Cette Semaine rue Weizmann

Le nom de Weizmann est extrêmement connu en Israël. Il évoque en particulier deux personnalités de l’histoire du pays, Haïm (ou Chaim) Weizmann et Ezer Weizmann. Ces deux hommes sont de la même famille, le second est le neveu du premier. Ils ont chacun exercé la plus haute fonction honorifique du pays : président de l’Etat d’Israël.

Haïm Weizmann fut le premier président de l’Etat d’Israël, de 1949 à 1952.

Ezer Weizmann en fut le septième, de 1993 à 2000.

Bien qu’effacé par la figure de Ben Gourion dans l’historiographie populaire israélienne, Haïm Weizmann n’en est pas moins un personnage majeur de l’histoire d’Israël, et du sionisme.

A Tel Aviv, une grande avenue porte son nom. Elle part de l’avenue Saul Hamelech, en face de la Kyria, le département central de Tsahal, et se prolonge jusqu’au nord de la ville, sur les bords du fleuve Yarkon. C’est sur l’avenue Weizmann qu’on trouve le grand hôpital de Tel Aviv, le centre médical Sourasky (qu’on nomme souvent Ichilov, du nom de la rue, perpendiculaire à Weizmann, qui longe les différentes sections de l’hôpital).

L’avenue Weizmann est également coupée par une très grande place, un grand rond-point très réputé : le kikar Hamedina (la place de l’Etat). Le kikar Hamedina est un peu l’équivalent de la rue de la paix à Paris, ou de la place Vendôme. C’est là que les riches dames de Tel Aviv viennent faire leurs courses de luxe. De nombreuses grandes marques mondiales de luxe y sont représentées : de Louis Vuitton à Prada en passant par les montres Swatch. Il est inutile d’y chercher à faire des affaires à bas prix. Depuis le kikar, l’avenue Weizmann longe les quartiers nord, de plus en plus cossus. A noter également la présence du Beit Hachayal, la maison du soldat, qui accueille de nombreux événements de Tsahal, ainsi que la salle des dons faits à l’armée de défense d’Israël. Le directeur du Beit Hachayal, sur l’avenue Weizmann, n’est autre qu’Avigdor Kahalani, le héros anti-héros des guerres de 1967 et 1973, celui qui incarne le combat héroïque d’un simple soldat d’Israël qui n’a rien d’héroïque mais qui se bat jusqu’au bout pour sauver son pays.

Mais le nom de Haïm Weizmann reste célèbre en Israël grâce au grand institut de chimie de Rehovot, qui porte le nom de son fondateur. Né le 27 novembre 1874 à Motol dans l’actuelle Biélorussie et décédé à Rehovot en 1952, Haïm Weizmann fut avant tout un chimiste. On lui doit notamment en 1916, pendant la première guerre mondiale, d’avoir mis au point un mécanisme de fermentation bactérienne permettant de produire de larges quantités de substances, telles que l’acétone, essentielles à la fabrication d’explosifs TNT pour les Alliés. Weizmann est un peu l’Einstein de la première guerre mondiale, celui qui permit la supériorité technologique des Alliés. L’acétone est aujourd’hui un produit de base essentiel à tout chimiste dans le monde et sans lequel la chimie ne serait pas grand-chose.

Haïm Weizmann fut diplômé de chimie de l’université de Fribourg en Suisse en 1900, puis enseigna à l’université de Genève de 1901 à 1903 puis à l’université de Manchester à partir de 1904. Il s’installa alors en Grande-Bretagne. C’est là qu’il puisa les nombreux liens qui lui furent si utiles dans sa bataille pour l’Etat juif. Il devint en effet sujet de sa Majesté en 1910, et s’investit dans l’effort de guerre britannique durant la Première Guerre mondiale. La légende raconte que, pour le remercier de son rôle dans la victoire des alliés, le premier ministre britannique lui demanda ce qu’il pouvait faire pour lui. Weizmann répondit qu’il n’attendait rien de personnel mais qu’il pouvait donner une patrie à son peuple : les Juifs.

Depuis 1897 et le premier Congrès sioniste à Bâle en effet, Weizmann fut un grand homme du sionisme moderne et l’un des chefs de file du mouvement. En 1903, il fonda à Genève son parti, la « Fraction démocratique », qui militait en faveur du « sionisme pratique », et qui devint une des bases du parti des sionistes généraux, un parti sioniste libéral créé au début des années 1920. Weizmann fut également à l’origine de la première maison d’édition sioniste, Der Jüdische Verlag, ainsi qu’à l’origine de l’université hébraïque de Jérusalem, avec Albert Einstein.

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On lui doit également une fière chandelle pour son combat dans la guerre des langues de 1913-1914, qui imposa l’hébreu comme langue d’enseignement du Technicon de Haïfa (qui devient plus tard Technion), ainsi que pour son travail auprès de son ami Lord Balfour qui conduisit à la rédaction de la Déclaration Balfour de 1917, qui octroie un foyer national aux Juifs sur les territoires du mandat britannique. C’était avant la création de la Jordanie par Churchill en 1922.

Haïm Weizmann est également à l’origine de l’Accord Fayçal-Weizmann du 3 janvier 1919,  censé régir les relations entre Juifs et Arabes au Moyen-Orient. Il fut aussi à la tête de l’Organisation sioniste mondiale dès 1920 et jusqu’à 1931 puis de 1935 à 1946. Weizmann fut encore président de l’agence juive en 1929 avant d’être élu premier président de l’Etat d’Israël le 16 mai 1948. Enfin, il est l’homme qui, au cours d’un entretien avec le président américain Harry Truman, obtint le soutien américain à la création de l’Etat d’Israël. C’est dire à quel point Haïm Weizmann fut un personnage majeur du sionisme au vingtième siècle. C’est dire à quel point il a sa place au sein de la première ville hébraïque moderne, Tel Aviv.

Tel-Avivre.com – StreetConnecSion – Misha Uzan

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