souviens que je suis, en dépit des apparences, en Orient. A moins que ce ne soit le timbre de voix de Chlomo Artzi que le conducteur écoute à la radio qui me rend un (peu) plus flegmatique…

J’allais oublier le plus important, aucun chauffeur de bus ne conduit doucement et prudemment à Tel Aviv, pourquoi ? le mystère reste entier, personne ne sait  pour quelle raison ils vont si vite, il faut que je me décide à enquêter.

Une chose est sûre, arrivée à la maison j’ai la nausée, prendre le bus à Tel Aviv n’est pas tout à fait de la routine, cela relève plus de la course automobile ou de la foire du trône !

Nina Sitbon pour Tel-Avivre –

 

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