Je pensais écrire cette semaine la suite de l’article « ma première année d’Ola Hadacha » mais les évènements de ces derniers jours en ont décidé autrement.

Cette semaine, j’ai eu le sentiment d’entrer dans la 4ème dimension, dans un monde parallèle…

Jeudi dernier, le ciel était bleu, les couleurs vives, les rues bouillonnantes comme d’habitude à Tel Aviv. Il devait être 18h ou 19h je ne me souviens plus très bien. Mes filles sont sous la douche, mes garçons se chamaillent-scène du quotidien.

J’ouvre la fenêtre machinalement et j’entend…La sirène.

Je mets quelques secondes pour comprendre, réaliser qu’il ne me reste que peu de temps pour nous mettre à l’abri. Nous n’avons pas d’endroit sécurisé dans l’appartement, ni dans l’immeuble, reste la cage d’escalier.

Vent de panique, « les garçons dehors dans les escaliers vite, la sirène! J’entre comme une furie dans la salle de bain, les filles (3ans et 13ans) dehors!, pas le temps de s’habiller, couvrez vous d’une serviette, dehors vite ! », elles ne comprennent pas mais elles me suivent.

Dans les escaliers : personne ! Et si j’avais rêvé, ce n’est peut être qu’un exercice, après tout on ne comprend pas encore bien les infos à la télé.

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Et puis les voisins sortent, un à un, déboussolés, et tout un coup on entend l’explosion. On se regarde, on se rassure, on ne veut pas y croire.       Ma fille de 3 ans me dit : maman, pourquoi il y a eu ce bruit ?

Nous rentrons tous chez nous, chacun rappelant à l’autre les consignes de sécurité. Nous rentrons, téléphonons à tous nos proches et amis.Tout va bien.

Comme si rien ne s’était passé, la vie reprend son cours.

Nous sommes désormais dans la 4ème dimension. Le décor est le même mais l’atmosphère a changé  brusquement. A l’insouciance succède la gravité.

La nuit est calme, la matinée du vendredi aussi. Les enfants sont à l’école, nous nous persuadons alors que des sirènes, nous n’en entendrons plus.

13H, fin de l’espoir. Prise de conscience, nous sommes de plein pied dans la guerre, la sirène retentit à nouveau.

J’appelle vite mes enfants.Ils sont seuls à la maison, dans la cage d’escaliers dépêchez vous ! » On entend 3 détonations. Curieusement, je n’ai pas peur pour leur vie. Je suis persuadée que nous sommes très bien protégés. J’espère juste qu’ils ne sont pas en état de choc. Mais ils ont gérés et les voisins les ont pris en charge. Tout va bien.

La pression monte d’un cran. Nous comprenons soudain ce que vivent les habitants du Sud d’Israël et le sentiment de révolte grandi en nous.

Samedi, Dimanche,  d’autres sirènes. Pas de panique, nous nous regroupons calmement dans le lieu le plus sûr et puis quelques minutes plus tard, nous retournons à nos activités.

A nous voir, impossible d’imaginer qu’un peu plutôt des roquettes ont explosé au dessus de nos têtes.

Mais nous savons que notre quotidien n’est plus le même. Pas dans ses grandes lignes mais dans ses petits détails qui le composent. Plus question de prendre une douche sans un vêtement facile et rapide à enfiler, garder la fênetre toujours ouvertes pour être sûre d’entendre la sirène, télé branchée non stop, rester sur les grands axes pour trouver un abri facile d’accès, les masques et un sac de provisions pérennes sont dans l’entrée au cas où…

Les sirènes de l’alerte rouge cessent de retentir sur Tel Aviv, la confiance revient. Tout à coup se sont d’autres sirènes que l’on entend celles des ambulances, 1 puis 2 puis 3, 4 : L’attentat !

Il est un peu plus de midi, dans la rue chacun se passe le mot : un bus a été victime d’un attentat où, on ne sait pas vraiment, pas loin d’ici, au cœur de Tel Aviv. Impossible d’appeler ses proches, les lignes sont submergées, de nouveau l’angoisse.

Une dame israélienne d’un certain âge vient vers moi et me dit : ne t’inquiètes pas, Savlanout (calme), et tu verras tout rentrera dans l’ordre. Tu sais, les israéliens, nous sommes un peu « fous » mais on sait une chose tout se termine toujours par un miracle…

Nina Sitbon – Tel-Avivre –


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